2. bis.

 

• Titre du RP : "Wherever you are."
• Forum : http://fukujuu.forumactif.com
• Personne qui RP avec moi : Reika Heartnetx
• Pairings : Kazuki (joué par moi-même)/Byô (joué par Reika)

 

Il s'agit de la suite du 2, comme vous l'avez sans doute aisément deviné o/ Enjoy !

 

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Lorsque Byô lui caressa doucement les cheveux, Kazuki frémit. Il adorait cela, et ça avait toujours été le cas. Lorsque leur quotidien était encore parfait, lorsque rien ne pouvait les séparer, il restait souvent de longues heures allongé contre Byô, dans un demi sommeil, avec seulement la sensation des doigts de Byô dans ses cheveux. Il n'avait besoin de rien d'autre. Ni de dormir, ni de manger. Byô lui suffisait, ça avait toujours été le cas. Soudain, il eut envie de dire "Au diable les clans !" mais il savait bien que cela sonnerait faux. Son affection pour Hakuei ne changeait pas, il lui devait allégeance, ne serait-ce que parce que c'était Hakuei qui lui avait donné une raison d'avancer, une raison de continuer à vivre. Tuer des vampires. Certes, ça n'avait fait que pallier le manque, et ça n'avait duré qu'un temps, mais ça l'avait quand même empêché de sombrer dans la folie. Dire qu'il avait fini par sombrer...

Tout doucement, il enlaça le cou de Byô. Son avant bras le démangeait, lui rappelait que sans son amour il n'était rien de plus qu'une loque qui se disait humaine. Puis, avec une douceur mêlée d'empressement, comme s'ils devaient se dépêcher, il l'embrassa enfin. Il avait hésité, mais c'était dans sa nature. Il avait toujours été le plus posé des deux, le plus réfléchi, le plus calme. Byô avait toujours été le chien fou, celui qui fonçait tête baissée. Et c'était cela que Kazuki avait tout de suite aimé chez lui. Leurs caractères contraires les rendaient complémentaires. Et malgré cette dualité entre eux, ils ne se querellaient presque jamais, ou alors pour des bêtises. Qui allait payer la facture d'électricité ? Qui allait faire la vaisselle ? Byô ne voulait jamais rien faire, mais il suffisait que Kazuki tape un peu du pied pour qu'il cède. À cette pensée, Kazuki sourit contre les lèvres du vampire qu'il aimait tant. Sa langue brûlante se fraya un passage entre les lèvres pourtant serrées de Byô, et il se serra un peu plus contre lui, comme s'il voulait se fondre dans son corps. Encore une fois. La dernière ?

Rien n'était moins sûr. Même si c'était à demi-mots, Byô venait de répondre favorablement à sa demande. Et tout obsédé qu'il soit par les sentiments qui lui gangrénaient le coeur, il avait compris. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de redevenir l'amant que Byô n'avait pu oublier, l'amour qu'il n'avait pu effacer, et l'ami dont il avait toujours besoin. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de reprendre sa place, et de panser les plaies de son cher amour. Certes, ça n'allait pas être facile. Pour que Byô lui fasse à nouveau confiance, il allait devoir faire preuve d'énormément de patience et d'autant d'amour. Mais il en était capable. Oh oui, il en était plus que capable. Et il le savait. C'était ainsi que cela devait être, et pas autrement. Non, autrement c'était forcément la mort. L'un sans l'autre, ils étaient deux bombes d'autodestruction à retardement. Ils imploseraient au moindre impact, et en étaient profondément conscients.

 

- Mon amour... Je ne peux qu'accepter... (Son souffle se fit haché, erratique, contre les lèvres de Byô) Ton corps, ton amour, tous deux m'ont manqué. Alors même s'il n'y a pas de suite, même si je me réveille sans toi, je préfère que l'on s'aime encore, juste une nuit, quelques heures. Je pourrais tuer pour quelques heures près de toi, je te le jure. Je t'aime, je t'aime Byô, à en perdre le souffle. Je t'aime plus que tout au monde. Tu me rends fou, et ça a toujours été le cas. Quel imbécile j'ai été... Imbécile, de croire que je pourrais vivre sans toi. Imbécile, de croire que je pourrais pallier la douleur en tuant. Imbécile de croire que défigurer ceux qui te ressemblaient de près ou de loin pouvait me faire oublier ton sourire. Non, je t'aime bien trop pour cela. Je t'aime comme on aime une bouteille d'eau glacée dans le désert, comme on aime une cheminée dans une longue nuit d'hiver. Mon amour est incommensurable, il est infini, et pour cela, même si tu dois m'abandonner ensuite, je ne peux te résister.

