Deep Shadows and Briliant Highlights.

Genre : Drama / Yaoi

Pairings : Uruha/Reita (the GazettE) Disclaimers : PSC Company.

Pour une fois, pas d'avertissement !

 

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Reita entama son quatrième verre de Soho, les yeux perdus sur la foule inconnue qui se déhanchait devant lui. Il ne reconnaissait que miyavi, qui l'avait fait venir –obligé à venir serait un terme plus juste.
« Viens, tu verras, ça sera cool. » lui avait-il dit. Eh bien il était venu, il avait vu, et il n'avait pas trouvé ça cool du tout. C'était même bien nul comme soirée.

Tous les gens étaient déguisés en créatures de la nuit, étant donné que c'était une fête costumée de thème « halloween ». Seul Reita ne s'était pas donné cette peine, il était venu déguisé en lui même et c'était déjà bien suffisant pour lui.
Aucun membre de son groupe n'était venu. Uruha était censé venir, mais ce n'était qu'une rumeur. Une rumeur stupide, destinée à faire du mal à Reita. Tout le monde était au courant, évidemment, de son attirance pour le bel androgyne. Ils s'en amusaient, comme les membres de son groupe, comme Uruha lui-même. Reita, lui, ne riait plus. Pas depuis longtemps. Ses yeux étaient en permanence fixés sur le sol – si bien que depuis quelques semaines il trouvait sans arrêt des choses par terre. Ses pupilles noires évitaient celles d'Uruha, pour que celui-ci ne lise pas la tristesse qui les ternissait.

Reita décolla ses yeux du plancher, et c'est là qu'il LE vit.

La star avait quand même fini par arriver, par pointer le bout de son ravissant petit nez. Il était déguisé en vampire, tout l'attirail, des crocs pointus à la cape noire en passant par les yeux charbonneux. Il était beau à en couper le souffle – d'ailleurs Reita ne semblait pas être le seul à penser cela. A l'entrée d'Uruha, les conversations s'étaient changées en murmures admiratifs, les regards s'étaient emplis de désir, ceux des femmes comme ceux des hommes. Seul miyavi regardait Reita, les yeux pleins de tristesse devant la torture que la beauté d'Uruha infligeait à son ami.

Uruha portait une chemise blanche, indécemment ouverte sur son torse agréablement doré et légèrement musclé. Son pantalon noir était ajusté et une montre en or pendait à l'un des passants du pantalon, une vieille montre, qui aurait pu appartenir au grand père d'Uruha. Il portait une paire de vieilles chaussures vernies à bout carré, et le tout était surmonté d'une cape noire en velours, lourde comme la tristesse qui accablait Reita.
Les magnifiques cheveux d'Uruha étaient laissés au naturel, lui revenant légèrement dans les yeux. Lesdits yeux, d'une couleur délicatement ambrée, étaient soulignés de noir et de gris, ce qui les alourdissait, rappelant la cape. Ses lèvres d'une forme et d'une douceur incomparable étaient soulignées par un très léger trait de crayon plus foncé que ses lèvres.

Il était si beau que Reita souffrait au plus profond de ses entrailles, son ventre se tordait, son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine. C'était comme le supplice de la roue, au moyen âge : ses membres, ses organes, semblaient vouloir se séparer de son corps et aller rebondir entre les quatre murs de l'immense salle de bal choisie pour l'occasion.
Ses yeux croisèrent ceux du beau guitariste et un mince sourire étira les lèvres de celui-ci, comme s'il était heureux de le voir.

La soirée passa et Reita ne la vit plus passer. Il suivit des yeux son enfer personnel, une rose épineuse dans un océan de tulipes curieuses, un sourire d'ange sur un corps de démon, qui dansait et batifolait avec tous ces gens sans âme qui le regardaient avec leurs yeux vides et leurs paroles creuses. Aucun d'eux n'avait assez de substance pour intéresser le beau blond androgyne, cependant ils se pressaient autour de lui et le capricieux guitariste aimait l'attention, il aimait qu'on le flatte. Ça lui donnait presque l'impression d'exister. Mais il les méprisait tous, c'était gravé dans son sourire amusé et en coin, tandis qu'il se déhanchait sous les projecteurs agressifs qui rendaient sa peau luisante et brillante.

