From Hell to Happiness

"From Hell to Happiness - We are all with Reita"

 

• Catégorie : Essais.

• Âge : 13 ans ? 14 ans ? Je me souviens plus bien.

• Personnages : the GazettE.

• Pairings : Très soft... Mais un petit Reita/Ruki.

• Niveau de honte : ••••

• Crédibilité : ••••

• Langage et mise en forme : •••••

 

____________________________

 

Uruha baissa le magazine qu'il était entrain de lire pour planter ses yeux dans ceux de Reita qui fumait à la fenêtre.

-Tu savais que j'étais un sale con arrogant ?
-Il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans les magazines. Je te connais mieux qu'eux. Tu vas où ce soir ? Tu vois ta copine ou tu restes avec nous ?
-Je vois ma copine. En ce moment, avec la mort de sa collègue de boulot, elle est complètement sur les nerfs.

Reita tira une longue taffe sur sa clope et sourit à Uruha.

-Elle qui est si froide d'habitude, si distante par rapport à tout ça, à ses problèmes.
-C'était une amie proche, elle l'avait déjà assistée pour une opération compliquée. Ca crée des liens, apparemment.
-Nous on va sûrement aller se boire un coup dans un petit bar. Ruki va être content, il va pouvoir sortir toutes sortes de phrases à la con pour que les médias pensent des trucs faux sur nous, ricana Reita.
-T'es pas mauvais à ce jeu là non plus. Faire croire à tout le monde que tu étais méchant, fallait le faire.
-Je joue bien la comédie.

Uruha se leva et alla prendre sa veste sur le porte manteau.

-J'y vais, je ne rentrerai que très tard. Passe le bonjour aux autres de ma part.

Lorsqu'Uruha fut sorti, Reita soupira bruyamment, deux colonnes de fumée lui sortant du nez. Le guitariste avait beaucoup changé depuis le temps où jouer n'était qu'un plaisir, où le regard des autres comptait pour du beurre.
Il écrasa sa cigarette, attrapa une veste au hasard sur le portant derrière la porte et sortit de son appartement, sans oublier de fermer la porte derrière lui. Il ne voulait pas que les médias découvrent qu'il vivait dans ce bâtiment miteux, entre deux concerts. Lui non plus n'avait plus vraiment goût au succès, cependant la passion ne l'avait pas autant quitté qu'Uruha. C'était dans l'atmosphère enfumée des bars qu'il se retrouvait le mieux.
Pourtant non, il n'était pas alcoolique. Sa consommation de la soirée se limitait en général à un soda ou deux, histoire de passer le temps. Parfois il sifflotait un air du groupe, et quelqu'un le reconnaissait. Ca arrivait rarement.
Celui qu'on reconnaissait le plus souvent était Ruki. Il faut dire qu'il ne faisait aucun effort de discrétion. Une clope au bec, sa veste imitation léopard ou son blouson en cuir noir sur le dos, ses cheveux longs cachés sous un bonnet noir, il chantait tout haut des morceaux de chansons, le plus souvent "art drawn by vomit", ou bien "filth in the beauty". Lui n'avait pas perdu le goût de la célébrité, et ce que disaient les médias ne le touchait absolument pas. C'était le seul qui gardait la tête haute face aux fans parfois furieux, qui lisaient des déclarations fausses sur eux. C'était le seul qui répondait calmement "si vous êtes fans, vous ne devez pas croire de telles conneries. Ecoutez ce que vous dit votre coeur, c'est votre avis qui importe."
Reita continuait à admirer son leader, sa force de caractère, ses idéaux qui n'avaient pas changé. Au delà de l'admiration, il y avait cet amour qui ne voulait pas se taire. Ce sentiment pesant, qui altérait son jugement, et lui faisait faire des fausses notes en plein concert. Il se serait damné, il aurait vendu son coeur et son âme pour faire taire ces idées, ces pensées idiotes.

