Schrei !

Genre : Drama / Yuri / Twincest

Pairings : Persos inventés (+ Un peu Bill/Tom (Tokio Hotel)) Disclaimers : Tokio Hotel et moi (personnages de moi même et d'Emily, histoire)

 

Attention ! Âmes sensibles s'abstenir, j'le répèterai jamais assez ;).

 

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Quand nous arrivâmes, ce jour-là, Emily, Bill, Tom et moi, nous formions une bande très hétéroclite. Emily avait les cheveux d’un bleu azur, assortis à ses magnifiques yeux rehaussés de violet. Quant à moi j’avais la tête entourée de pics noirs désordonnés, alors que deux longues mèches venaient caresser mes joues, s’approchant de mes yeux marron. Bill et Tom, vous les connaissez sûrement, c’étaient les jumeaux du célèbre groupe Tokio Hotel, qui commençait à couler, les entraînant par le fond, comme un boulet. Et ce soir-là, ils avaient voulu sortir.
Alors nous étions sortis.

J’ouvris la porte et pénétrai dans la maison. Elle était plutôt grande, contenait de nombreuses pièces. Le sol était jonché d’un bordel sans nom, la plupart des chambres étaient prises d’assaut par des jeunes qui en avaient fait des baisodromes. Et au cœur de la maison, la cuisine, comme dans la pub de Schmidt. Dans la cuisine, se trouvait le plus grand réservoir à alcool et à produits illicites jamais répertorié dans ma longue vie de fêtes et de débauche. Oh, à cette époque-là, je ne savais pas ce que cela représentait. J’avais seize ans, n’avais jamais touché à aucune drogue dure, et étais folle amoureuse. Je souriais pour rien. C’étaient mes jeunes années. Si j’avais su…

Nous sortîmes de la cuisine, rejoignant les cinglés qui sautaient en tous sens dans le salon. Bill regardait autour de lui d’un air émerveillé, comme s’il n’était jamais venu dans une rave de ce genre, et c’était peut-être le cas. Emily eut vite fait de réquisitionner une bouteille de Tequila bien fraîche, une boîte de sel et un citron, prête à faire une tournée de Tequila Paf. Je m’adossai au comptoir de la cuisine, dans laquelle nous étions revenue, et la regardai couper le citron d’une main experte. C’était elle qui m’entraînait dans ses frasques, mais je l’aimais, alors je ne résistais pas vraiment. Pas très activement, dirons-nous.

Quand elle eut terminé, elle siffla Bill et Tom, qui revinrent comme des petits toutous, et nous tendit à chacun une poignée de gros sel et un quartier de citron, qu’elle nous mit dans une seule main, l’autre allant tenir le shooter.

 

-Préparez-vous. D’abord vous allez boire cul sec la Tequila, puis lécher le sel et mordre dans le citron… Ou l’inverse, je ne me souviens plus, enfin, bref, faites-le dans l’ordre que vous voulez. À la vôtre.

 

Elle but sa Tequila d’une traite, mordit dans le citron et lécha le gros sel. Son expression fit rire Tom, qui se décida alors à l’imiter. Il parut convaincu. Moi, je l’avais déjà fait auparavant, et savais déjà quelle sensation cela procurait. J’attendais de voir si Bill allait le faire. Je souriais, prête à parier qu’il n’oserait pas, lorsqu’il répéta les gestes de Tom, terminant par le sel. Lui me sembla prêt à cracher, mais il tint bon. Je remarquai que ses yeux le picotaient, à cause de l’acidité, et lui frottai le dos. Il me sourit et leva un pouce pour me faire comprendre que je ne devais pas me faire de souci. J’avalai ma Tequila et répétai leurs gestes en deux temps, trois mouvements, car Emily était déjà passée à autre chose. Elle avait pris ma main, tandis que j’avais attrapé celle de Tom, qui s’était agrippé à celle de Bill, et tous les quatre nous nous dirigions vers l’un des baisodromes. Emily avait un petit sourire satisfait, ses yeux brillaient. Je ne le savais pas encore, mais deux comprimés d’ecstasy se trouvaient au fond de sa poche. Et elle comptait bien me les faire avaler. Quitte à utiliser la manière forte.

 

-Ça ressemble à la fausse fête du clip de Schrei, entendis-je.

Je me retournai, c’était Bill qui venait de chuchoter cela à Tom, qui acquiesçait vigoureusement. Il réussit à attraper une bière et une bouteille de vodka, sur le chemin, tout cela d’une seule main. J’étais impressionnée.

Emily s’arrêta dans la chambre la plus au fond. C’était la plus glauque, elle était plongée dans l’obscurité la plus totale. Mon cœur fit un bond, et je sentis la main de Bill s’agripper à la mienne, remplaçant celle de Tom. Il n’était pas plus rassuré que moi, dans le noir.

