It began with a letter (l'Assassin sublime).

Genre : Drama/Yaoi/Violence/Dédicace

Pairings : Bouuuh j'aime pas ce mot x)

Disclaimers : PSC Co. And my self.

"It began with a letter" est le titre d'une chanson tirée de L'OST de Kingdom Hearts I. L'Assassin sublime est l'autre nom de Marluxia, dans Kingdom Hearts II. Quoi ? Mais non je suis pas une geek ! Pourquoi tu dis ça ? Malautru ! x)

Cette fiction est en fait une grosse dédicace à Scratch, qui est ma meilleure amie, qui est une salope et qui est très stupide ! Mais on l'aime quand même. Disons que vous prenez moi, vous rajoutez la décadence façon Skins (ou peut-être un peu moins quoi) et vous avez un assez bon aperçu de Scratch. Bref, ceci est une dédicace à elle-même. Elle adore cette fic, je le sais. Au passage, sachez que Etsuko est un autre de ses noms. Eh oui, je l'ai incrustée ! Je suis une sans gene, bwahaha. Heeeerm, ma gueule.

Juste pour dire ! J'ai posté cette fic comme un OS, mais à la base c'est une fic longue donc... C'est un peu un pavé. Mais bon...

 

ENJOY !

 

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« Je ne sais pas pourquoi je m’acharne. Je sais seulement que j’ai besoin de le faire, et j’espère que tu me pardonneras ma ténacité. Tu me manques plus que tout au monde, et j’aimerais que tu sois là pour me regarder évoluer, mais malheureusement tu es là-dessous, sous cette terre, sous ces pierres, ces fleurs, c’est ridicule, tu n’aurais pas voulu de tous ces artifices. Dire qu’après cette minuscule petite enquête, ils ont conclu à un accident. C’est débile. Ce sont des crétins qui ne savent pas faire leur boulot. Ou alors quelqu’un les a payés. Cette personne, c’est sûrement celle qui t’a tué. Et j’ai bien l’intention de trouver qui c’est, afin de lui faire payer ce qu’elle a osé te faire. Je l’aurai. Parce que je t’aime. Je t’aime. »

 

Ruki jeta son mégot à côté de la tombe richement ouvragée de son ancien amant. Sur cette plaque, pleine d’artifices, cette pierre ridiculement grande ornée d’un petit ange, étaient inscrits les mots suivants : « Joyama Suguru, ami, musicien, frère et enfant ». Le chanteur soupira et sortit son paquet de cigarettes, des MarlboroMenthol, les mêmes qu’Aoi, et en glissa une au coin de ses lèvres.

Le groupe s’était dissous, il ne voyait plus les autres. De ce fait, il était devenu extrêmement solitaire et ne sortait quasiment que pour aller se recueillir sur la tombe d’Aoi. Ses anciens amis cherchaient souvent à le joindre, mais il les repoussait toujours. Il tenait à sa solitude, elle le guidait.

Marchant dans la rue, il jeta un coup d’œil à son reflet dans une vitre de voiture. Toujours aussi petit, un jean coupe droite basique, un tee-shirt noir décolleté et informe, un blouson de cuir et un bonnet bleu marine cachant ses cheveux d’un roux sombre, presque brun. De grandes lunettes de soleil noires cachaient ses yeux foncés, ses mains tremblaient, il était plus maigre. S’il montrait ses prunelles, on pouvait distinguer en leur creux la fatigue et le désespoir qui le guidaient. C’était pour cela qu’il les dissimulait.

Il tourna à droite dans une ruelle et monta un escalier de secours. Il ne rentrait jamais par la porte principale de son appartement, de peur que quelqu’un ne le voie.

Il savait que certains fans acharnés faisaient encore le pied de grue dans sa rue. Par mesure de prudence, il préférait donc utiliser la seconde porte, en haut de ces escaliers, celle qui donnait sur la cuisine.

Lorsqu’il entra dans son appartement, son répondeur lui annonça qu’il avait deux nouveaux messages. L’un d’eux avait été laissé par Kai, qui lui demandait comment il allait, et ce qu’il devenait. Refoulant les larmes amères qui menaçaient de rouler sur ses joues, il effaça rapidement le message. Le batteur lui manquait atrocement, mais il redoutait de le revoir. Si jamais cela arrivait, il serait obligé de lui dire qu’il était à la recherche de l’assassin d’Aoi, avec dans l’idée de le tuer. Il n’avait jamais réussi à cacher ses pensées à son leader. Alors il préférait l’éviter, ne pas le revoir, histoire de ne pas avoir à se confronter à ses yeux bruns inquisiteurs et inquiets.

Le deuxième message émanait d’une de ses sources dans les bas fonds, un vieux dealer qui avait peut être une piste pour remonter jusqu’à l’assassin d’Aoi. Il disait à Ruki de ne surtout pas faire confiance à ses amis, ni même à la famille de la victime. Ils étaient les principaux suspects, en l’absence de preuves.

Ruki jeta son blouson, son bonnet et son sac en vrac sur le canapé. Ayant entrouvert les rideaux, il remarqua que plus aucun fan n’attendait dans la rue. Ils devaient probablement avoir renoncé. De lourdes gouttes de pluie grasses et sales s’écrasèrent sur le carreau. Il soupira et s’alluma une énième cigarette.

