Intermission.

Vendredi, 2h33. Je pense.

 

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Une cigarette. Un verre de vin. Un pauvre sourire qui ne veut rien dire. Une peur sourde au creux des entrailles. Comme un vieux relent d’une angoisse oubliée.

La boisson tourne dans le verre. Pas une goutte n’en sort. Elle est épaisse, obscure. Sa robe est belle. Les tournoiements de ce vin m’évoquent la danse d’une femme, dans une étoffe de soie noire. Ivre de volupté, elle tourne sans fin dans un tourbillon de sensations extrêmes. Sa bretelle glisse sur son épaule blanche, elle sourit, comme si ça n’avait pas d’importance.

Mes doigts me guident, dansent sur le clavier comme ils pourraient si bien danser sur une peau moite et sensible.

Cela faisait très longtemps. Trop longtemps. « Wild world » n’a pas bougé de l’étagère, la fin est proche pour elle, elle le sait, alors elle se cache. « Il y a la haine et c’est assez pour espérer » attend que je la caresse encore, que je lui impose ce désespoir sans fin qui est le sien, qu’elle conte, qu’elle vit avec son héros. Les autres se font toutes petites, attendant leur tour, avec appréhension, comme s’il ne devait jamais venir.

Des larmes de fatigue perlent à mes yeux, et pourtant je ne devrais pas dormir.

Fumer encore. Se réveiller.

 

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