2.

• Titre du RP : "Wherever you are."
• Forum : http://fukujuu.forumactif.com
• Personne qui RP avec moi : Reika Heartnetx
• Pairings : Kazuki (joué par moi-même)/Byô (joué par Reika)

(Petite remarque : les paroles qui viennent se caser un peu partout dans les posts viennent des chansons suivantes :

Une chanson de Dir en Grey dont je ne connais pas le titre (xD)
Love Song - Luna Sea
Wherever you are - One OK Rock

Et d'autres, je ne les ai pas toutes en tête o/

Encore un petit Kazuki/Byô, sur la même lancée que le précédent, et l'épisode 3 arrive, bien entendu o/ Enjoy, people !

 


 

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C'était un bien piètre euphémisme de dire que Byô avait été totalement bouleversé par sa rencontre avec Kazuki. Les semaines étaient pourtant passées, avaient quelques peut estompées ce sentiment d'inachevé en son coeur... Et pourtant. Pourtant il continuait de battre en son sein, ce sentiment si dérisoire ; cette envie insatiable de le toucher de nouveau, de l'embrasser et de lui faire l'amour. Mais Byô avait tellement l'habitude d'espérer, qu'au final, il n'attendait plus rien de cette petite futile lueur qui étreignait ses sens. Il se sentait résigner. L'infecté ne pouvait se permettre de tomber dans les bras de Kazuki une nouvelle fois ; parce qu'il savait que cela le mènerait à sa perte, que le chasseur le laisserait un jour une fois de plus pour contre... Il ne désirait pas vivre par deux fois la même éreintante douleur. Alors il devait lutter contre celle de ne jamais plus le serrer dans ses bras et lui chuchoter des mots tendres.

 

Par chance, lorsqu'il travaillait, son esprit arrivait à se libérer un tant soit peut de l'image de son bien aimé. C'est pour cela qu'alors qu'il parcourait les rues en direction de son endroit favoris, son cerveau était libre, vide. Aucune pensée superflue ne venait le déranger dans sa marche silencieuse. La nuit était tombées depuis plusieurs heures déjà, et la lune était haute dans le ciel. Les étoiles scintillaient comme jamais, et Byô s'interdisait de les regarder. Cela faisait maintenant une bonne heure qu'il avançait tranquillement en fumant cigarette sur cigarette. Sa mission venait de s'achever, il avait décimer un groupe entier de yakuza dans les bâtiments désaffectés ; ce qui n'avait pas été bien difficile en soit. Ce n'était pas pour rien, qu'il avait plusieurs fois était demandé pour rejoindre l'élite...Sans jamais accepter. Il ne voulait pas mettre ses capacités à disposition d'une cause qui ne lui était pas personnelle. S'il tuait des humains, s'était uniquement pour se donner mauvaise conscience, pour se convaincre qu'il était devenue une bête féroce - comme l'avait pensée Kazuki.

 

Quelques minutes seulement plus tard, Byô entrait enfin dans ce qu'il appelait "son repaire". C'était une vieille petite cabane usée qui tenait encore debout tout au fond de la décharge publique. Plus personne n'y mettait les pieds, car elle paraissait réellement inhabitable de l'extérieur. Pourtant, Byô l'avait rendu un tant soit peut cosy, avec le temps. Deux petit canapé double se faisaient face entre lesquels trônait une table basse en bois massif. Rien de plus ne tenait - l'espace devait faire en tout et pour tout, environ sept mètres carré. Mais malgré cela, s'était l'endroit où Byô venait se ressourcer. Il s'y allongeait lascivement, et observait les fissures dans le toit. Il fumait des paquets entier de nicotine, et buvait de l'alcool avec modération. Restait même encore quelques bouteilles de verre vide sur la petite table. Jamais personne ne venait le trouver là ; les gens n'avaient pas conscience qu'un si petit endroit aussi délabré puisse encore abriter une ambiance aussi reposante... Byô était bien le seul à pouvoir s'y sentir à l'aise, aussi... Ce n'était pas donné à tout le monde de trouver une maisonnette rongée par l'air du temps, à son goût. Faisant donc comme d'habitude, il retira ses chaussures et se laissa choir sur l'un des canapé - le rouge qui était le moins abimé. Une fois confortablement installé, cigarette calée entre ses lamelles de chaire, il monta sa main vers le plafond, comme s'il désirait saisir les toiles d'araignées qui y pendait. Puis, en une habitude qu'il n'avait jamais perdu, il se mit à chantonner doucement.

 

" Naze mata boku wa kimi no koto wo korizu ni ai suru no, Koushite boku wa aisuru koto wo wasurerarenai you da demo* "

 

Ces quelques paroles reflétaient l'état actuel de Byô, même si elles n'étaient pas totalement dirigées vers Kazuki. Son esprit arrivait à le refouler pour le moment... à contenir encore ses larmes - il avait pourtant quelques fois faillit craquer de nouveau. Mais tant que le chasseur serait loin de lui, il n'avait rien à craindre. Non... En effet, il pouvait réellement se sentir tranquille... Du moins... Il le pensait.

 

*Pourquoi n'ai-je pas apprit de mon amour pour toi ? Même après y être parvenue, je ne semble pas oublier cet amour - Dir en Grey.

 

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Les jours passaient et se succédaient sans que Kazuki ne puisse y trouver un sens. La seule chose qui le maintenait en vie était sa recherche de Byô. Les sentiments que celui-ci avait insufflé dans ses veines le torturaient jour et nuit. Il lui arrivait de se réveiller en plein milieu d'un cauchemar, submergé par la culpabilité. Il n'avait trouvé qu'une seule solution : son couteau papillon. Son bras gauche était orné d'une multitude de points, qu'il avait gravés à la pointe de son couteau. Les plus récents étaient encore pleins de sang, les plus vieux tournaient au violet, puis au blanc légèrement plus pâle que sa peau. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour exorciser sa douleur et sa haine. Haine qui n'était dirigée que contre lui-même. Combien de fois Hakuei l'avait-il retrouvé, après trois jours sans nouvelles, allongé sur son lit, les yeux fixés au plafond, une dizaine de bouteilles d'alcool vides éparpillées autour de lui et le bras couvert de petites croûtes rougeâtres ? Pourtant, il ne tentait pas de mourir. Non, il en avait envie mais se sentait horriblement lâche à chaque fois qu'il y pensait.