"On se croirait vraiment dans un manga yaoi..." Pensait-il parfois en souriant ironiquement.

Il traversa la rue, sa capuche rabattue sur la tête pour qu'on ne le reconnaisse pas grâce à son bandeau, et fila droit dans le bar où il avait pris l'habitude de retrouver le reste du groupe -sans Uruha.
Au fond, à leur table habituelle, se trouvaient déjà Ruki et Aoi. Le guitariste avait chaussé des lunettes de soleil trop grandes pour lui, et fumait une cigarette en silence. Le chanteur semblait perdu dans ses pensées, l'ongle du pouce dans la bouche. Quand Reita s'assit et que Ruki enleva son écouteur, le bassiste comprit que le leader écoutait leur dernière demo.

-Bonjour, Reita-kun. J'arrive pas à trouver ce qui va pas sur notre dernier titre. Où est le problème, à ton avis ?

Il mit l'écouteur gauche dans l'oreille de Reita, lui effleurant involontairement la joue au passage. Reita écouta attentivement le son que transmettait le mp3.

-Il y a un problème dans ma ligne de basse. Un bug sur une note, trop de fa peut-être. J'essayerai autre chose demain matin.
-Tu me sauves la vie, ça fait deux jours que ça me travaille, dit Ruki en souriant.

Reita sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine. Ce sourire...
Aoi sourit à son tour. Reita avait été obligé de le mettre au courant de tout, un jour de grande déprime, quand le guitariste brun l'avait empêché de justesse de commettre un acte irréversible.

-Bonjour, Reita-kun. Bonne journée ?
-Crevante. Et la tienne ?
-Pareille à toutes les autres. Morne, chiante. Interviews, autographes...
-T'as pas composé un peu ?
-Reita, tu sais très bien que ça fait deux mois que j'arrive plus à rien composer.

Reita baissa les yeux et soupira.

-C'est vrai, excuse moi.
-C'est rien. Et toi ? Compositions ?
-Rien de bien, crois moi.

Ruki se leva en sursaut, les sourcils froncés.

-Bon sang, mais qu'est ce qu'il vous arrive ? On dirait que vous êtes plus motivés pour rien ! La célébrité dans le monde, ça vous dit plus rien ?
-Ruki, on y a goûté à la célébrité. On préférait l'époque où on était un petit groupe miteux, connu par trois pelés et deux tondus, faisant des concerts dans la salle de notre ville natale, devant une bande de retraités amenés par nos parents.
-Tu déconnes, Aoi ?! J'espère que tu plaisantes, et qu'on s'est pas donné tout ce mal pour que tu fasses ta star à la dernière minute !

Aoi fuit le regard de leur leader et souffla un petit :

-Eh ben si...
-PUTAIN JE RÊVE !! S'écria Ruki. Toi alors, t'es vraiment con quand tu t'y mets ! Et je suppose que tu penses pareil que lui, Reita ?
-Ruki...je...
-Très bien, parfait. Si ça vous fait chier de continuer, tant pis. Cassez-vous. Je trouverai de nouveaux membres, plus motivés.

Il sortit du bar en courant, sous le regard effaré de ses deux compagnons, bousculant au passage Kai qui venait tout juste d'arriver.

-Uwa, il pète son cable ?
-On avait pas l'air motivés pour la suite, donc il fait la gueule, soupira Aoi en s'allumant une autre cigarette.

Reita le regarda faire, du coin de l'oeil, tandis que Kai, qui pesait moins ses mots, faisait remarquer :

-Tu fumes trop, Aoi. Tu vas te faire les poumons tout noirs.

Aoi leva des yeux pleins de mépris vers Kai qui se tassa sur sa banquette.

-D'une, t'es pas ma mère. Et de deux, ça te regarde pas plus qu'elle.

Puis il eut un sourire narquois.

-Et puis tu peux parler.

N'en pouvant plus, Reita se leva.

