Un conte de fées des temps modernes.

Genre : Humour

Pairings : Moi et Aoi ? Ouais, m'enfin, on en parle juste xD Disclaimers : PSC company.

Juste un gros trip de fan hystérique. Enjoy.

 

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Aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. Ce matin, en me levant, j'ai trouvé devant ma porte le journal du dimanche alors qu'on était samedi, et déjà, ça m'a surpris. Je me suis dit que ça devait être le sort qui avait voulu ça. J'étais tellement excité que je n'ai rien pu avaler. Rendez-vous compte ! Cet après-midi, je vais interviewer une jeune fille incroyable. La toute nouvelle femme d'Aoi, le chanteur de the GazettE, le célèbre groupe japonais. Et c'est une petite frenchie !
J'ai eu beaucoup de chance, car elle et son mari vivent au Japon depuis bientôt deux ans. Mais demain soir, le groupe donne un concert dans notre capitale, et elle a suivi son mari.
Tandis que j'attends, assis sur une chaise en plastique inconfortable dans un café Parisien un peu à l'écart, mes mains tremblent en tenant ma cigarette et je manque de rater le cendrier quand j'y envoie ma cendre d'une pichenette. J'ai hâte de rencontrer cette jeune fille ordinaire qui a su capturer le cœur de ce guitariste extraordinaire. Parce que pour qu'une rock star accepte de se marier, il doit falloir un sacré talent de persuasion.
Et ça y est, elle arrive. En toute objectivité, je dois avouer qu'elle est très belle. Elle est habillée tout en sweet lolita, tendance oshare pop. Une jupette rose fluo, un petit manteau vert, un pendentif en petit nounours noir. Elle est enceinte jusqu'aux yeux, ses joues sont rosies par le vent de novembre. Elle me sourit, elle m'a reconnu, tout comme je l'ai reconnue, tous deux nous avons une petite réputation.
Je me lève pour lui serrer la main, et je remarque au passage l'anneau d'argent à sa main gauche. Si je n'étais pas sûr, ça y est, je le suis, car sur la bague il y a leurs initiales à tous deux, et une petite guitare.
Je dis « Bonjour, Madame Suguru », et elle me reprend en souriant.
« Appelez-moi Alice. » Cette jeune femme est une jeune femme tout à fait normale, de 21 ans. Et on lit la joie dans ses yeux.
Je commence par lui demander si tout va bien. Elle acquiesce en souriant, comme si la question était ridicule. Il faut avouer qu'elle l'est un peu : comment ne pas être heureuse quand on est mariée et qu'on attend un enfant de l'homme qu'on aime. Je désigne son ventre.
« C'est pour quand ? »

« J'en suis à 5 mois de grossesse. Je commence à avoir hâte que ça se termine, les jambes lourdes ça n'est pas vraiment mon truc. »
Je lui souris comme si je pouvais comprendre.
« C'est un garçon ou une fille ? »