 

Ce soir-là, encore une fois, il arpentait les rues et tuait tous les vampires qu'il pouvait tuer, en espérant croiser le regard bleu perçant de Byô. Son amour le rendait complètement fou, et il ne voulait qu'une chose : pouvoir, encore une fois, quelques secondes seulement, effleurer ce visage qui hantait chacune de ses pensées. Son pistolet était un pistolet bas de gamme qui s'enrayait tout le temps, mais ça n'était qu'un remplacement : il espérait bien avoir mieux d'ici quelques jours. En attendant, les balles perforaient toujours aussi bien la peau des vampires, et c'était l'essentiel.

 

Kazuki remonta ses manches pour être plus à l'aise, laissant le courant d'air froid le glacer de haut en bas, lui donnant l'illusion qu'il était en vie. Il tua encore deux vampires et se dit qu'il ferait bien une pause. Alors il parcourut quelques rues, marchant sans but précis, jusqu'à tomber sur la décharge publique, dont l'odeur commençait à s'approcher de celle du hall de l'immeuble dans lequel il avait revu Byô. Se disant que c'était peut-être un coup du destin, il s'aventura prudemment entre les détritus et finit par trouver un petit coin tranquille : un vieux fauteuil défoncé dont il manquait un morceau de dossier, non loin d'une cabane qui semblait abandonnée. Une petite maisonnette qui devait faire 7m carrés à tout casser, et que Kazuki observa de loin, un moment. Puis, il s'assit sur le fauteuil et regarda autour de lui. Un sourire éclaira son visage lorsqu'il vit qu'une guitare sèche à laquelle il ne manquait qu'une seule corde était posée sur le côté d'un tas d'ordures.

 

Il s'en saisit et gratta quelques accords au hasard. Il n'avait pas joué depuis bien longtemps. Des mois, en fait. Depuis qu'il avait revu Byô. Alors il avait l'impression que ses doigts, que la corne ornait toujours, étaient très engourdis. Mais c'était agréable, ce contact familier, ces cordes froides qui le brûlaient. Rapidement, il l'accorda et gratta encore, jusqu'à trouver quelque chose qu'il aurait envie de chantonner. Et finalement, son choix se porta sur une chanson qu'il avait toujours adorée : Love Song, de Luna Sea. Mentalement, il dédia les paroles à Byô, puis se mit à chantonner. Sa voix n'était pas toujours très juste, mais globalement très belle, grave et rauque.

 

- Hitori kiri janai shinji rarenai mada mayotte

 

Kimi wo shiru made sou jibun sae mienakatta

 

Hitori de aruita kizukanakatta kono mabushisa

 

Subeteto fure au koto sou naze ka kowakute

 

 

I miss you kimi no hitomi

 

I love you ukande iru...

 

(Je ne peux toujours pas croire

Que je ne suis pas seul

J'en doute encore

Je ne pouvais même pas me voir

Avant que je ne te rencontre

J'avais l'habitude de tous faire moi-même

Et je n'ai même pas vu cette lumière aveuglante devant moi

J'avais peur de te serrer dans mes bras

[Tu me manques] Je peux toujours voir

[Je t'aime] tes yeux...)

 

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Mais alors que les dernière parole de la chanson qu'il murmurait résonnèrent dans la petit maisonnette, sa main retomba violemment contre son corps, ses yeux se mirent à fortement lui piquer et son teint devint plus blanc encore qu'à l'accoutumée. Derrière cette porte, à quelques mètres, des sentiments battaient leur plein. Une voix qu'il serait reconnaitre entre mille s'élevait, douce mais cassée, et ... des accords de guitares, dont il connaissait la moindre particularité. Il devait être tomber dans un autre de ces cauchemars... ce n'était pas possible autrement. Cette voix ne pouvait pas réellement émaner de derrière cette porte, ni même les sons doucereux mais pleurant de cette guitare. Il hallucinait, ou alors s'était-il insidieusement endormit ? Tout pourvue que ce ne soit la réalité, en cet instant... Tout mais pas ça ! Pourtant la main qu'il porta à son visage, essuyant les larmes meurtrières qui coulaient sur ses joues, étaient bien réelles. Ce liquide lacrymale même, était lui aussi d'une véracité sans faille. En effet, ses doigts se mouillait de plus en plus... Portant ces derniers à sa bouche, le goût salée de ses pleures était aussi amer... Amer car plus que jamais authentiques. Ce n'était pas un rêve fou, source de ses tourments intérieur qui se jouait... C'était la vie, la vrai.

 

Comment faisaient-ils pour toujours se retrouver ?

 

Le destin... Byô commençait à autant y croire que son tendre amour... Par deux fois, désormais, ils venaient à se retrouver au même endroit. Des mois s'étaient écoulés, pourtant... Alors étaient-il vraiment destiné à toujours être de nouveau confronté l'un à l'autre ? Le brun avait l'entière possibilité de décider de leur sort. Il pouvait se taire et continuer à pleurer en silence, ou bien sortir et l'affronter encore une fois. Quel choix pouvait-il bien faire ? Il était déchiré, le dilemme était bien trop dur... S'il passait le pas de cette porte, plus jamais son existence vampirique ne serait identique... Ses larmes prouvaient à elles-mêmes qu'il était sur le point de craquer, de faillir à ses propres principes qu'il s'était fixés. Mais comment faire, quand l'amour vous ronge ? Comment survivre alors que cet amour est réciproque ? Alors même que la rancune, n'arrive plus à prendre le pas sur le reste ! C'était pour cela, qu'il s'était enfui, dernièrement... Parce qu'il l'avait sentit s'évaporer doucement... Voguer autour de lui sans vraiment l'atteindre pour laisser d'autres émotions l'envahir de toute part. Ces traites sentiments qui selon lui, n'avaient plus de raison d'être... Et pourtant... même après l'avoir revu puis punit, sa souffrance n'arrivait pas à s'atténuer...