 

Ce soir-là alors qu’il était affalé sur son canapé, regardant distraitement un feuilleton débile à la télévision, quelqu’un frappa à la porte de la cuisine. La porte secrète. Ruki sursauta et s’approcha de la porte à pas de loup. Entrouvrant la porte, il sursauta une seconde fois en apercevant le visage d’Uruha, à moitié caché derrière une bouteille de vodka Absolut.

 

-Surprise. Je peux entrer ?

 

Se rappelant l’avertissement du dealer, Ruki eut un instant d’hésitation, mais il était désespéré et avait besoin de compagnie. Il ouvrit donc la porte, laissant entrer le charismatique guitariste.

 

-Qu’est ce que tu viens faire ici ?

-Je venais voir si tu allais bien. Et ensuite je dois faire un compte-rendu à Kai. (Uruha sourit) Dans quel état tu es, mon pauvre Ruki. Regarde-toi. Si tu te laves encore c’est uniquement parce que tu n’oserais pas aller sur la tombe d’Aoi en paraissant négligé. Mais tu as maigri, et tu ne vois plus personne. Tu dépéris. J’ai bien fait de venir.

 

Faisant exactement comme s’il était chez lui, Uruha récupéra deux verres dans un placard de la cuisine et les remplit de vodka et de glaçons. Il savait que Ruki la buvait pure, depuis toujours. Ils se connaissaient par cœur.

 

-Alors, comment tu tiens le coup ?

 

Ils s’assirent, Ruki soupira.

 

-Écoute Uruha, je ne veux voir personne.

-Bois, ça te fera du bien.

 

Ruki but son verre quasiment d’une traite, et planta ensuite son regard dans les yeux d’Uruha, qui lui resservit une vodka.

 

-Je suis sérieux. Je ne veux voir personne. J’aimerais que tu t’en ailles.

-Mais je ne le ferai pas, et tu le sais. J’ai horreur qu’on me commande. Surtout quand c’est toi.

 

Le guitariste prit le verre de vodka des mains de Ruki et s’assit à califourchon sur ses genoux. Son sourire irradiait, ses prunelles brillaient, il semblait heureux et épanoui, tout ce que Ruki n’était pas. Il retira son tee-shirt, dévoilant son sublime torse imberbe. Le chanteur leva les yeux et les plongea dans ceux d’Uruha, étourdi par l’alcool, l’esprit embrumé.

 

-Ruki…

 

Uruha laissa glisser ses lèvres sur le cou du chanteur, désirable, provocant. L’autre ne pouvait pas empêcher son corps de réagir, son cœur de battre, son souffle d’accélérer. Jusqu’à ce que son esprit reprenne totalement le dessus sur l’alcool et le désir, et qu’il se lève d’un bond.

 

-Arrête ! Arrête, Uruha ! Sors de chez moi !

-Enfin, tu en as envie aussi, Ruki. Et il est temps d’oublier Aoi.

-Jamais ! Je le vengerai, tu m’entends ? Je tuerai le type qui lui a fait du mal, et je boufferai ses tripes pour mon dîner ! Tu m’entends ? Maintenant sors !

 

Uruha récupéra son tee-shirt, l’enfila et sortit, un léger sourire aux lèvres.

Soudain alerté, paniqué même, Ruki sortit juste derrière lui. Il courut sous la pluie jusqu’au cimetière où était enterré Aoi, et s’effondra sur la tombe, le visage couvert de larmes et de pluie sale.

 

-Dis-moi qui t’a tué, Aoi… Qui a osé… J’ai besoin de toi, reviens. Je t’en supplie. Je t’aime.

-Cela ne sert à rien, Ruki.

 

Cette voix posée, grave, douce. Elle ne pouvait appartenir qu’à quelqu’un qui aimait beaucoup Ruki, quelqu’un de gentil, une sorte de grand frère. Et Ruki connaissait cette voix, ce timbre, cette douceur par cœur. C’était Reita.

Reita se pencha et prit Ruki dans ses bras, lui caressant les cheveux, essuyant ses larmes.

 

-Ruki, on va le coincer. Mais tout seul tu n’arriveras à rien. Il faut que tu me fasses confiance. Il faut que tu me laisses t’atteindre. Il faut que tu sois convaincu que je n’ai rien fait, alors regarde.

 

Reita sortit de sa poche un insigne flambant neuf et une lettre sous plastique. Ruki regarda les deux sans comprendre.

 

-Aoi m’a envoyé ceci peu de temps avant d’être tué. J’avais donc déjà tout préparé lorsqu’il est mort, j’avais passé tous les examens adéquats, et versé des pots de vins à qui en voulait. Je suis maintenant inspecteur de police. Et je compte bien trouver l’ordure qui a tué Aoi.

 

_____________

 

Il sortit son zippo et s’alluma une cigarette, une Vogue, très fine, qui disparaissait entre ses longs doigts et ses délicates lèvres. Un sourire délicat fit son apparition dans son visage aimable. Dans sa main droite, un scalpel, étincelant, magnifique, exactement comme lui. Il glissa la Vogue au coin de sa bouche et, à l’aide de sa main gauche, tendit la peau de l’homme en face de lui, avant d’y pratiquer une fine incision à l’aide du scalpel. L’homme voulut hurler, mais son bâillon l’en empêchait. Une fine ligne carmin glissa le long de la plaie, une goutte se forma, roula le long de la peau de pêche de la victime, et toucha les draps blancs. Une auréole rouge vif, comme une larme ensanglantée, se forma dans les fibres du tissu. Il éclata de rire, un rire délicat et fin, comme une pluie de clochettes. Il était au comble de l’excitation. Cette nuit, il savait qu’elle serait longue. Il ne le tuerait pas, pas tout de suite. C’était le jeu, les longues heures de torture en perspective qui l’attirait, pas le meurtre. Le meurtre était l’apogée. L’orgasme. Le point final de l’amusement. C’était pour cela qu’il n’était pas pressé d’en finir. Pas pressé de finir. Il aimait s’amuser avec ses victimes. Il s’amuserait avec celle-ci…

Comme avec Aoi.