« Un garçon. On a décidé de l'appeler Jérémie, Aoi adore les prénoms français. Et puis c'est l'un de mes prénoms préférés. Par contre, ça sera Jérémie, avec un E à la fin. »
« C'est féminisé. »
« C'est voulu. J'aime les androgynes. »
Elle rougit, comme si elle en avait trop dit. Il faut dire que j'aurais pu deviner cela tout seul, rien qu'en voyant son mari, et les amis de celui-ci. Je remarque au passage qu'elle appelle son mari Aoi, ce qui est son nom d'artiste. Quand je le lui fais remarquer, elle rougit encore plus et retire son manteau, comme si elle avait soudain très chaud.
« Je l'ai rencontré en tant que fan, j'ai gardé l'habitude de l'appeler par son nom de scène. Ça peut sembler un peu ridicule, mais c'est comme ça. De toute façon il n'aime pas que je l'appelle par son vrai nom. »
« Comment vous êtes-vous rencontrés ? »
Le serveur arrive sur ces entrefaites, elle commande un coca light et moi un café bien serré. Puis elle croise les doigts et me sourit.
« Cette histoire me fait passer pour une groupie, alors je n'aime pas la raconter. Mais enfin, je suis là pour cela, je suppose. Alors voilà, j'étais dans une école de Multimédia et de Jeux Vidéos à l'époque, et nous avions fait un voyage au Japon pour aller voir les entreprises là-bas, et comment ils travaillaient. Nous n'avions pas le droit de sortir le soir. J'étais très fan de Gazette à cette époque-là, comme maintenant d'ailleurs, et j'avais avec moi une amie qui était très fan elle aussi. Nous avons appris, le premier jour, qu'ils passaient en concert dans la ville où nous étions, précisément la semaine pendant laquelle nous y étions. Bien sûr, nous devions braver l'interdit pour y aller, mais cela ne nous faisait pas peur. Nous avons pris nos places la veille, puis avons pris un taxi, le soir venu, pour nous rendre à la salle. À ce moment-là, je ne parlais pas couramment japonais, mais je me débrouillais largement assez pour être capable de me débrouiller dans une grande ville. Une fois arrivées, nous nous sommes mises dans la fosse et nous avons bien apprécié le show. À force d'enchaîner les verres, nous avons fini par êtres un peu pompettes. »
À ce moment du récit, elle sourit, comme pour voir si je suis toujours. Je lui fais signe de continuer, elle boit une gorgée de coca et reprend.
« À la fin, mon amie me propose d'aller les attendre à leur hôtel. Bien évidemment, j'accepte, bien que n'étant pas très sûre de moi. Nous attendons qu'ils sortent, on les reconnaissait très bien malgré leurs déguisements. Ensuite, nous montons dans notre taxi et suivons leur voiture, nous efforçant de ne pas nous faire trop remarquer. Une fois que nous sommes sûres de leur destination, nous demandons au taxi de nous déposer et décidons de faire le reste à pied, histoire de ne pas êtres trop repérables. Nous nous posons devant l'hôtel, et ma copine décide soudain qu'elle veut rentrer à notre hôtel, qu'elle en a marre. Je ne veux pas abandonner, pas si près du but, alors elle rentre en bus tandis que je reste à les attendre. (Un temps) Ils finissent par arriver. Leur garde du corps me repère tout de suite. Il me dit qu'il m'a vue au concert, que je ne dois pas rester ici, qu'il va appeler la police, quand soudain, Aoi s'interpose. Il dit « laisse-la, laisse-la rester, ça nous fera un peu de compagnie ». Moi je meurs de joie, enfin quoi, je vais passer la soirée avec mon groupe préféré ! Ils montent dans la chambre de l'un d'eux, Ruki je crois, et vident le minibar. Reita me demande si je parle japonais, je réponds que je ne le parle qu'à moitié. »
Je remarque ainsi qu'elle se souvient de chaque détail de cette soirée. C'est sûrement la meilleure soirée de sa vie. Elle continue.
« Une fois que tout le monde a bien bu, chacun rejoint sa chambre, et moi je suis Aoi dans la sienne pour un dernier verre. Je me dis, après tout, pourquoi pas. C'est un grand guitariste, et moi je suis une petite groupie, alors s'il me propose de rester, je ne peux qu'accepter. Il me redemande mon nom, je réponds « Alice ». Il sourit. « Arisu, ça c'est un très joli nom ». En japonisant mon nom, il fait battre mon cœur plus vite. »
Je souris. Dès qu'elle parle de son mari, ses yeux brillent comme les petites lumières de la rue, les décorations de noël ont toutes été mises dans ses pupilles.
« Le lendemain matin, au moment de partir, je laisse mon numéro, en pensant qu'il ne me rappellera jamais, que ce n'était qu'un jeu pour lui. Mais, surprise : je reçois un message dans l'après-midi, c'est lui, il veut que l'on se revoie. Lors de notre soirée libre mais encadrée par les professeurs, je lui donne rendez-vous dans un bar, et nous jouons au couple modèle. Doigts enlacés, baisers volés, et tout le toutim. La nuit venue, je reviens à son hôtel, et rebelote, comme la veille. Cette mascarade dure tout le temps du séjour. Le dernier jour arrive trop vite, et c'est trop tard,je suis tombée amoureuse de lui. Lorsque je lui dis que je dois rentrer en France, il m'avoue qu'il est tombé amoureux de moi au premier regard, il me dit de rester, qu'il nous fera vivre, qu'il s'occupera très bien de moi. J'ai le cœur brisé, mais je lui dis que je dois d'abord finir mes études. Et comme je ne crois pas à l'amour à distance, j'ai peur. 
Une fois rentrée en France, je passe mes journées à le pleurer, et à l'appeler, sans arrêt. D'ailleurs je paye une note faramineuse de téléphone. Par une opération du saint-esprit, j'arrive à convaincre mon école de me laisser poursuivre mes études au Japon, dans la filiale Japonaise. J'y retourne donc, un mois après, persuadée qu'il m'a déjà oubliée. Et non, il m'attend à l'aéroport, avec un bouquet de roses. Voilà toute l'histoire. »
Elle boit ses dernières gorgées de coca light et caresse distraitement son ventre rond. Moi je me contente de sourire. Cette histoire ressemble à un conte de fées qui aurait commencé bizarrement.
« Est-il difficile à vivre ? Accumule-t-il les excès ? Est-il souvent absent ? »

« Il n'est pas du tout difficile à vivre, il fait même la cuisine depuis peu, et n'hésite pas à donner un coup de main pour le ménage. Sauf lorsqu'il compose, dans ces moments-là je pourrais crever la gueule ouverte qu'il ne s'en rendrait même pas compte. »
Nous rions. Elle a une délicieuse façon de rire, en fronçant légèrement le nez. Je comprends pourquoi il a craqué, l'Aoi.
« Sinon, niveau excès, s'il n'est pas avec Uruha il abuse rarement de l'alcool. Il n'y a que la cigarette, mais il a beaucoup réduit depuis que je suis enceinte. Moi-même je fume également, alors je comprends qu'il ne puisse pas arrêter. Je n'ai arrêté que pour mon bébé, et je reprendrai sûrement après l'accouchement. Et généralement, lorsqu'il est absent, il m'appelle quatre fois par jour. Ou alors il m'emmène avec lui. Mais on n'est jamais sans nouvelles l'un de l'autre. »
Je ferme mon MacBook, et lui dis que ça suffira pour l'article que je compte faire. Je la prends rapidement en photo avec mon numérique de poche, histoire d'illustrer la page. Sur la photo, elle respire le bonheur, avec ses petites joues roses et son sourire jusqu'aux oreilles. Les lecteurs vont adorer cette histoire.
Elle se lève et me tend la main pour que je la serre.
« Merci beaucoup » dit-elle. Je dis que c'est moi qui la remercie et l'aide à remettre son manteau. Elle me fait un petit signe de la main et sort du bar. J'avoue qu'elle m'a complètement retourné la tête. Elle est très jolie, et son histoire est féerique, elle risque d'inciter les gamines à faire les groupies à la sortie des hôtels. Ce sont les rockeurs qui vont apprécier, tiens...

L.D

 

Arisu~Cocaïne ®

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