 

Byô, chancelant, se redressa pour mettre pied à terre et finalement se relever. Il resta de longues minutes ainsi, pantelant, à réfléchir aux choix qu'il devait faire... A la porter de ce choix, à ces conséquences. Sa raison lui criait de ne pas sortir, son coeur hurlait tout le contraire. Qui donc laissait primer sur l'autre ? La raison avait-elle un réelle rôle à jouer dans toute cette histoire ? N'était-elle pas juste l'obstacle qui l'empêchait de se laisser convaincre de retourner auprès de Kazuki ? Certainement... Mais il s'en fichait, au final. Seul l'amour qui faisait vibrer son coeur et vrillait ses sens lui importait véritablement à ce moment même. Il n'effaça pas ses larmes, il ne tenta pas de paraitre droit et fort, ni même fier... L'amour qu'il portait à Kazuki le dévorait par tout les pores... Il ne pouvait plus le dissimuler ; c'était une insulte envers lui-même. Alors dicté par la seule force de son âme, des émotions déferlant en masse en son sein, il avança jusqu'à la porte. Posant sa main sur sa poignet, aucune hésitation ne fut permit. Il actionna le mécanisme, et ouvrit enfin, doucement. Comme il l'avait prédit, Kazuki était bien là. Assit à quelques mètres, guitare entre les mains, il chantonnait les paroles que longtemps, ils avaient dégustées ensemble. Le plus jeune ne l'avait pas remarqué, il était totalement plongé dans son jeu. Byô ferma alors la porte, et se laissa glisser contre. Les larmes ruisselaient avec silence sur ses joues rougies. Cette fois-ci, sa gorge était sèche, serrée... Et il dût s'y reprendre à deux fois avant de pouvoir continuer sur le même air que Kazuki, aussi fort qu'il le pouvait, pour que l'autre puisse l'entendre.

 

"So kimi wo aishiteru Love Song Together

Sou kimi wo hanasanai

 

Hitori kiri janai shinjite itai hanarete itemo

Ne aitai toki wa kono uta wo dakishimete

 

I miss you itsu no hini ka kono yume wo

I love you mou ichido"

 

 

(Je t'aime tant, Chanson d'amour partagé

Alors, Je ne te laisserai jamais t'en aller

Je veux continuer à croire, Que je ne suis pas seul

Même si nous ne pouvons pas être ensemble comme avant

Si je te manque toujours, Serre tendrement cette chanson contre ton coeur...

Tu me manques, Nous referons ce rêve.

Je t'aime... Encore.)

 

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Ce devait être un rêve. Un horrible cauchemar, ou bien un délicieux rêve, Kazuki ne parvenait à le déterminer, mais ce dont il était sûr, c'était qu'il rêvait. Byô ne pouvait être là. Il ne pouvait chanter avec lui, comme auparavant. Ça n'était pas possible. C'était forcément le fruit de son imagination délurée. Mais à mieux y regarder... Byô pleurait, et sa voix tremblait. La guitare lui blessait le bras. Son poignet le démangeait et lui faisait mal, suite à ses dernières scarifications qui dataient de la veille au soir. Les ordures puaient toujours autant, et le fauteuil sur lequel il était assis était toujours aussi défoncé. Non, c'était bien la réalité. Le souffle lui manqua.

 

Il posa la guitare à côté du fauteuil mais ne se leva pas, trop estomaqué pour parler ou bouger. Comme sur celui de son amour, les larmes se mirent à ruisseler sur son visage, et son souffle accéléra, après s'être coupé. Les sanglots ne tardèrent pas à venir, et il se mit à presque haleter, à travers ses larmes. L'amour l'étouffait, et la joie et la tristesse tourbillonnaient dans son coeur, effrénées, incroyablement puissantes. La culpabilité, plus puissante encore, frappait dans sa poitrine, comme si elle voulait le faire exploser. Son coeur, qu'il croyait en cendres, était douloureux et menaçait d'aller se jeter contre les murs en traçant dans le sang le nom de Byô. Ces sentiments étaient siens, et ils étaient aussi ceux que Byô avait insufflés en lui.

 

Il se mordit violemment la lèvre en tentant de faire ralentir son souffle, tandis que sa vue se troublait et que le monde se couvrait de petits points noirs. Il devait à tout prix rester conscient. Regarder le visage de Byô à en perdre la tête, s'en gaver, s'en saouler, et ne jamais l'oublier. De toute façon, il ne pouvait pas l'oublier. Mais c'était cette expression qu'il voulait graver dans son esprit. Ces larmes, ces larmes d'amour si intenses. Si douloureuses. Aussi sadique que cela puisse paraître, il voulait garder dans son esprit l'image de Byô le pleurant, et le voulant encore. Afin de reprendre un peu de contact avec la réalité, il décida de se lever et de faire quelques pas. Mais, à mi-chemin, il s'effondra et décida de rester assis sur le sol poussiéreux. Cela valait mieux. Il mourait d'envie de toucher Byô, mais cela ne faisait aucun doute que l'envie n'était pas partagée. Du moins c'était ce qu'il pensait.

 

Il essaya néanmoins de se traîner plus près. Lorsqu'il abandonna la course, il n'était qu'à environ un mètre de Byô, et avait parcouru les derniers mètres en se traînant à genoux. Son pantalon était couvert de poussière, et ses yeux brillaient de larmes. Son souffle reprit un rythme plus normal, mais il ne cessa pas de pleurer. Et, lorsqu'il voulut parler, le son se coinça dans sa gorge. Alors il décida de se remettre à chantonner. Il mit quelques secondes pour retrouver un semblant de voix, mais finit par arriver à chantonner, tout bas :

 

- So kimi to tsutae tai Love Song Together

 

Sou kimi to itakatta

 

Sou kimi wo aishite ru Love Song Together

 

Sou kimi wo kono ai wo wasure nai

 

 

Love Together...

 

 

Et lorsqu'il eut fini, il était à bout de souffle. Il trembla un instant puis réussit à fixer son regard dans celui de Byô, désespérément. Il tenta de sourire, mais ne parvint qu'à esquisser un semblant de sourire, si loin de son véritable et innocent sourire. Sur son bras gauche, des lignes de petits points à différents stades de cicatrisation appelaient l'oeil. On aurait pu croire qu'il s'agissait de tatouages, mais ça n'était pas exactement cela...

 

- Je désespérais de te revoir... chuchota Kazuki en contractant ses doigts dans la terre sale, comme s'il avait voulu frapper quelqu'un.

 

Lui-même, sans doute. S'il avait pu, il se serait auto-flagellé. Mais il n'avait pas de fouet, alors il avait fait avec les moyens du bord. Il ne se lassait pas de contempler le visage de Byô, qui lui manquait tant, et qu'il aimait à en devenir fou. Ce visage si fin, cette peau si douce qu'il connaissait par coeur et qui lui avaient tant manqué...

Et enfin, il les revoyait. Enfin.

 

 

 

(Alors je veux faire voyager cette chanson d'amour partagé avec toi

Je voulais être ici à tes cotés...

Oui, je t'aime toujours

Chanson d'amour partagé

Et non, Je ne t'oublierai jamais

... Ni ton amour

 

S'aimer ensemble...)