Emily, qui semblait voir comme en plein jour, nous emmena dans un coin de la chambre, près du lit. Je m’adossai à la table de nuit et tirai Bill à côté de moi, tandis qu’Emily s’asseyait de l’autre côté. Tom, lui, était en face de moi, et, tandis que mes yeux commençaient à s’habituer un peu à l’obscurité, je remarquai que ses prunelles étaient éclairées par une lumière dont j’ignorais la source. Je haussai les épaules, me contentant de serrer la main de Bill dans la mienne, attendant de mieux m’habituer.

Emily glissa ses doigts sur ma joue, remonta le long de ma mâchoire, jusqu’à s’agripper à mes cheveux noirs. Ses lèvres se heurtèrent aux miennes, son souffle était erratique, elle riait. En même temps que sa langue, je sentis un drôle d’objet ovale entrer dans ma bouche, et mon réflexe fut de rompre le baiser. Elle rit à haute voix. Je me tournai vers Bill et fit la même chose qu’elle.

Un court instant, je me demandai s’il oserait le passer à son frère de la même façon, sachant qu’Emily et moi n’attendions que cela. Et il osa – décidément, il était décidé à me surprendre.

Il prit Tom par la nuque et colla ses lèvres aux siennes. Un gloussement échappa à Emily, tandis que Tom sortait le cachet d’entre ses lèvres, le mettant au bout de sa langue.

 

-Ch’est quoi cha ? Murmura-t-il, gêné par le cachet.

 

À quatre pattes, je m’approchai de lui et gobai le cachet sur sa langue, alors qu’il reculait, surpris par ce geste. Je l’avalai brusquement, sans attendre. Il devait avoir perdu beaucoup de ses propriétés hallucinogènes pendant tous ces passages de bouche en bouche. C’était ce que je me disais.

Je renversai ma tête contre le lit, secouée par une drôle de sensation cotonneuse, comme si je nageais dans un océan de peluches. Emily rit à nouveau, elle me voyait, me sentait partir. Prenant ma main, elle la glissa entre ses cuisses, jusqu’à ce que je touche du doigt ce dont je rêvais depuis des mois. Le bout de mes doigts était froid, elle frissonna, et entreprit de le réchauffer à l’aide de ses mains, mais aussi de l’intérieur de ses cuisses. De son côté, Bill s’était rapproché, avait passé un bras autour de ma taille et m’embrassait dans le cou. Je m’esclaffai sans trop savoir pourquoi, alors que le piercing de Bill effleurait la peau si sensible du lobe de mon oreille.

 

-Tom ?

 

La voix d’Emily. Autoritaire. Catégorique. À son tour, Tom s’approcha. Il s’empara de l’autre côté de mon cou, et je commençai à ne plus savoir où donner de la tête. Penchant la tête en arrière pour rendre l’accès à mes épaules plus facile, je soupirai de bien-être, ce qui fit beaucoup rire Emily. Mes doigts cherchaient un accès pour entrer en elle, mais elle semblait vouloir faire durer l’attente, me frustrer. Je soupirai à nouveau, alors que Bill donnait de petits coups de langue entre ma mâchoire et mon cou, près de mon oreille.

Tom était descendu, et je sentais son piercing, à travers mon collant, qui allait et venait contre la peau de l’intérieur de ma cuisse. Je me sentis défaillir. Cet endroit était particulièrement sensible, et il le découvrirait bien vite, s’il enlevait mon collant.

Après cela, ce fut le trou noir. Je me réveillai assise dans le minibus des Tokio Hotel, ne me souvenant absolument pas de comment j’y étais arrivée. Emily semblait gênée, elle tirait fébrilement sur sa minijupe qui ne couvrait pas grand-chose de ses sublimes cuisses blanches comme l’albâtre. Tom avait la tête posée contre la vitre, il semblait fâché. Bill, quant à lui, avait une main enroulée autour de mon poignet, son angoisse transparaissait dans ses grands yeux noisette. Je tournai mon visage vers Emily, elle me fit signe de regarder mon téléphone. J’étais entrain de le chercher dans mes poches lorsqu’une main - qui tenait mon portable, au poignet enserré dans un bracelet en mousse, apparut devant mon visage. Je sursautai, touchant quasiment le toit, et même le chauffeur se tourna pour voir ce que j’avais. Je remarquai ainsi que Georg était assis devant, à la place du passager – et donc du mort. Il regardait la vitre, arborant la même expression que Tom, sourcils froncés, yeux noirs de colère.

Je récupérai mon téléphone et l’ouvris, Emily m’avait expliqué par texto ce qu’il s’était passé.