 

Sa main caressa doucement la joue de Byô et atterrit dans ses cheveux qu'il caressa longuement. Et il l'embrassa à nouveau. Un long baiser, plein de désir qu'il peinait à contenir, ou qu'il avait contenu trop longtemps. Il n'avait connu personne, après Byô. Pas même une quelconque pute des bas fonds. De toute façon, la majorité d'entre elles étaient infectées, et l'auraient mordu. Les clients aimaient ça. Ils aimaient le danger. Kazuki n'aimait que Byô, et leurs étreintes brûlantes, leurs nuits torrides, leurs corps alanguis. Quand le manque devenait trop intense, allongé sur le lit dans son appartement, au beau milieu des portraits de Byô qu'il dessinait lorsqu'il souffrait trop, il se caressait, seul, en hurlant le nom de son amour perdu. C'était sa seule consolation. Mais lorsqu'il se réveillait et que le lit à côté de lui était vide, glacé, la douleur revenait, bien trop grande, bien trop étouffante, bien trop intense...

 

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Les baisers de Kazuki étaient remplit d'un désir non feint et partagé. Byô frissonnait à la moindre caresse que lui conférait le plus jeune dans ses cheveux. Perdu instantanément dans une myriade d'émotions et de sensations visitées et revisitées, qu'il voulait encore goûter, sa raison s'évapora. Tout comme les principes liés à leur clans ainsi que tout le malheur qui reposait sur ses épaules... Ne restait que l'intense plaisir de connaître à nouveau les mains de Kazuki sur son corps, dans ses cheveux, et cette langue jouant avec la sienne avec tant d'ardeur et d'amour. Il en tremblait... et pas de peur, cette fois-ci, mais bien de désir. Tout ses membres, toutes ses cellules, la moindre parcelle de son âme réclamait à posséder ce corps, ces mains, qui le parcourait à l'instant même. Byô répondait au baiser de son amour avec tout autant de virulence, d'envie. Il accéléra même la cadence de leur embrassade, appuyant sur la nuque du brun pour le faire venir plus contre lui. Leur corps étaient si proche...D'une proximité qu'il n'avait jamais pût oublier, et qui lui avait tellement manqué. Alors il profitait. De l'instant. De ses doigts. De sa langue. De ses lèvres pulpeuses, quémandeuses. Oui, il profitait au maximum de tout ce corps soumit à la pression de leur amour. Ses propre doigts se glissèrent alors sous son chandail, palpant la peau du bas de son dos, et remontant jusqu'à ses hanches. Son autre main, bien moins chaste, partait déjà à la rencontre de la peau ferme et rebondit de ses fesses, passant sous les deux tissus – celui de son pantalon et de son boxer. Byô avait toujours été très passionné, pendant l'amour. Ses actes étaient précis et quelques peut attifes... tout du moins, ils ne restaient jamais longuement candides. Le vampire n'avait pas vraiment imaginé la retrouvailles charnelle de cette manière – l'avait-il seulement envisagée ? - alors il fit en sorte de soutenir Kazuki pendant qu'il continuait de l'embrasser, et ouvrit la porte sur laquelle ils étaient adossés pour pénétrer dans la maisonnette. Comme un canapé valait mieux que le sol froid et boueux, il allongea son bientôt re-amant, sur celui le plus confortable et pût ainsi le chevaucher. Ses lèvres quittèrent alors a bouche du plus jeune, et il stoppa tout geste un petit instant. Il observait Kazuki ainsi offert, croulant sous les caresses de ses doigts expert qui connaissaient parfaitement bien son corps – même après tant d'année d'absence. Cette bouche entrouverte et ces yeux similaires, brouillés par le désir étaient une vue des plus délectable... Retraçant soudainement la courbe de son visage, puis remettant l'une de ses mèches derrière l'oreille de Kazuki, il reprit la parole.