 

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Byô observait derrière le flot des ses larmes trop longtemps gardées pour lui-même, les mouvements incessant de son ex-amant. Il le voyait tenter de l'approcher, de plus en plus, avec difficulté. La marche vers le détenteur de ses sentiments semblait semer d'embuche qu'il arrivait à combattre pas à pas... Ses sentiments dégoulinaient sur chaque déchets sur lequel il tombait, ou s'accrochait, pour parvenir à son but. Ils voguaient dans les airs en une vague omniprésente et étouffante. Sans même y avoir pensé, en transmettant multitude de sentiments à Kazuki, il les subissaient lui-même. L'empathie dont il faisait preuve était tellement forte qu'il se serait crût à cet instant même dans le corps du plus jeune. Les larmes de Byô ne pouvaient alors que continuer à couler inlassablement, continuant encore et encore à meurtrir ses joues déjà colorés par les précédentes. Voir l'amour de sa vie ainsi ramper jusqu'à lui, rien que pour le soulagement de le voir, lui faisait bien plus mal qu'il ne l'avait crût. Mais il était tout aussi heureux qu'il souffrait ! Parce qu'il avait enfin ce qu'il voulait ; la douleur de Kazuki était plus intense encore que la sienne, et dévorait les entrailles de son propriétaire de jour en jour, s'immiscent dans le moindre de ses organes pour y laisser naître la plus destructrice des maladies – l'amour... Celui fou et indomptable qui brûle le cœur et torture l'âme à jamais. Celui qui engloutit peut à peut la conscience vers les abysses de l'esprit et qui décortique les sens pour les amplifier. Ainsi, une caresse pouvait flétrir l'épiderme, une parole pouvait anéantir l'oreille interne, un goût pouvait donner envie de se sectionner la langue, et une image... pouvait rendre aveugle. Aveuglé par les larmes, Kazuki l'était tout autant que son bourreau. Elles affluaient sans mesure sur sa peau rester douce, infantile. Byô avait complètement réussit sa mission personnelle. Le plus jeune suait la douleur par tout les interstices de son épiderme, et ses paroles chanter d'une voix rauque dégoulinaient de mélancolie à l'état pur, brut, sincère. Il avait annihilé son être tout entier, rien que par la force d'une peine existante qu'il n'avait fait que multiplier. Byô était le pire des lâche, au final. Ce n'était que par la force de ce qu'il était devenu qu'il avait réussit à faire de Kazuki ce qu'il désirait ; une poupée reliées par les fils du destin à ses doigts, avec laquelle il jouait infatigablement. Une poupée de chaire et de sang, qui lui appartenait tout entier et dont le sort ne résidait désormais plus qu'entre ses propres mains.

 

Le vampire ne savait que faire. L'enlacer ? L'étrangler ? L'embrasser ? L'embraser ? Se plaindre ? Geindre sa haine encore une fois ? Le mordre, l'achever ? Cajoler son corps ou bien le mutiler ? Les dilemmes étaient multiples et totalement invraisemblable. Byô avait toujours sût qu'il devait faire souffrir son amour, mais n'avait jamais pensé à la suite... Il n'avait jamais crût le revoir après pareil chose... Et aurait encore moins pût deviner que Kazuki aurait tout fait pour le revoir une nouvelle fois. Alors que ses orbes se portaient sur le ciel, pour derechef s'en éloigner et ainsi se détourner de toute ces choses qui lui rappelait l'être en face de lui... Il étouffa un dernier sanglot. Pleurer était bien inutile, trop de larme lui semblait être verser en cette nuit et Kazuki aurait dût être le seul à pouvoir accéder à ce droit. Lui n'avait normalement pas la possibilité de craquer ainsi devant son ex-amant... mais son âme s'en était saisit contre son grès, de cette possibilité. Elle ne lui avait pas laissé le choix. Finalement, lui même était rongé de part cet identique amour... Parce que cette voix avait enrailler son ouï, et continuait de l'agresser. Vivement, il porta ses mains contre ses oreilles pour cesser de l'entendre... Ayant clos fermement ses yeux, il tentait de conserver son esprit concentrer sur autre chose que son amant... Mais s'était bien trop compliqué, bien trop ors de sa portée. Ses orbes s'ouvrirent alors pour se poser sur le bras blessé de Kazuki... Ces traces, il aurait pût les reconnaître entre mille ; lui aussi avait utiliser ce genre de pratique pour palier à sa douleur, avant... mais cela s'était avéré tellement inutile qu'il avait vite cessé ce procédé. Ses prunelles remontèrent alors jusqu'à son épaule, puis sur les courbes délicate de sa mâchoire, de ses lèvres, de son visage entier pour finir ancrée dans les siennes. Son corps tout entier tremblait et il replia ses jambes contre son torse pour amoindrir ce phénomène. Sa tête reposait désormais sur ses genoux, mais ses yeux ne lâchaient pas ceux de Kazuki. Kazuki qui pouvait aisément constater son état, ses mains serrer sur le tissus de son pantalon, et ses lèvres grelotantes.

 

« Pourquoi faut-il que tu te retrouve toujours sur mon chemin ? Quoi que je fasse, tu sera toujours là. Dans ma tête ta voix, la sensation de tes mains sur mon corps, de tes lèvres sur ma peau, et le goût salée de ta sueur, éternellement dans ma bouche. Je me couperais les mains, la langue. On me lobotomiserais ou même me dépècerait que j'aurais encore toutes ses sensations ancrées dans mon âme. Autant ancrée au moins que la haine, la rage et l'amertume que je te porte. Tu ne sors pas de ma tête... Kazuki. Je veux que tu meurs, dans mon esprit, pas sur cette terre. »

 

Byô se mit à se balancer d'avant en arrière, frappant le dos de son crâne contre la paroi sur laquelle il prenait appui. Oui... Se le sortir de la tête au plus vite, ici, maintenant, à jamais, pour toujours ! TOUJOURS ! Se le retirer, se l'extirper, le jeter aux ordures à même titre que cette vieille guitare usagée !

 

« Tue-moi... »

 

Ne plus vivre. Désirer mourir à son tour pour faire mourir Kazuki de son esprit. Puis chanter, haut et fort, l'amour qu'il lui porte et qui le ronge.

 

«Light me up a cigarette and put it in my mouth

You're the only one that wants me to die

And I can think of a thousand reasons why

I don't believe in you, I don't believe in you and I

 

I'm Not Yours anymore. »

 

 

(Allume-moi une cigarette et met la dans ma bouche

Tu es le seul qui veuille que je meurs

Et j'ai mille raisons de me demander pourquoi

Je ne crois pas en toi, je ne crois pas en toi et moi

Je ne suis plus à toi désormais)

 

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C'est sans doute précisément à ce moment là que Kazuki dérailla complètement. Les minces filaments qui maintenaient encore sa conscience se rompirent. Si Byô ne retirait pas de son coeur les sentiments qu'il y avait fait proliférer, le jeune hunter allait véritablement devenir dingue. Mais il l'était déjà un peu. Un peu trop. Fou d'amour, sans doute.