 

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Reita ferma la porte de la salle de bains, laissant un Ruki exténué et plein de courbatures se reposer dans un bain chaud bien mérité. Pendant ce temps-là, il s’assit sur le canapé et sortit de son sac le dossier de l’affaire « Aoi ». En lettres capitales grossières, les mots « Joyama Suguru » et « Accident » étaient écrits sur la couverture du dossier. Pourtant… Quelque chose clochait. Tout d’abord ces preuves insuffisantes pour la thèse de l’accident : de vagues coups sur la tête, dus à une chute d’un pont, et une noyade qui n’était visiblement pas la cause de la mort. Aoi n’avait rien à faire sur ce pont en pleine nuit, et il ne se serait jamais suicidé. Donc la seule explication probable était que quelqu’un l’avait balancé du haut du pont, qu’il avait heurté les branches basses, et était tombé dans l’eau.

La famille avait refusé l’autopsie, ce qui n’avait pas rendu la chose plus aisée, au contraire. Il n’y avait donc comme examens médicaux que ceux qui avaient été pratiqués sur la scène de crime. Les médecins présents avaient tous été clairs : ni la noyade ni la chute n’étaient la cause de la mort. Voyant les incisions sur le corps d’Aoi, tout le monde avait conclu qu’elles avaient été pratiquées avant qu’il ne meure, et que par conséquent c’étaient des marques de mutilation. Ils ne connaissaient pas Aoi. Aoi ne se serait jamais mutilé. Il n’aurait jamais pensé au suicide. Il aimait trop Ruki, la guitare et la vie pour se faire mal de la sorte. C’était stupide et inimaginable.

Second événement étrange, Reita était venu aux bureaux de police montrer la lettre d’Aoi, ne voulant pas faire de la rétention de preuves, mais on lui avait répondu que le chagrin de la famille commençait tout juste à s’estomper et qu’on ne pouvait pas leur faire revivre encore une chose horrible en leur annonçant que leur fils pouvait avoir été assassiné. Reita était reparti en colère, pestant contre ce système judiciaire qui ne luttait pas pour la justice, mais pour le « tout le monde est content ».

Dans sa tête, il était clair qu’Aoi avait été assassiné et que tout le monde était de mèche pour faire croire à un accident. Le tueur avait dû payer la police, il devait être un proche d’Aoi, quelqu’un de sa famille, ou bien un ami. Quelqu’un qui était sûr de ne pas être soupçonné par Reita et Ruki. Qui les connaissait suffisamment pour croire qu’il ne serait pas soupçonné. Autrement dit : un membre du groupe, le manageur, les roadies, ou le manageur de tournée. Cela en faisait du monde.

Reita se prit la tête entre les mains et soupira. Il avait vérifié l’alibi de tous les roadies, aucun d’eux ne pouvait être coupable. Le manageur et le manageur de tournée se servaient mutuellement d’alibi, ce qui ne laissait comme choix que … Les deux autres membres du groupe. Mais comment l’annoncer à Ruki ? Lui qui ne pouvait plus faire confiance à personne, comment réagirait-il en s’apercevant qu’il avait raison, dans sa méfiance ?

 

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La flamme d’un briquet tournoya un moment dans les airs, avant de rencontrer l’extrémité d’une Vogue. Une fumée fine et blanche s’échappa, s’envola, ne rencontrant aucun obstacle jusqu’au plafond noir. Sur les murs peints en rouge, des dates, des chiffres, dont une écrite en gros, et en gras :

 

« 19 novembre 2009 »

 

Il éclata d’un rire léger, en voyant cette date, qu’il n’oublierait jamais. Ce jour-là, et pour la première fois, il avait commis un viol. Parce que la personne qu’il avait emmenée dans cette pièce n’était pas consentante. C’était bien la seule. IL disait être « amoureux », être « heureux ». Il disait « ne fais pas ça », il suppliait. Jusqu’à ce qu’il voie le visage de son agresseur. Alors un hoquet de surprise s’était échappé d’entre ses lèvres pulpeuses et délicieuses. Un hoquet significatif. Il aurait imaginé n’importe qui, mais pas lui. C’était impossible. Et pourtant…

L’assassin sublime retourna sa cigarette, extrémité incandescente vers le sol, et la fit descendre lentement mais sûrement vers la joue de la victime qui était allongée sur le lit, au milieu de la chambre. Elle n’avait pas les yeux bandés, elle était complètement consentante. Il ne la tuerait pas. Il s’amusait tant avec elle. Il savait qu’elle aurait fait n’importe quoi pour lui, et ça le faisait rire, bien plus que tout le reste.

La cigarette ripa, effleurant la peau douce de la joue de la victime, avant de s’écraser sur le sol, une moquette d’un noir d’encre. L’assassin se releva. Pour cette nuit, c’était fini. Il continuerait plus tard. De plus, sa victime n’était qu’humaine, il fallait la protéger.

 

-Relève-toi, je ne te ferai pas de mal. Pas encore. Demain.