-Depuis quand on s'engueule comme des gosses à la moindre remarque ? Qu'est ce qu'il vous arrive à tous les deux ?

Le guitariste et le batteur se regardèrent mais restèrent silencieux, chacun totalement incapable d'expliquer son comportement. Kai leva les yeux vers Reita.

-Tu as raison, Reita-kun. On est cons. Désolé Aoi, je ne te ferai plus de remarques.
-Nan, c'est toi qui as raison. Je devrais arrêter la clope.

Sur ces mots, il écrasa sa cigarette à peine entamée dans le cendrier. Reita sourit.

-Bon, je vais chercher Ruki. Attendez ici, et plus d'enfantillages, compris ?
-Yes boss, se moqua Aoi.

Reita sortit du bar et trouva Ruki entrain de s'en griller une devant la porte. Le chanteur sourit en le voyant arriver.

-T'as pris ton temps. On se les gèle ici.
-Reviens à l'intérieur. Les membres ont un coup de blues, mais le groupe doit rester soudé autour de son leader. Si le leader se fait la malle, les autres ne peuvent que suivre le mouvement.

Il attrapa la cigarette de son chanteur et la balança dans le caniveau.

-Et arrête de fumer, tu chantes comme une loutre qui aurait chopé la grippe.

Ruki éclata de rire.

-Une loutre ? T'as pas trouvé mieux comme comparaison ?
-Nan, désolé, j'étais pas inspiré.

Reita se tourna et s'apprêta à entrer dans le bar mais il entendit un léger rire secouer son chanteur. Il le regarda dans les yeux.

-Pourquoi tu te marres ?

Ruki s'approcha de son bassiste, posa sa main sur sa joue et déposa un baiser sur ses lèvres avant de chuchoter :

-Arigatô, Reita-kun. C'est toi qui maintient la bande soudée. Sans toi on serait partis en vrille depuis longtemps. Mais tu me rappelles pourquoi j'ai commencé la musique : pour le contact avec les gens, le contact avec le public, mais surtout pour le bonheur de jouer.

Les yeux de Reita s'écarquillèrent, mais Ruki continua sur sa lancée :

-On va essayer de retrouver l'esprit de nos débuts, d'arrêter de jouer pour le fric. C'est bien beau tout ça, ça fait vivre mais pas autant que la passion. C'est ça que j'ai oublié, qu'Aoi et son pessimisme naturel ont oublié, qu'Uruha avec sa copine dans ses draps crados à oublié : la passion. C'est cette passion que TOI, Reita, tu as gardée en toi qui me donne la force de continuer, de croire en notre destin, et de penser que tout peut encore s'arranger.
-Ruki-san...
-C'est dans cet esprit qu'on va jouer désormais. Dans l'esprit "we are all with Reita" et pas l'esprit "we play only for money and fame".

Reita plongea ses yeux dans ceux du chanteur et...ne put retenir son fou rire plus longtemps.

-We are all with Reita ? We are all with Reita ?

L'hystérie gagna bientôt Ruki.

-Ouais. On devrait écrire une chanson qui s'appellerait comme ça.

Puis il se mit à fredonner, sur l'air de Filth in the beauty :

-We are all with Reita, we are all with Reitaaaaaaaa !
-We are all with Reitaaaaaa, yeaaaah ! Renchérit le bassiste, mort de rire.

Lorsqu'ils entrèrent, ils poussaient toujours la chansonnette en choeur, et Reita mimait une ligne de basse, ses doigts le long d'un manche imaginaire. Aoi et Kai éclatèrent de rire.

-Vous nous faites quoi là ? Un remake de "Grease" ?
-Nan, on crée le tube : we are all with Reita.
-We are all with Reita ?

Ruki sembla redevenir sérieux, mais ses yeux qui pétillaient le trahissaient.

-Oui, la nouvelle philosophie du groupe.
-We are all with Reita ?
-Ouais.
-We are all with Reita ?
-Exactement.