Alors il avança, à quatre pattes, s'écorcha les mains sur la terre et les essuya sur son tee-shirt, parcourut à genoux les centimètres restants, et s'effondra près de Byô. Là, il lui prit la main, posa l'autre sur sa joue et lui parla à quelques centimètres à peine de ses lèvres. Un murmure, à peine un souffle, et sa voix tremblait. Elle tremblait terriblement. Parce que ce qu'il allait dire allait sans doute le condamner à la solitude, encore. La solitude, toujours. Et à la folie.

 

- Non. Jamais. (Il prit la tête de Byô entre ses mains pour l'empêcher de la cogner contre le mur) Jamais, tu entends ? Jamais. Jamais je ne pourrais te toucher, te faire de mal. Je préfère rester fou, je préfère mourir de solitude, mourir d'amour pour toi, et que tu vive en m'ayant oublié. Tu peux le faire, Byô ? Tu peux annihiler tes propres sentiments ? Je ne sais pas si tu le peux. Mais je voulais te dire... je voulais te dire... que je t'aime. Que ton pouvoir n'y est pour rien, que tu n'as fait que souffler sur des braises déjà brûlantes, flamboyantes, des braises qui ont réduit mon coeur à l'état de tas de cendres. Moi aussi je me souviens, je me souviens de tout, du début à la fin. Et oh, j'ai si mal. Mal de t'avoir fait ça. Je ne voulais pas... je voulais... Je voulais que tu reste avec moi. Mais j'avais peur, Byô. J'avais peur que tu ne veuille plus de moi, j'avais peur que tu ne m'aime plus, et j'ai été bête, Byô, je te demande pardon... Je me souviens du toucher de tes doigts, de la saveur de ta langue, je me souviens de tout, et je pleure, et je ne peux pas m'arrêter. Et je voudrais mourir, mais mourir de ta main, oh mon amour, je t'en supplie... Ne souffre plus, ne souffre plus jamais. Si ça pouvait te soulager, je mourrais, Byô. Je t'apporterais ce que tu veux, mon coeur, mon sang, la tête de tous les hunters sur un plateau, la lune, les étoiles, le ciel, le monde, l'univers... Je te donne tout, tu peux tout prendre. Je ne peux plus, c'est trop, j'étouffe. C'est juste ton visage. Ce sont tes larmes. Ce sont elles, elles me tuent. Ne souffre plus, mon amour. Vis. Si tu dois trouver quelqu'un d'autre pour être heureux, vas-y. Si tu veux me faire souffrir, me torturer, vas-y. Si tu veux me reprendre, vas-y. Fais ce que tu veux, tout ce que je veux c'est te voir sourire. Je t'en supplie, souris...

 

Après ces derniers mots, il s'effondra littéralement et lâcha Byô pour prendre le même genre de position, cachant son visage dans ses genoux qu'il avait entourés de ses bras, comme un enfant apeuré.

 

- Si tu savais... Si tu pouvais seulement imaginer combien je m'en veux... Si tu pouvais seulement voir en moi à quel point je t'aime, et à quel point je ne veux que ton bonheur...

 

Sa voix s'éteignit, et il se remit à haleter. C'était la panique, et c'étaient les larmes, qui avaient cet effet sur lui. Ça avait toujours été ainsi. Un jour, il était rentré à l'appartement, les yeux pleins de larmes et le souffle erratique, parce qu'il avait croisé un type qui l'avait coursé durant tout son trajet de retour. Byô avait mis près d'une heure pour le consoler et revoir un sourire sur son visage. Il avait dû chanter, et user de tout son talent pour qu'enfin le flot de larmes se tarisse. Mais là, Kazuki était seul. Personne à qui se confier, aucune épaule sur laquelle pleurer, hormis celle qui ne voulait plus de lui. Celle de Byô, la seule qui lui était nécessaire.

 

Il en était maintenant persuadé. Même si Byô retirait les sentiments exacerbés qu'il avait placé en lui, la douleur serait la même. Il le savait, au plus profond de lui, car son esprit aiguisé faisait encore la distinction entre le faux et le vrai. Et c'était le vrai qui était le plus douloureux. La perte de Byô, ce qu'il avait fait... Ça le torturait.

Et il n'était pas loin de lâcher prise.

 

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Byô avait les yeux exorbités. Il ne pouvait plus bouger, comme tétaniser par les deux mains de Kazuki qui entouraient son visage. Kazuki qui déblatérait désormais des mots que le vampire n'aurait jamais désirer entendre encore... Des mots destructeurs de sa volonté, de ses bonnes résolutions, de ses principes. Des mots trop profond, trop sentimentale, trop déchirant qui le prenaient aux tripes pour les retourner, les emmêler, les sectionner et ne jamais les raccommoder. Et ce flot ne semblait jamais vouloir se finir, le plus jeune continuait de le violenter de ses paroles encore et toujours, enfonçant encore plus le couteau de l'amour dans sa plaie déjà trop vive. C'était des excuses, des plus belles et de celles qui pourraient tout changer, tout faire basculer. De celles qu'on cherche à entendre mais qu'on voudrait faire taire, quand elle vienne enfin à nous. Byô aurait voulut se boucher encore les oreilles pour ne pas avoir à affronter la culpabilité au combien si forte de son amour. Parce qu'il était heureux. Heureux de constater que même au delà des sentiments qu'il lui avait inculqués, Kazuki s'en voulait réellement. Il pensait mot pour mot ce qu'il lui disait là, et Byô aurait sans aucun doute pût craquer, lui sauter dans les bras, l'étreindre longuement, baiser sa peau brulante de larmes, caresser ses cheveux emporter par la douce brise nocturne. Mais il n'en fit rien... Parce que s'était mal, de désirer agir ainsi. Byô se battait contre lui même pour ne pas céder à ses soudaines envies de passion. Son ex-amant ne méritait aucunement qu'il accède à chacune de ses requête. Alors il ne le tuerais pas. Alors il ne le reprendrait pas. Alors, au final, il ne savait quoi faire. C'était toujours ce même conflit intérieur qui prenait place en son sein pour ne pas le quitter, jamais. Et cette indécision permanente.

 

Il ne devait plus douter.