 

Ce corps gracile, ces longs cheveux noirs, et ces yeux qui rappelaient la couleur des troncs d’arbre couverts de mousse. C’était la seule femme qu’il puisse désirer.

La poussant vers le miroir, il la força à se regarder en face. Une large trace rouge ornait sa joue, là où la cigarette avait glissé.

 

-Regarde-toi, Etsuko. Regarde comme tu es sale.

 

Et elle releva bravement les yeux, soutenant son regard dans le miroir. C’était la seule qui osait faire cela.

 

-Je n’ai pas peur.

 

Il la gifla.

 

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Ruki se réveilla dans son lit. Quelqu’un l’avait bordé et avait fermé la fenêtre, chose qu’il ne faisait jamais. Une vague odeur de tabac froid et mentholé régnait dans la pièce, il aimait cette odeur. Elle lui rappelait Aoi. Aoi avait toujours fumé des Menthol, aussi loin que Ruki se souvienne. Alors que lui-même était passé par plusieurs périodes.

Il se leva, fut pris d’un léger vertige, retomba assis sur son lit. En touchant sa cuisse par inadvertance, il se rendit compte que sa peau était propre et lisse, et surtout très chaude. Il avait dû prendre un long bain, à en juger par l’odeur de ses cheveux et cette douceur inhabituelle. Car d’habitude il prenait une douche glacée de quelques minutes, avant d’aller se coucher dans ses draps sales et gelés.

Il fronça les sourcils. Qui avait bien pu le faire prendre un bain ? Qui avait bien pu le border ?

Puis enfin, les souvenirs lui revinrent. La visite d’Uruha, la vodka, le cimetière, et Reita qui était venu le chercher, l’aider, qui avait promis de l’aider à arrêter l’assassin d’Aoi. Il se leva.

Après avoir enfilé un tee-shirt et un pantalon de jogging noir trois fois trop grands pour lui (appartenant à Aoi, probablement), il sortit dans le salon.

Effectivement, Reita n’avait pas bougé. Il étudiait ses dossiers, une tasse de café posée devant lui, une cigarette à la main. Il avait dû passer une grande partie de la nuit comme cela, à en juger par ses traits tirés et par le nombre de mégots trônant dans le cendrier. Ruki ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire amusé. Son ami était donc vraiment déterminé à le sortir de sa mouise, et à retrouver celui qui avait tué Aoi ?

 

-Salut, Reita.

-Bien dormi ?

-Je crois. Grâce à toi ?

 

Reita eut un sourire un peu distrait.

 

-J’avoue que je suis resté avec toi une partie de la nuit. D’abord je t’ai regardé dormir, et puis finalement je me suis allongé près de toi. J’ai dormi une heure, et puis je m’y suis remis.

-Quelque chose semble te tracasser ?

-Ce sont… Les suspects.

 

Ruki s’assit sur le canapé et s’alluma une cigarette, soudain très attentif.

 

-Ruki… Les seuls suspects qui n’ont pas d’alibi, ce sont Uruha et Kai.

 

Le chanteur faillit tomber sur le sol, quant à sa cigarette, ce fut elle qui tomba la première. Qu’était entrain de dire Reita, au juste ? Que les seules personnes qui auraient pu tuer Aoi étaient Uruha et Kai ?

 

-Tu… Tu veux dire que l’un d’eux l’a tué ?

 

Reita évitait délibérément son regard. Ruki tâcha de reprendre ses esprits, ramassa sa clope sur le sol. Quand il parla à nouveau, sa voix partait dans les aigus, lui donnant l’air légèrement hystérique.

 

-Lequel des deux, à ton avis ?

-Je n’en sais rien. Tous deux m’ont donné une réponse très vague, quand je leur ai demandé où ils étaient. Kai a dit qu’il était descendu au Konbini, mais personne n’a pu me le confirmer. Et Uruha a carrément refusé de me dire avec qui il était. Il a dit qu’il était dans une chambre, entrain de baiser, pour reprendre ses mots.

 

Ruki soupira et croisa les bras.

 

-Dire que tous les deux n’arrêtaient pas de m’appeler pour me demander si j’allais bien. Les faux cul.

-Je peux tout aussi bien me tromper, mais toutes les preuves les accusent. Cependant je suis sûr qu’ils n’auraient pas agi à deux : ils sont trop différents. Uruha est trop dominant, et Kai pas assez soumis. Ils auraient fini par s’entretuer.

-Donc tu veux dire que c’est soit Kai soit Uruha, mais que ça ne peut pas être les deux, c’est ça ?

-Voilà.

 

Ruki réfléchit intensément. Reita poursuivit.

 

-Par contre je ne vois pas ce que pourrait être le mobile. Ça ne peut pas être l’argent, on est tous payés la même somme, et pour le sexe ça m’étonnerait de Kai. Non, vraiment… (Il s’interrompit) à moins que…

-A moins que ?

-A moins que TU sois le mobile.

 

Le rouquin faillit lâcher à nouveau sa cigarette, sous le coup de cette nouvelle révélation surprenante. Lui ? Comment pourrait-il être le mobile ?

 

-Je me suis creusé la tête toute la nuit, je ne vois pas ce que ça pourrait être d’autre. A moins bien sûr que l’un de nos deux amis…

-Ex-amis.

-… soit un pervers psychopathe doublé d’un schizophrène. Mais ça je pense qu’on l’aurait remarqué.

-Pas forcément. (Il soupira) Mais en tout cas si c’est Kai, il cache super bien son jeu.