Les quatre membres se regardèrent et éclatèrent de rire. Aucun des quatre ne parvint à sortir quelque chose de sérieux avant une demi heure.
A la fin de la soirée, ils décidèrent unanimement qu'une réunion serait organisée le lendemain, à la place de la répétition, afin de mettre les choses à plat et au clair, et de retrouver la passion de jouer. Chacun des quatre garçons rentra chez lui les yeux brillants, des rêves plein la tête, optimistes et confiants. Il avait suffit d'un fou rire et d'un baiser pour que l'essentiel revienne, et que tout rentre à peu près dans l'ordre.
Reita alla directement s'affaler sur son canapé et alluma la télé. Il avait le coeur tout gonflé de joie, et se repassait mentalement en boucle la scène de son baiser avec Ruki, les compliments du leader.
Vers 4h du matin, on tapa à sa porte. Il émergea lentement du début de sommeil dans lequel il avait sombré et alla ouvrir. C'était un Uruha échevelé, à l'air mal réveillé, les yeux brillants de larmes.

-Reita, je n'y arrive plus.
-Entre, assieds toi sur le canapé et explique moi tout.

Uruha alla s'affaler sur le sofa en cuir noir, la tête renversée sur le dossier.

-J'ai essayé de composer une chanson. Je n'arrive à rien.
-Comme nous tous, Uruha-kun.
-Ca me passionnait avant, Reita. C'était ma vie. Ma guitare et moi on ne faisait qu'un. Maintenant elle me paraît si loin de moi.
-On a trouvé la solution, puisque c'est un problème universel dans le groupe. On a décidé de se remotiver.

Il ne précisa pas dans quelles circonstances cette idée avait été trouvée.

-Il faut que la passion revienne dans le coeur de chacun d'entre nous, que ça ne soit plus le besoin de fric ou de se faire connaître qui nous pousse à avancer mais l'envie de faire mieux, l'envie de jouer. Comme à nos débuts, Uruha-kun. Tu te rappelles ? L'envie qu'on avait de se surpasser, de faire mieux, d'être en contact avec le public, tout en faisant corps avec nos instruments.

Dans les yeux d'Uruha, un voile sembla se lever lentement, les rendant plus brillants. Reita continua donc sur sa lancée, comme l'avait fait Ruki plus tôt dans la nuit :

-Il faut nous ressaisir. Sinon on arrivera à rien.
-Vous avez trouvé une solution à cette baisse de régime aussi ?

Reita hésita puis sourit et chantonna :

-We are all with Reita.
-Hein ?
-Ano... c'est une idée de Ruki. Il a dit qu'il avait remarqué que malgré tout ce qui nous arrivait j'avais gardé la passion de jouer, et l'envie de continuer. Il a dit qu'on devait en faire notre philosophie.

Uruha esquissa un sourire, puis rit plus franchement.

-We are all with Reita ?
-Hai. Ca te pose un problème ?
-Nan. Au contraire. Si ça marche, ça me va parfaitement.
-Ca semble marcher sur Aoi et Kai.
-Bon eh bien, c'est que ça doit être une bonne philosophie alors.

Reita passa le bras autour des épaules d'Uruha et lui sourit.

-Tu vas voir, Uru-kun. On va y arriver. On va renaître.
-Ca s'appellera "the GazettE : rebirth" ?
-Ouais, pourquoi pas ?
-Ca sonne bien. Titre d'un single ?
-On en parle à Ruki demain.

Ils se sourirent. Reita se leva et se mit à sa fenêtre grande ouverte, les yeux perdus dans les étoiles. L'avenir lui semblait tellement plus beau maintenant. Il était sûr qu'ils y arriveraient, qu'ils parviendraient à ne pas couler. Avec un peu de volonté, une renaissance certaine, et un soupçon de "We are all with Reita", rien ni personne ne pourrait les arrêter...

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