 

L'infecté s'avança alors jusqu'à Kazuki, entoura de ses jambes sont corps, passa ses bras autour de lui, et posa son front contre le haut de son crâne. Ainsi, une bulle venait de se refermer autour du plus jeune, et de les emporter ensemble, vers le monde de leur souffrance commune. Byô tremblait tout autant que son vis-à-vis... Il n'y avait que les larmes, que lui n'avait plus. Dans cette position, Byô pouvait enfin réfléchir convenablement et prendre une décision. Il ne pouvait pas se laisser plonger avec Kazuki plus longtemps que cela. Il aurait pût partir, s'enfuir, mais il avait comme la ferme impression que même s'il faisait cela, il recroiserait un jour le chemin de son amour. Finalement, peut-être bien qu'ils étaient tout deux reliés par le fil du destin.

 

D'une voix non assurée, Byô prit la parole. Il avait encore bien des choses à mettre au clair avec Kazuki, avant de prendre une quelconque décision. Et pendant que ses mots prenaient le chemin des oreilles de Kazuki, ses doigts se serraient violemment sur le tissus du haut de ce dernier.

 

« Je le sens, tout ça, Kazuki. Ce n'est pas comme si je l'ignorais...J'en suis pleinement conscient, même. Mais mon bonheur s'est envolé avec toi le jour où tu m'as quitté et ne reviendras sûrement jamais. Ce n'est pas ta soudaine présence dans ma vie qui y changeras quoi que ce soit. Ce n'est pas non plus ta mort, qui changeras cela. Tu pourrais te plier en quatre pour moi, céder à tout mes caprices, ou bien abandonner ton titre que je serrais encore malheureux. Tu n'effaceras jamais le mal qui tu m'as fait et continue de me faire... Toutes tes excuses ne seront jamais suffisante pour panser mon cœur déchiqueté. Même la plus puissante des étreintes, le plus intense des amour, et la plus grande des culpabilité ne pourras faire disparaître l'œdème de mon âme. »

 

Il marqua une courte pause durant laquelle ses doigts se crispaient compulsivement dans le dos de Kazuki. Il fermait avec force ses paupières pour tenter de trouver en cet instant même, une solution.

 

« Je t'aime aussi. Aussi fort que jamais. Mais notre amour est torturé, invivable. On mourra l'un comme l'autre de s'être trop épris. Je ne sais comment guérir. Il n'y a pas d'échappatoire à ma douleur comme il n'y en as pas à notre amour. Même la mort ne suffirait pas à te faire disparaître... Je sais que là haut même, tu me poursuivras. »

 

Byô prit une grande inspiration avant de conclure.

 

« J'ai notre destin entre mes mains, mais je ne sais quoi en faire. »

 

_________________

 

Puisqu'il n'arrivait plus à réfléchir convenablement, Kazuki ferma les yeux, le front toujours posé contre celui de Byô. Il tenta de se souvenir, sans pleurer plus, de leurs moments ensemble, les plus beaux, les plus doux. Des bras de Byô autour de lui, un peu comme à cet instant. De la simplicité de leur relation. De leurs sourires. De leurs longues conversations, et de leurs étreintes enflammées. Un très léger sourire filtra le rideau de ses larmes. Il se souvenait de tout, sans exception possible. Chacun des moments passés avec Byô était gravé dans son esprit et son coeur. Y compris le moment où il lui avait dit "je t'aimerai jusqu'à ce que je meure, ou que je perde la raison". Malheureusement, Kazuki avait cru que ce moment était venu, lorsqu'il s'était transformé en vampire. Et ça n'était pas le cas. Ç'aurait été tellement plus simple si ç'avait été le cas. Le jeune hunter aurait été le seul à se torturer, à souffrir, peut-être le seul à mourir d'amour. Byô l'aurait froidement repoussé, et il serait parti. Mais là, ils avaient une douleur égale. Une seule, une minuscule chose, tournait dans l'esprit de Kazuki : il devait l'embrasser. S'ils s'embrassaient, ils sauraient. Ils sauraient si c'était encore possible. Ils s'étaient déjà embrassés, sur le toit de l'immeuble, mais leur douleur était si grande, et Byô s'était enfui. Il fallait que ce soit Byô qui l'embrasse. Mais comment faire pour qu'il le fasse ?

 

- Byô, mon amour... Je ne peux pas m'empêcher de t'appeler comme ça. C'est ce que tu es, pour moi, et c'est ce que tu seras toujours. Nous souffrons, mon amour. Nous souffrons tellement. Et tout ce que je veux c'est que tu sois heureux. Alors je vais te proposer quelque chose...

 

Il garda les yeux clos et se rapprocha très légèrement, pour effleurer du bout des lèvres celles de Byô. Vraiment très doucement, il recula à nouveau, et enlaça son cou. Il se mettait quelque peu en danger en faisant cela, et en était pleinement conscient. Car Byô pouvait choisir de partir, de le laisser encore une fois. Et ç'aurait été totalement juste, étonnamment, puisque c'était Kazuki qui était parti le premier. C'était lui qui, le premier, avait abandonné celui qu'il aimait. Alors qu'est-ce qui empêchait Byô de faire la même chose ? Rien du tout. Le coeur de Kazuki accéléra. Pour la première fois depuis bien longtemps, il avait peur. Peur de ce que pourrait dire Byô, peur de ce qu'il pourrait faire.

 

- Je sais que tes plaies, celles que je t'ai faites, sont profondes. Elles sont sans doute purulentes, et très douloureuses. Je le vois dans tes yeux. Alors laisse-moi... laisse-moi essayer de les panser. Byô, je t'aime à en devenir fou, je t'aime, je t'aime et je te connais par coeur. Tu es resté le même, celui que j'ai aimé au premier regard. Laisse-moi essayer, je t'en supplie. Je ne peux te promettre d'y arriver, mais ces blessures, c'est moi qui les ai causées. Alors je t'en prie, laisse-moi réparer mes erreurs, laisse-moi essayer. Laisse-moi tout simplement t'aimer...

 

Ses yeux suppliaient et se refusaient au regard perçant de Byô. Il avait trop peur de sa réaction. Mais après tout...

Une image se formait dans son esprit. L'image de lui-même, allongé sur une table d'opération, le coeur et les entrailles ouverts, l'esprit morcelé pour que l'on puisse le lire. Et Byô était dans le rôle du chirurgien. Il avait le droit de vie ou de mort sur lui, sur sa conscience, sur son coeur et son âme. Il avait tous les pouvoirs sur leur destin à tous les deux.