-On devrait commencer par essayer d’atteindre Uruha, ça sera plus facile de le faire parler.

-Comment on ferait ?

 

Reita se racla la gorge, visiblement mal à l’aise.

 

-Tu sais qu’Uruha baise tout le monde, n’est-ce pas ?

-Ouais. Il m’a même eu moi, avant que je ne tombe amoureux d’Aoi.

 

« Bien avant, même. » pensa Ruki, légèrement dégoûté. Uruha et lui avaient fait des choses qu’il n’avait fait avec personne d’autre ensuite. Et il devait reconnaître que le guitariste était foutrement désirable.

Cette pensée l’entraîna à se souvenir de l’incident de la veille, et il réprima un frisson de dégoût.

 

-Moi il ne m’a pas eu. (Ruki ouvrit de grands yeux) Et du coup je représente une sorte de défi, pour lui. Si je lui donne ce qu’il veut, il me donnera peut-être des renseignements en échange, tu ne crois pas ?

-Tu veux te prostituer contre des renseignements ?

-Vitaux, les renseignements.

-Bah, c’est toi qui vois. Tant que tu ne m’obliges pas à coucher avec lui, toi tu peux faire ce que tu veux. Seulement s’il ne sait rien, tu te seras offert à lui pour des clous.

-Et si c’est lui le tueur je risque ma peau. (Il soupira) Mais je n’ai pas le choix, et pas de meilleur plan.

 

Inquiet, Ruki posa la tête sur l’épaule de Reita, qui lui frotta doucement le bras, s’efforçant d’être rassurant. Mais lui-même était plutôt effrayé par la perspective de se frotter à Uruha. Après tout, il y avait beaucoup plus de chances pour que ce soit lui le tueur, plutôt que Kai. Kai était trop droit, trop sincère pour jouer la comédie à ce point.

 

-Il faudra que tu couvres mes arrières.

-Nan, tu vas en avoir besoin. Je couvrirai tes avants.

 

Reita rit doucement. Si Ruki se remettait à faire de l’humour, rien n’était perdu. Ils étaient sur la bonne voie.

 

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L’assassin sublime ne tenait pas en place. Il était surexcité. Enfin, le jour qu’il attendait depuis si longtemps était arrivé. Il allait enfin…

Rien que d’y penser, il dut se retenir de hurler de joie. Cela ne lui ressemblait pas d’être si gamin, mais là c’était un cas de force majeure.

Il s’assit sur le lit, au milieu de la pièce aux murs rouges. Les draps de soie noire étaient froids, car l’unique fenêtre était restée ouverte toute la journée. Il avait hâte de réchauffer ces draps, avec deux corps mêlés et du sang.

Regardant autour de lui, il se sentit totalement dans son élément, dans cette atmosphère si particulière, et si violente, que dégageait la peinture des murs et du plafond, et la moquette. On avait l’impression de se retrouver dans un morceau de tripe, entouré de néant. Il éclata de rire.

Ce soir… Oui ce soir…

 

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Reita arrangea son pantalon pour être le plus sexy possible. Ruki le regardait, l’œil critique, les sourcils froncés.

 

-C’est bien ?

-Parfait. Il va te sauter dessus sur place.

 

Le blond sourit et passa la main dans ses cheveux. Il n’avait rien pu faire pour son teint terne et ses yeux fatigués, mais il avait réussi à cacher au maximum les ravages de sa nuit blanche.

 

-Bon, n’oublie pas : si tu es en danger, appuie sur la touche « décrocher » de ton téléphone, deux fois. C’est mon numéro qui t’a appelé en dernier, tu m’appelleras et je saurai que tu as un problème. Et alors j’accourrai avec les flics. D’accord ?

-Ouaip. Je suis prêt.

-Alors c’est parti.

 

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L’assassin sublime trancha proprement la gorge de la jeune fille, une fois encore devant le miroir. Elle n’eut que quelques secondes pour balbutier un « pourquoi ? » quasi-inaudible, qu’il dédaigna en riant. L’avantage d’une moquette noire était que les traces de sang y étaient invisibles, restait à cacher l’odeur. Il vaporisa un peu de son parfum sirupeux partout dans la pièce, puis fit descendre un autre des pions de son échiquier.

 

-IL va bientôt arriver. Toi non plus tu ne me sers plus à rien.

-Je t’en supplie, ne me tue pas… Ne me fais pas de mal… Je te jure que je ne dirai rien à personne…

-Arrête. Tu es ridicule. Je déteste les gens qui supplient.

 

D’un ample coup de scalpel, il entailla profondément le torse de l’autre homme, traçant un gigantesque X dans sa peau dorée. L’autre hurla, puis se laissa tomber sur le sol et se contenta de gémir doucement. Un grand coup de pied dans le ventre lui arracha un autre cri puissant. L’assassin rit aux éclats en voyant le sang gicler des plaies de son ancien ami.

 

-Tu seras mort d’une hémorragie avant même qu’il n’arrive.

 

Juste au moment où il prononça cette phrase, on sonna à la porte. C’était LUI. Le rire machiavélique de l’assassin retentit dans toute la pièce, comme si les murs riaient aussi. Il ne restait plus que quelques minutes à attendre…

 

 _______________

 

Reita attendait devant la porte, qu’Uruha veuille bien venir lui ouvrir. Il regardait anxieusement derrière lui, pensant à son téléphone, dans sa poche arrière. Pourvu qu’il ait assez de batterie, pourvu qu’il arrive à appuyer deux fois sur le bon bouton, pourvu que tout se passe bien. Car Reita n’avait pas envie de mourir. Pas tout de suite. Il devait protéger Ruki.