Ne pouvant supporter ce spectacle une seconde de plus, Reita monta sur la terrasse, histoire de prendre l'air. Même d'ici on entendait distinctement la musique comme si on s'était trouvés dans la salle de bal.
Reita s'accouda à la barrière en fer forgé, les yeux perdus dans les étoiles, le souffle légèrement plus court.
Les pas derrière lui étaient légers, si légers qu'il ne les entendit pas. Il ne sut pas que quelqu'un l'avait suivi jusqu'au moment où ce quelqu'un enlaça sa taille et lui chuchota au creux de l'oreille :

« Je n'ai pas encore dansé avec toi, il me semble ... »

Reita secoua la tête quand le parfum sucré d'Uruha lui envahit les narines, quand ses lèvres malignes chatouillèrent son cou. Le guitariste savait si bien l'ensorceler que c'en était gênant. En sa présence, il perdait totalement le contrôle de son corps.
Ses mains se mirent à trembler, tandis que son souffle se raccourcissait encore.

Uruha le retourna vers lui, leurs yeux s'accrochèrent, la musique passa à un slow langoureux. Le corps du beau guitariste se colla à celui du bassiste, ils bougeaient lentement, mais au même rythme, un rythme doux.
Le sourire d'Uruha était rieur, il se repaissait autant de l'attention des tulipes que de l'amour de sa timide violette préférée. Celle-ci était d'autant plus intéressante à observer qu'elle avait tendance à le fuir, au contraire des tulipes qui pointaient le bout de leurs pétales chaque fois qu'il faisait un pas.

Et Reita la violette se piquait aux épines empoisonnées de la belle rose Uruha.
D'ailleurs les lèvres du beau guitariste avaient la couleur d'une rose ayant tout juste éclos et répandant son parfum doucereux partout autour d'elle.

Reita s'écarta d'Uruha.

« Arrête de jouer avec moi, avec mes nerfs, avec mes sentiments ... »

Un éclat d'innocence naquit dans les yeux du beau blond, comme s'il ne se doutait pas du mal qu'il faisait à Reita, comme si tout cela n'était qu'un jeu d'enfant.
Uruha vivait sa vie comme il avait joué aux billes, enfant : un brin de stratégie, quelques beaux attributs pour épater sa galerie, et le tour était joué.

L'une des personnes qui le poursuivaient vint le chercher sur le toit, un sourire niais collé en travers du visage.

« Takeshima-san, ils vous attendent dans la salle. On vous a installé une barre de pole dancing. »

Uruha sourit, un sourire malicieux, de ceux qui faisaient trembler les mains de Reita. Il se pencha à l'oreille du bassiste et chuchota :

« Viens regarder comment je brille ... »

Reita regarda partir son étoile, sans laquelle son ciel ne paraissait plus aussi lumineux. Son océan de petites joies sans intérêt était terni par l'absence de la principale fleur du bouquet. Bien qu'il rejetât au maximum sa rose au parfum sirupeux, il en désirait tout autant la compagnie. Ses sentiments contradictoires lui donnèrent le tournis et il resta encore un moment accoudé à la balustrade forgée de ce balcon qui semblait conçu pour l'accueillir.

Quand il redescendit ce fut trop tard.

Uruha avait déjà commencé à danser. Sa chemise était complètement ouverte, sur sa peau de pêche, et en bas il ne portait qu'un mini short en cuir noir accompagné de porte jarretelles de la même couleur et d'une paire de bottines à bout carré. Il était beau comme le soleil qui se levait dans le ciel de Reita. Mais c'était un soleil empoisonné, un soleil au cyanure, parce qu'il était inaccessible : on se brûlait les doigts en essayant de le toucher, et on en ressortait détruit, mutilé, fini, comme Reita.

Reita sentit l'air lui manquer. Miyavi s'en aperçut et l'amena dehors, sous le regard narquois des autres spectateurs de la danse magnifique du démon au visage d'ange. Uruha lui-même souriait tranquillement, content de son petit effet.

« Je n'arriverai jamais à jouer un concert à ses côtés, non, plus maintenant ... Comment est ce que je vais faire ? Il me méprise, miyavi ... Dois-je mourir pour qu'il s'aperçoive que je souffre ? Dois-je en finir avec ma vie pour qu'il arrête de m'ensorceler ? Chacun de ses regards est douceur pure, chacun de ses gestes est sensualité, il respire la beauté. Je ne sais plus comment réagir, comment me comporter avec lui. Il faut que tu m'aide à me défaire de son emprise, il faut que tu m'aide à arrêter de l'aimer, parce que j'aime tout en lui : son corps, son esprit, sa voix, chacun de ses mots, le moindre des cheveux de sa tête, la couleur ambrée de sa peau, le caramel de ses yeux doux, ses lèvres telles des roses le matin avec juste quelques gouttes de rosée pour souligner leur beauté impétueuse. J'aime ses baisers, son souffle chaud dans mon cou quand il me charme à la manière d'un charmeur de serpents, je danse selon son rythme sans plus me préoccuper de qui je suis ou de la manière de laquelle je suis entrain de plonger, et je me noie de plus en plus chaque jour. »

miyavi ne sut quoi lui répondre, ses yeux inquiets, sérieux pour une fois, cherchant à capter son regard torve. Mais il évita délibérément de lui montrer à quel point il souffrait, à travers ses pupilles vides.