 

« T + ou – tomB dans les vapes, on a paniké, als on a apelé G’org prk il vienne te cherché sof kil a pété 1 cabl & il a éxiG kon rentre ts dc il C engueulé avc Tom kété pas d’acc avc lui, & vila pk y a 1 movèz ambians ds la voitur é prk tu T réveillé ici & pa ds la mézon »

 

Je souris. Lorsqu’elle était raide, elle utilisait toujours le langage texto, c’était devenu comme un code. Je savais alors qu’il ne servait à rien de lui répondre, ma réponse lui entrerait par un œil et lui sortirait par l’autre sans toucher le cerveau au préalable.

Le petit appareil vibra, un second texto d’Emily.

 

« Di o chofeur dsarété jrentre a ma mézon, on svoi dem1 & jtapel »

 

-Monsieur, s’il vous plaît, vous pourriez déposer Emily dans cette rue?

 

Il se tourna vers moi, comme surpris que j’aie encore ma langue après ce petit cachet que j’avais avalé. Comme s’il avait pu faire tomber ma langue et me rendre muette. Son expression m’énerva, et l’envie me prit de lui en mettre une, mais Bill serrait toujours mon poignet, et je ne pouvais pas frapper de la main gauche sans risquer de ne rien faire au chauffeur et de me casser les phalanges.

Il s’arrêta sur le bas-côté, Emily m’embrassa sur la joue et sortit de la voiture. De mon côté, je posai la tête sur l’épaule de Tom. Il était contracté, et se dégagea en sentant ma joue brûlante à travers sa manche. De ma main libre, je pris son poignet et tentai de le forcer à déplier les doigts. Ses jointures étaient blanches tant il serrait les poings.

Il tourna la tête et m’adressa un petit sourire qui se voulait rassurant, puis emmêla mes doigts dans les siens et reposa sa joue contre la vitre glacée. Je sentais sa colère qui m’effleurait, comme par vagues, et son cœur battant à travers sa paume chaude. Le contact des jumeaux m’apaisait, j’avais presque envie de me rendormir.

Le minibus s’arrêta devant l’hôtel des Tokio Hotel, Georg descendit le premier. Bill suivit, je suivis Bill, et Tom me suivit. Le bassiste fit signe aux jumeaux de rentrer, et me prit à part, me plaquant plus ou moins violemment contre le mur. Je ne pus retenir un gloussement, et il parut encore plus en colère.

 

-C’est la dernière fois que je me déplace pour toi. La prochaine fois tu te démerdes, d’accord ? Et arrête d’entraîner les jumeaux dans tes frasques. Ils t’ont recueillie, parce que tu es leur amie, mais ce n’est absolument pas une raison. Fais-toi discrète, que je ne te voie plus.

 

J’acquiesçai. L’envie de lui cracher à la figure était très forte, mais je me retins. Il me prit par le bras et me guida dans le hall. Il me semblait que le monde tournait autour de moi. Quelque chose me disait que le trip n’était pas tout à fait terminé.

 

-Tu dors avec Bill ou Tom ?

 

Je haussai les épaules. Georg me balança contre la porte de la chambre de Tom et se tira dans la sienne. Je l’entendis renverser deux meubles au passage, et un autre gloussement m’échappa.

Je frappai discrètement à la porte. Tom ouvrit, torse nu. Ses yeux étaient rouges, ses dreadlocks ébouriffées, et il semblait terriblement fatigué. Il me fit signe d’entrer, et verrouilla derrière moi. Ensuite, il s’allongea sur le lit, sur le ventre. Les muscles de son dos, ses omoplates, étaient contractés, saillants. Je les caressai du bout des doigts pour tenter de les atténuer. Il sourit vaguement.

 

-Ne t’inquiète pas. Tout va bien aller.

 

Je haussai les épaules, puis me remis à effleurer du bout des doigts le dos de Tom, cherchant par tous les moyens à le détendre. Cela finit par marcher, car ses yeux se fermèrent, et il s’allongea sous les couvertures. Je me blottis contre lui, éteignis la lumière, et plongeai dans un sommeil entrecoupé, plein de rêves étranges et hallucinogènes.

 

Je fus réveillée, aux alentours de 18 heures, par des cris venant de la chambre voisine. Quelqu’un chantait « Schrei » à pleins poumons. J’entrouvris les yeux et souris en voyant Tom cacher sa tête sous son oreiller.
Bill entra en trombe dans la chambre. C’était lui qui hurlait. Il s’allongea près de moi, dans le lit. Ses yeux brillaient, il était heureux. Me caressant la joue, il murmura les paroles, en anglais cette fois :

 

« You get up, and somebody tells you were to go to … »

 

Je fermai les yeux. Et décidai que plus que jamais, il était temps de crier.

Crier parce que tout allait bien.
Crier parce que j’étais moi-même.
Crier, le plus fort que je le pouvais.

SCHREI !

 

(Sur la photo : le personnage principal (c'est à dire moi, enfin "Je"). Pour ceux qui se poseraient la question, c'est bien moi.)

 

THE END (Ou plutôt "à suivre dans "Durch Den Monsun")

 

Arisu~Cocaïne ®

 

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