La porte s’ouvrit sur un Uruha tout pimpant, qui sentait le parfum, les joues roses. Il s’était fait beau ? Reita réprima un sourire amusé.

 

-Salut Uruha.

-Reita ! Je ne t’attendais pas si tôt, et je n’ai pas encore commandé le dîner. Mais ce n’est pas grave, on va prendre l’apéritif d’abord. Entre !

 

Il s’écarta pour laisser entrer le bassiste, lequel pénétra dans la maison avec une certaine angoisse. Mais le lieu n’avait pas tellement changé depuis la dernière fois qu’il était venu. Le même mélange de meubles modernes et rustiques, les mêmes cadres, les mêmes posters d’eux, les traditionnels fruits en plastique dans leur coupe, sur le bar de la cuisine américaine. Reita se détendit et décida que de toute façon il n’était pas en danger s’il ne buvait pas.

Uruha avait filé derrière le bar. Il pouvait à peine attendre. Il avait préparé, à l’avance, les noix de cajou saupoudrées de somnifère, histoire que Reita ne se débatte pas trop pour descendre. De son côté, il mangerait des cacahuètes, Reita, distrait, n’y verrait que du feu. Le blond devrait en manger une certaine quantité avant de s’endormir, mais Uruha saurait le distraire jusque-là.

Ils parlèrent pendant environ dix minutes, de tout et de rien. Quand Reita s’endormit, le bol était quasiment vide. Uruha jubilait. « Proche… Tout proche… L’instant X… »

 

Quand Reita se réveilla, il sut que c’était trop tard. Uruha l’avait déshabillé, ses fringues gisaient dans un coin de la pièce. Et puis d’abord, qu’est ce que c’était que cette pièce ? A en juger par le peu de lumière qui entrait par la toute petite fenêtre placée très haut sur le mur, ils devaient se trouver dans la cave. Uruha avait dû l’aménager pour pouvoir jouer à Mr Hyde en toute tranquilité. Où était-il, d’ailleurs ?

Reita se leva sur les coudes et tourna la tête. Uruha était dans un coin, occupé à arranger quelque chose qui pendait du plafond. Quand il s’écarta, Reita remarqua avec horreur que c’était Kai. Suspendu par les poignets, les pieds solidement accrochés au sol par des chaînes, Kai semblait très mal-en-point. Un grand X était découpé dans son torse, de petites gouttes de sang en coulaient, roulant le long de ses jambes, jusqu’à toucher la moquette sans faire un bruit. Reita déglutit.

 

-Alors c’était toi, Uruha. C’est toi qui as tué Aoi, et toutes les autres personnes disparues dont on présume qu’elles sont mortes mais dont on n’a pas découvert les corps. Comment est ce que tu t’en débarrasses, d’ailleurs ?

-Un bon bain d’acide, et tout est fini, sourit Uruha. Ensuite je prends les os et les range dans l’armoire que tu vois au fond de la pièce, pour ma collection personnelle. Sauf Aoi, j’ai dû balancer le corps d’un pont pour rendre le suicide plausible. Je suis intelligent, non ?

-Tu es malade. Complètement malade. Comment as-tu pu faire ça à Aoi ? Et à Kai ? Et ensuite tu as eu le culot de venir te soucier du sort de Ruki ! Tu n’es qu’un enfoiré de malade mental.

 

Uruha fronça les sourcils et vint se mettre à califourchon au-dessus de Reita, plantant un scalpel dans l’oreiller, manquant de très peu son œil gauche.

 

-Tu n’as pas le droit de me parler comme ça. C’est moi qui domine, ici. Aoi m’avait brisé le cœur, sans parler de Ruki qui faisait toujours comme s’il était dégoûté qu’on ait couché ensemble. Et Kai m’insupportait, parce qu’il jouait au leader, tout en feignant la modestie. J’ai horreur des gens qui font semblant d’être ce qu’ils ne sont pas, Reita. Mais toi… (il récupéra son scalpel et caressa la joue de Reita avec le dos de la lame) Toi tu es pur. Toi tu croyais en moi. Tu me respectais. Oh Reita, enfin, nous allons être tous les deux réunis, mon amour… Les autres n’étaient que des pis-aller pour te guider jusqu’à moi… Je savais que tu me retrouverais… Et nous mourrons ensemble…

-Ruki sait que je suis ici. Il te balancera aux flics.

-Je m’en tape, je serai mort, sourit Uruha, l’air sans pitié.

 

Il retourna brusquement le scalpel et traça un sillon dans la joue de Reita, partant de son œil pour dériver sous le lobe de son oreille, comme une larme sanglante. Reita se retint de jurer tant il avait mal.

Prenant une grande inspiration, il repoussa Uruha d’un grand coup de bras et plongea vers ses fringues. Il eut tout juste le temps d’appuyer deux fois sur « décrocher » avant qu’Uruha ne l’attrape par le bras et ne l’envoie buter contre le miroir, au fond de la pièce.

 

-Tu es à moi !