Soudain son attention dévia et se posa sur un point juste derrière le dos de Reita. Son expression se fit paniquée, le bassiste eut peur qu'un quelconque fan en délire ne soit venu les assassiner à l'aide d'un poignard. Il se tourna donc, et rencontra les yeux couleur caramel qui l'avaient fait sortir. Lesdits yeux étaient inquiets et désolés, une expression qui ne leur allait pas.

Alors Uruha ne savait vraiment pas à quel point Reita souffrait ? Il vivait dans une bulle dorée menacée d'éclater à tout moment, il préférait ne pas regarder la vérité en face. Ses yeux reprirent une expression neutre et il approcha du bassiste, pour lui caresser la joue, dans un geste d'infinie tendresse.

« Je ne veux pas que tu meure, espèce de dingue. »

Il s'approcha tout doucement, comme au ralenti, et déposa un baiser électrique sur les lèvres figées de Reita.

« Alors ne joue pas avec moi comme tu le fais.
-Tu aimes jouer, ne dis pas le contraire ... »

La bouche d'Uruha glissa lentement le long de la mâchoire du bassiste qui s'obstinait à jouer à la statue, pour aller chatouiller son cou. Bien que Reita essayât de garder une expression et une position sobre, ses mains tremblaient et son cœur battait si fort qu'il aurait pu jaillir de son corps et exploser en mille éclats scintillants.

« Tu me tues en faisant ça, Uruha ...
-Alors c'est que tu aimes mourir... Je ne sens aucune résistance, pourquoi arrêterais-je ? »

Reita sentit une larme brûlante de honte lui glisser le long de la joue. Ce fut Uruha qui la réceptionna du bout des lèvres, savourant le goût salé des larmes de celui qu'il aimait tant torturer.

Pour le bel androgyne, le bassiste était comme un pantin qu'il pouvait manipuler à sa guise. Mais c'était un pantin fragile : un faux-pas et il se briserait en milliers d'éclats de bois qui s'éparpilleraient sur le sol. Il pouvait tester la résistance des fils au bout desquels le pantin pendait, mais pas trop, non, surtout pas trop. Il ne voulait pas le détruire, pas de cette façon ...

« C'est un jeu cruel, Reita. Veux-tu jouer avec moi ? »

Reita retourna longuement la question dans sa tête, cette nuit là, ne parvenant pas à trouver le sommeil. Aux alentours de quatre heures du matin, la réponse s'imposa d'elle-même dans son esprit : bien qu'il ne voulût pas jouer avec Uruha, s'il voulait rester proche de lui il se devait de suivre ses règles, suivre le jeu.
Il se leva silencieusement, enfila un sweat-shirt en vitesse et alla taper à la porte de chez Uruha.
Celui-ci lui cria d'entrer, il était dans l'immense jacuzzi qui lui servait de baignoire. Reita entra et fila à la salle de bains.
Arrivé là-bas il eut un sursaut : seule la mousse cachait un minimum le corps d'Uruha. La moitié de son torse émergeait, comme une tâche de caramel sur un océan de crème anglaise. Uruha dans son bain était comparable à une île flottante. Et bizarrement Reita en aurait bien fait son dessert.

« Tiens, Reita. Aurais-tu finalement accepté de jouer ?
- ... Oui.
- Voudrais-tu me rejoindre dans mon bain, s'il te plait ? »

Reita déglutit. Ce revirement soudain de l'attitude d'Uruha, qui paraissait soudain tout guilleret, ne lui plaisait pas tellement. Il commençait à craindre un peu le bel androgyne et ses réactions imprévisibles.
Il se déshabilla rapidement et entra dans l'eau sans plus de cérémonie, sous les yeux attentifs d'Uruha qui n'en perdait pas une miette.

Le beau guitariste s'approcha lentement, comme un lion qui sait déjà qu'il a piégé la belle antilope et qui savoure la panique de celle-ci. Ses bras s'accrochèrent au cou de Reita, et enfin le fauve fondit sur sa proie, captura ses lèvres, dévora son hésitation et sa panique.

Uruha colla son torse trempé à celui de Reita, enserrant les cuisses du bassiste blond entre ses jambes puissantes. Le bassiste n'osait plus bouger d'un pouce, sa seule action jusqu'ici avait été de nouer ses bras autour du torse d'Uruha, comme pour l'empêcher de fuir, si jamais il avait été tenté de partir brusquement.

« Tu es à moi désormais ... » Chuchota Uruha au creux de l'oreille de Reita.

 

Uruha version Vampire

 

THE END.

 

Arisu~Cocaïne ®

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