 

_________________

 

Brûler ces lèvres. Brûler ces mots. Brûler cette tentation inévitable. Brûler son propre cœur. Brûler son esprit. Tout réduire en cendre pour mieux disparaître, n'être plus que quelques gênantes poussières. Mais avant tout... L'embrasser de son âme, par un baiser salvateur ou bien fuir au loin et s'effacer dans l'obscurité. Se laisser engloutir par la nuit une seconde fois et le tuer à nouveau. Byô n'avait de cesse d'enfoncer ses ongles dans son dos, de serrer le tissus de son haut, de fermer ses yeux pour ensuite les rouvrir ; Kazuki fuyait son regard. Tant mieux. Lui fixait maintenant avec acharnement ces deux croissants de chaire charnues et sensuelle qui n'arrêtaient pas de l'appeler. S'en devenait presque obsessionnel, tellement l'envie de presser ses lèvres contre les siennes étaient intense. Le vampire se retenait tant bien que mal, concentrant comme il le pouvait son esprit sur les dires du plus jeune... Mauvaise idée. C'était trop difficile, de constater que Kazuki lui faisait de la résistance... Qu'il essayait de le convaincre de lui tomber dans les bras. La solution qui lui proposait été en plus, si attirante qu'il se demandait même comment il arrivait à ne pas céder derechef.

 

Ses mots. Ses lèvres. Ses mots. Ses lèvres. Ses mots. Ses lèvres. Ses mots. Ses lèvres. Ses lèvres. Ses lèvres. Ses lèvres ; Kazuki venait tout juste de se taire. Seul le silence pénétrant de la nuit demeurait, ainsi que le bruit du vent qui caressent les feuilles des arbres. Délicatement, Byô réduisit le peut d'espace qui résidait encore entre leur deux corps tremblant, et scella leur bouche en une tendre caresse. Le baiser fut furtif, ne durant qu'une petite fraction de seconde... Mais l'avant goût de ces lèvres si sucrées et appréciable était tel que Byô savait déjà, qu'il l'embrasserait à nouveau... Dans peut de temps. Avant, il se devait de parler, de chuchoter, de murmurer... D'une voix suave, chaude... De celle qu'il avait eut l'habitude de prendre, avant, quand il désirait rassurer son amant.

 

«Tu es si beau, mon ange...»

 

L'une de ses mains vint s'échouer sur sa joue, l'autre remontant le long de sa colonne vertébrale pour caresser sa nuque, ses cheveux.

 

«Le même, tu n'as pas changé»

 

Le bout de ses doigts retraçait la courbe de sa mâchoire.

 

«Tes mots sont toujours aussi doux, amoureux. Tu as toujours sût mieux exprimer que moi tes sentiments. J'aimais tellement... quand tu te blottissais contre moi, après l'amour, et que tu murmurais à mon oreille que tu m'aimais...et que... tes lèvres effleuraient doucement ma peau»

 

Encore une fois, il annihila la distance infime qui les séparaient et posa ses lèvres sur celles de Kazuki. Il mit cette fois ci, plus d'avidité dans leur baiser, l'approfondissant en appuyant légèrement sur sa nuque. Ses dents mordirent légèrement sa lèvre inférieur pour l'inciter à entrouvrir la bouche, et le laisser mener le plus beau des balai. Leur langues se retrouvèrent alors, s'appréciant comme jamais elles n'avaient pût le faire avant. Le baiser était désespéré, remplit d'émotions, amoureux. Plein d'espoir. Mais Byô se dégagea de leur étreinte et recula rapidement pour retourner coller son dos contre la porte. Ses yeux perdues et vide étaient plongés dans ceux du brun. Avec vitesse, il reprit la parole aussitôt qu'il fut éloigné de son ex-amant.

 

«Je ne peux pas, Kazuki. Tu m'as fais mal... et je sais que tu es sûrement le seul à pouvoir réparer cela mais... J'ai trop peur. Tu me terrifie totalement. Ta présence est trop précieuse... Je ne peux pas retourner à tes côtés et m'imprégner d'habitude qui s'évaporeront sûrement un jour. Je n'ai plus confiance... Jamais... Plus jamais je ne veux être abandonner... et encore moins par toi, une seconde fois. C'est impossible... Plus jamais... Jamais... Confiance... Jamais !»

 

Ses pensées se désordonnaient au fil de ses paroles, et Byô prit sa tête entre ses mains pour tenter d'y remettre de l'ordre, mais rien n'y faisait. Parce qu'il savait qu'il aurait dût lui céder pour aller mieux... Mais qu'il avait une horrible hantise qui l'empêchait d'accepter.

 

Kazuki l'avait brisé. Il devrait se battre, pour grappiller un peut de sa confiance, et le récupérer.

 

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La sensation de sa langue dansant avec celle de Byô était plus que délectable. Il adorait cette douce chaleur qui s'était répandue en lui. Et la fin du baiser vint trop tôt à son goût. Il aurait voulu que le temps s'arrête en cet instant précis, et que ce baiser qu'ils échangeaient ne s'arrête jamais. Que plus jamais ils ne se quittent. Avec sa capacité à imaginer, à visualiser des scènes dans sa tête, il n'eut aucun mal à voir leur quotidien. Du moins... l'idée la plus parfaite qu'il pouvait s'en faire.

Hakuei serait au courant de leur liaison. Comme tout le monde. Ils s'en foutraient tous. Parce que Kazuki était un excellent hunter, et que Byô était un excellent vampire. Alors aucun de leurs deux clans ne pouvaient se permettre de les perdre. Kazuki tuait des vampires, toute la journée et parfois la nuit. Byô chassait, en se cachant un peu des hunters. Puis il se retrouvaient, regardaient un bon film et mangeaient chinois, Kazuki était passé prendre à manger en rentrant. Byô appréciait toujours la nourriture humaine, malgré son côté vampire. Ils se délectaient de la simple présence de l'autre, et plaisantaient sur tout et rien. Puis ils allaient dans la chambre, parce qu'ils étaient plutôt fatigués. Kazuki prenait sa guitare et Byô grognait parce qu'il voulait dormir. Kazuki jouait un peu. Byô chantait à voix basse. La guitare se retrouvait à terre parce que l'envie de s'embrasser les avait pris de court. Haletants, frémissants, ils s'unissaient encore une fois. Plusieurs fois, même. Le lendemain matin, Byô faisait la grasse matinée, et Kazuki allait tuer des vampires. Hakuei se moquait de lui en disant qu'il fallait dormir, la nuit, avec ce ton railleur mais protecteur qu'il prenait parfois avec lui. Comme un grand frère un peu jaloux.

 

"C'est ça, ou rien." Se dit Kazuki. "Soit je le récupère, soit je préfère mourir. Mais je ne vivrai pas sans lui, c'est hors de question."