 

 

 

Ruki regarda avec horreur son téléphone vibrer sur la table, sachant pertinemment que ça ne pouvait être que Reita. Négligeant d’appeler la police, décidant de ne le faire qu’en chemin, il sauta dehors et courut jusqu’à chez Uruha, faisant le plus vite qu’il pouvait. Pendant qu’il courait, il appela la police et balbutia : « allô, un policier est entrain de se faire tuer au 469 Kogaru Street » avant de raccrocher brusquement. Il espérait que la mention du fait que Reita était flic les forcerait à se bouger le cul, ils n’avaient pas beaucoup de temps.

Se doutant qu’Uruha ne ferait pas dans la dentelle, il ne fut pas plus délicat. Balançant une énorme pierre dans une fenêtre, il entra dans la maison sans trop faire plus de bruit. Remarquant l’apéritif toujours servi sur la table Ruki soupira en secouant la tête.

 

« Ben dis donc, il n’a même pas attendu le dessert… »

 

Il fouillait chacune des pièces de la maison, se faisant le plus silencieux possible, quand soudain une phrase qu’Uruha avait prononcée lui revint en mémoire. C’était lors d’une répétition, Aoi s’était moqué d’Uruha parce qu’il avait une cave immense et ne s’en servait pas.

 

-Tu devrais la faire retaper pour en faire un studio !

-Si je la fais retaper, j’en ferai un baisodrome, Aoi.

 

Ils en avaient ri. Mais soudain c’était clair, pour Ruki. Il tuait ses victimes dans sa cave ! C’était logique ! Et c’était donc là qu’il devait être en ce moment !

Passant devant un placard, il entendit un léger râle. Il ouvrit la porte. Une jeune femme était étendue, elle avait la gorge tranchée et respirait à peine. Il appela rapidement une ambulance, supposant qu’au pire les flics le feraient, et lui promit qu’elle allait s’en sortir, sans savoir s’il pourrait tenir cette promesse. Elle avait une étincelle de défi dans les yeux, comme si elle se foutait de vivre ou de mourir. Il laissa la porte ouverte et se colla à celle de la cave.

 

 

 

De son côté, Reita était en mauvaise posture. Uruha l’avait acculé contre le mur et l’embrassait dans le cou, faisant en même temps danser son scalpel contre son torse. Les coupures étaient petites et légères, mais la lame était aiguisée, la douleur aigue et éphémère. Uruha quant à lui, semblait beaucoup s’amuser, à torturer Reita. C’était toujours ce qu’il préférait, avec la baise : la torture. Voir le visage se crisper dans une grimace de douleur, les dents se serrer dans une ultime tentative pour ne pas crier, la peau pâlir, faute de sang. Il aimait tout cela.

Il était tellement en transe qu’il n’avait pas entendu la fenêtre se briser.

La porte s’ouvrit à la volée, Ruki entra comme une furie et poussa Uruha qui tomba, se plantant le scalpel dans la main.

 

-Les flics arrivent, tu es fait comme un rat, ordure, chuchota Ruki entre ses dents, à l’adresse du tueur, avant de lui cracher à la figure.

 

Uruha sourit, s’essuya la joue et se releva, enlevant le scalpel de sa main. Effectivement, il entendait déjà les sirènes de police et de l’ambulance, qui arrivaient.

 

-C’est donc maintenant que je tire ma révérence. Mais on se reverra, dans une autre vie… Et je te tuerai, Ruki…

 

Il courut s’enfermer dans la salle de bains, les garçons entendirent un coup de feu, et ils surent que c’était fini. Reita alla chercher son pantalon, tandis que Ruki courait voir Kai.

 

-Kai ! Non, ne meurs pas, je t’en supplie !

-Ruki… Aoi … M’avait fait promettre, de te protéger… C’est pour ça que je me suis… Donné… A Uruha… Il t’aurait tué… (il grimaça de douleur) Tout ce que j’ai fait… C’était… Pour toi…

 

Ruki sentit des larmes amères lui monter aux yeux.

 

-Ne meurs pas, Kai, je t’en supplie. (serrant les dents, il embrassa les lèvres de Kai) Tu étais le seul. Aoi voulait que tu le remplaces. Je t’en prie.

 

Les ambulanciers entrèrent, ils reconnurent immédiatement la voix de Ruki. L’un des policiers força la porte de la salle de bains, Uruha s’était tiré une balle dans la tête, et il était mort sur le coup. Etsuko et Kai furent emportés en ambulance de toute urgence dans l’hôpital le plus proche. Reita et Ruki, quant à eux, furent raccompagnés chez eux.

Allongés tous les deux dans le lit de Ruki, ne cherchant même pas à trouver le sommeil, ils réfléchissaient à tout ce qui s’était passé.

 

-Alors c’était Uruha, lança Ruki.

-Eh oui. Ça ne m’a presque pas étonné.

-Moi non plus, à vrai dire. C’est plus logique que ça soit lui.

-Tu étais sérieux à propos d’Aoi ? Dit Reita en cherchant à capter le regard du chanteur.

 

Celui-ci soupira, les yeux fixés sur le plafond.

 

-Oui. Un jour, Aoi m’avait dit que s’il lui arrivait quelque chose, il voulait que je sorte avec Kai. Parce que toi tu étais mon grand frère, et qu’Uruha était un petit baiseur. Telles ont été ses paroles.

-Sages paroles.

-Oui. Mais sur le moment, j’ai ri et répliqué qu’il était immortel. (Ruki sourit) J’avais tort.

 

Des larmes lui montèrent aux yeux, et il posa la tête sur l’épaule de Reita.

 

-Au fait, ils n’ont pas vu que tu étais blessé ?

-J’ai fait comme si j’étais surtout sonné, et que je voulais rentrer chez moi. J’ai tout bandé moi-même. Je suis flic après tout. Ça s’appelle les risques du métier.

-Si ça s’infecte, t’es bien.

-Si ça s’infecte j’irai à l’hôpital. L’infirmier qui m’a examiné a dit que ce n’étaient que des blessures superficielles, rien qui nécessite d’être recousu. Tout va bien.

 

Ils se tournèrent vers leurs portables, qui ne semblaient pas décidés à sonner. L’hôpital avait juré de les prévenir quand Kai et Etsuko, la jeune fille que Ruki avait trouvée, seraient sortis du bloc opératoire. Mais cela faisait plusieurs heures qu’ils attendaient, et rien ne venait.

 

-Dis, à ton avis, Uruha il était fou ?

-A lier. Il a du perdre l’esprit à un certain moment, sans qu’on ne s’en rende compte. Il est devenu sadique.

-Bah. Il est mieux là où il est.

-Ouais. Je continue à le considérer comme mon ami, le guitariste, et je préfère ne garder que mes bons souvenirs de lui.

 

Ruki acquiesça, trouvant soudain Reita très sage.

Ils finirent par sombrer dans un demi-sommeil agité, ponctué de rêves effrayants, ne se réveillant que vers 8 heures. Reita se précipita sur son téléphone, qui n’avait pas sonné. Il se demanda si c’était un bon ou un mauvais signe.

Vers 9 heures, alors que les garçons étaient habillés et affalés devant la télévision, le téléphone sonna enfin. Ils sautèrent dans leurs chaussures et coururent prendre un taxi, faisant signe qu’ils étaient pressés. Reita aboya qu’il fallait les amener de toute urgence à l’hôpital, car Ruki allait accoucher d’une minute à l’autre, et tous deux s’esclaffèrent nerveusement. Cela leur faisait du bien. Ruki se sentait libéré d’un poids, depuis qu’Uruha était mort.

Ils déboulèrent comme des flèches dans l’hôpital, ce fut le chirurgien qui s’était occupé de Kai et d’Etsuko qui les reçut.

 

-Tous deux s’en sortiront, mais c’était moins une. Le garçon avait également de multiples fractures, entre autres deux côtes et sa cheville, et son poignet était foulé. Il a été victime de violences conjugales ? (Reita et Ruki se regardèrent, hésitant entre rire et larmes) La jeune fille était à peu près dans le même état, les fractures en moins. On a fait ce qu’on a pu pour réparer ce qui avait été tranché, dans sa gorge, ce qui n’a pas été trop difficile, la coupure étant presque superficielle. Elle va bien. Tous deux sont réveillés, si vous voulez leur parler.

 

Les deux hommes montèrent, jusqu’à la chambre n°358, où Kai et Etsuko les attendaient.

La jeune fille avait un important bandage autour du cou, mais était néanmoins très jolie, même diminuée physiquement par des semaines de malnutrition et de déshydratation. Elle était sous perfusion. Elle sourit en les voyant entrer.

De son côté, Kai se la jouait façon momie. Son poignet était bandé, il avait la cheville dans le plâtre, et un grand bandage faisait tout le tour de son torse, des pectoraux aux abdominaux. Néanmoins, il sourit aussi en les voyant entrer. Mieux, son regard s’éclaira grandement à la vue de Ruki.

Alors que celui-ci s’approchait pour aller voir Kai, Etsuko le retint par le bras.

 

-Merci beaucoup, chuchota-t-elle. (Elle avait la voix cassée par les cris qu’elle avait poussés chaque jour) Merci de m’avoir secourue.

-Tu es jeune, tu as encore plein de gens à baiser, et plein de choses à découvrir, répondit Ruki en souriant.

 

Puis il se tourna vers Kai, qui le regardait, une étincelle tendre dans le regard.

 

-Oui, merci Ruki, murmura-t-il à son tour, un grand sourire aux lèvres.

 

Ruki se pencha délicatement, s’efforçant de ne pas toucher les blessures de Kai, et effleura ses lèvres.

 

-Merci d’avoir survécu.

 

Reita s’était assis près d’Etsuko et lui racontait une blague débile, tandis que Kai riait aux éclats car il connaissait la fin. Ruki décida que le moment était venu, pour ce qu’il voulait faire.

Il descendit dans la chapelle de l’hôpital, et s’assit sur l’un des bancs de bois. Il leva ensuite les yeux vers le toit.

 

« Aoi, si tu m’entends, je te jure que je vais essayer d’être heureux » Murmura-t-il. « Oui, je vais être heureux, pour toi, avec Kai, comme tu le souhaitais. Cela ne sera pas facile, il y aura des hauts et des bas, mais j’y arriverai, j’en suis sûr, parce que ta force me guide, comme elle m’a toujours guidé. Je t’aime et je t’aimerai toujours, Aoi, tu es le premier et le dernier dans mon cœur, non, tu es mon cœur. Mais tu peux peut-être, éventuellement, faire une petite place à Kai, tu ne crois pas ? »

 

Ruki se leva et quitta la chapelle, le cœur léger. Les cierges s’éteignirent, l’eau bénite tremblota, un rire léger et un riff de guitare électrique retentirent, portés par l’écho de la chapelle.

Aoi venait d’accorder sa bénédiction à Ruki. Ou alors c’était un malade de l’hôpital qui jouait du the GazettE.

Je n’en sais rien…

 

… Et vous ? Qu’est ce que vous en pensez ?

 

THE END

 

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