 

Il le savait, c'était clair. Ça ne pouvait pas se finir comme cela. Il avait besoin de Byô, dans sa vie. Comment avait-il pu, ne serait-ce qu'une seconde, une infime seconde, croire qu'il pourrait vivre sans lui ? Il était son oxygène, son sang, et son coeur. Il était tout, et même bien plus. Il était tout ce dont il avait besoin.

Alors il prit les mains de Byô et le força à le regarder dans les yeux. Il s'assit à califourchon sur lui pour qu'il ne puisse pas fuir. Ses larmes ne coulaient plus mais ses yeux menaçaient de déborder à nouveau à la moindre parole, au moindre effleurement de Byô.

 

- Je ne peux te laisser repartir. Mon amour... C'est trop tard. Avec ce que tu m'as dit... Je n'ai jamais cru pouvoir vivre sans toi, sauf quelques minuscules mois, et j'ai été le plus con des cons. Tu m'aimes encore, Byô, je ne peux pas te laisser repartir. Je te l'ai dit, je ferai tout ce que tu voudras, il faut seulement que tu m'accorde UNE chance. Une seule. Une chance de te prouver que je veux que tout redevienne comme avant, en mieux même ! On fera l'amour tout le temps, on restera ensemble, on se foutra du monde et du virus. Je panserai tes plaies, même si je dois y passer ma vie, je te prouverai que tu peux avoir confiance en moi. (Ses larmes recommencèrent à couler) Byô, je t'en supplie... Je t'en supplie... Il faut vraiment... il... Il ne me faut qu'une seule chance. Si je la gâche, si je me comporte à nouveau comme un gros con, je pourrai mourir tranquille en me disant que j'ai tout essayé. Mais je ne peux pas vivre sans toi, je t'en prie...

 

Malgré tous ses efforts pour se contenir, il finit par s'effondrer et par pleurer en silence, le front posé contre l'épaule de Byô, ses doigts toujours enroulés autour des fins poignets du vampire.

 

_________________

 

Byô ne bougeait pas, encore sous le choc de ce soudain revirement de situation. La véhémence des propos de Kazuki le laissait sans voix. Le plus jeune avait toujours été quelqu'un de calme et posée, et le voir ainsi se débattre avec ses propres mots, les plus sincères des mots, était quelque chose de fort inhabituel. Il mit ainsi plusieurs minutes avant de se rendre compte que l'humain était désormais effondré contre son épaule... et encore quelques minutes pour comprendre l'entièreté de ses paroles. La vision de Kazuki sur le déroulement des évènements à venir – s'il acceptait de retourner à ses côtés – semblait bien trop idyllique. Tout deux étaient deux personnes plutôt connut dans leur monde ; on ne les laisseraient pas être ensemble, par simple principe. Ils seraient à jamais déchirer entre leur clan et leur amour... C'était bien trop compliqué, comme situation. Leur condition vital les éloignait depuis quelques années l'un de l'autre, et les empêchaient de continuer sereinement leur relation. Dans le passé, ça aurait été possible... Kazuki n'était pas encore le second du chef des hunters alors que Byô n'était encore qu'un petit minable infecté. Ils auraient pût se cacher, et vivre ensemble pour toujours... Mais Kazuki en avait décidé autrement. Cette pensée arracha un sanglot à Byô, qui baissa la tête, abattu. Les promesses de son amour étaient trop belle, trop attirante, envoutante. Il voulait pouvoir s'y perdre et l'enlacer.. Refermer ses bras sur lui, et lui promettre de bien vouloir essayer. Le vampire sentait en lui toute la sincérité de ces propos. Kazuki ne le laisserait pas tomber une seconde fois... Du moins, il en était convaincu maintenant, mais on ne savait jamais ce qui peut arriver ! Alors pour le moment... Juste pour le moment.... Pourquoi ne profiterait-il pas de l'instant ? Pourquoi vouloir tout précipiter ? Pourquoi sortir de grande parole qu'il ne serait même pas certain de pouvoir tenir ? Juste... s'aimer ici et maintenant, et ne pas se soucier des autres... Voir, plus tard, s'ils pourraient oui ou non, être de nouveau ensemble. Byô avait si mal... Mal de l'avoir si près de lui sans pouvoir réellement le toucher. Mal d'être devenue un vampire. Mal de cet abandon qui le prenait aux tripes dès qu'il voyait de nouveau Kazuki. Mal. Un mal intense et intarissable qu'il aurait souhaité effacer à jamais.

 

Que Kazuki avait peut-être bien la possibilité d'amoindrir... Qui sait ? Byô n'était plus sur de rien.

 

Le vampire fit un sorte de récupérer ses poignets, pour pouvoir caresser d'une de ses mains les cheveux du plus jeune, et de l'autre, entourer sa taille. Il le serra fort contre lui de longues secondes, fermant les yeux et se laissant bercer par le son frénétique de son cœur battant contre sa propre poitrine. Puis enfin, il murmura doucement à son oreille, d'une voix plaintive.

 

«Je ne sais pas ce que tu m'as fais... mais on dirais bien que tu contrôle aussi bien que moi, les sentiments. Tu renverses les miens, et je ne peux même pas changer cela. Je suis si impuissant... Je ne peux même pas utiliser mon propre pouvoir sur moi... Sinon j'aurais tout fait pour ne plus t'aimer.»

 

Si l'amour que Kazuki lui portait n'avait plus été réciproque... bien des choses auraient été plus simple. Byô se serait venger, et l'aurait laisser choir, mort, ici même...

 

«Mais je t'aime à m'en déchirer le cœur... et c'est si difficile. Tout autant même que de t'accorder cette chance, mon ange. Car au delà de ma peur, il y a toute nos obligations qui nous enchainent à nos clan respectif. On ne sera jamais tranquille...»

 

Byô fit se redresser Kazuki pour qu'il le regarde en face, et prit son visage en coupe entre ses mains.

 

«Alors, aimons nous maintenant et oublions la suite... Je veux fusionner notre amour, au moins encore une fois... Après... Nous verrons s'il y a un après.»

 

Byô savait que s'était une belle bêtise, que de quémander qu'ils fassent l'amour... Il savait pertinemment qu'après cela... Il ne pourrait plus jamais partir. L'alliance des corps, s'était l'aboutissement d'une relation... Byô lui donnait ainsi sa réponse, même si incertaine. Parce qu'il savait tout de même, que leur nature les rattraperait.

 

À SUIVRE !

 

(La suite de ce RP dans l'épisode 3, pas assez de place pour coller le RP en entier --')

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