 

«Si tu savais comme tu m'as manqué. Il ne se passait pas une seule seconde sans que je ne pense à toi. Mes pensées sont en permanences toutes portées sur toi. Ta voix m'est omniprésente, elle me murmure inlassablement ce que je dois faire... ce que je ne dois pas faire. Tu régis ma vie aujourd'hui, hier, demain. Je ne peux me passer de toi, même quand tu n'es pas là. Tu vois... comme tu m'as enchainé à mes sentiments. Je ne pourrais jamais vivre si tu mourrais... Tu m'es vital, capital... Tu es mon essence même.»

 

Un léger triste sourire se dessina sur ses lèvres. Byô ne s'était jamais ainsi confessé, et ça lui paraissait tellement étrange de le faire dans de telles conditions... Il avait fallut qu'il cris, qu'il pleure, qu'il se plaigne, qu'il insulte, avant de se rendre compte que rien n'y faisait... Que seul la force de ses mots d'amour était le plus important à dire. Du moins... Ne serait-ce que maintenant, à l'instant. Les minutes passeraient vite, et le soleil percerait bientôt la nuit. Ils se sépareraient de nouveau, et peut-être ne se croiseraient plus jamais... Ça, s'était lui et lui seul qui pouvait le décider. Mais pour le moment, il ne voulait qu'une chose, lui faire l'amour, lui dire ce qu'il avait toujours eu du mal à avouer... Lui montrer la porter de ses sentiments, par les mots et le corps.

 

Ses lèvres partirent dévorer son cou de mille baiser papillons, la frôlant parfois seulement ou y passant sa langue froide. Il mordillait en passant, sa pomme d'Adam, revenant ensuite derechef titiller sa jugulaire. Ses mains, elles, se perdaient ça et là. Le haut de Kazuki était désormais remonter presque entièrement, et son pantalon débraillé. Entre deux baisers posés sur la peau de son cou, Byô parlait.

 

«Je vais te faire l'amour, mon ange. Te manger de mes baisers. Te purifier de ma langue. Juste là, maintenant. Je vais te faire l'amour... comme avant, s'il le faut. Je connais ton corps comme s'il était le mien, et il sera le mien. Me fondre en toi. Ne faire plus qu'un. Je t'aime tellement. Tu m'as manqué si intensément. Je vais te faire l'amour, jusqu'à ce que le soleil se lève... et sépare nos corps avides et intarissable de désir.»

 

L'une de ses mains glissa sous le boxer de Kazuki, saisissant se virilité et la caressant doucement. L'autre chatouillait sa nuque, à l'endroit pile qui produisait mille et une décharge électrique.

 

«Et si je m'en vais, tu me crieras...»

 

Sa langue parcourut sa joue pour que ses lèvres s'abattent sur ses jumelles.

 

«...Aime-moi encore.»

 

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Envahi par un bon millier de sensations contradictoires, Kazuki se laissa porter par la vague et les mots de Byô. Il ne servait de toute façon plus à rien de résister, cela faisait longtemps qu'il était perdu. Depuis qu'il avait revu Byô, en fait. Il s'était perdu dans le bleu lumineux de ses yeux, lorsque leurs regards s'étaient croisés, sur le toit. Et le baiser qu'ils avaient échangé l'avait encore plus perdu, si c'était possible. Il ne pourrait jamais s'en sortir. Byô était son obsession, et ce pour toujours. Il était la seule chose qui manquait à sa vie. Jusqu'à maintenant.

Il sentait dans ses mots les réticences de son cher amour. Il allait partir, dès qu'il le pourrait, et laisser Kazuki seul, comme celui-ci l'avait fait par le passé. Encore une fois. Le laisser seul avec sa folie. Kazuki prit soudain peur, mais ne freina en rien l'avancée de Byô sur son corps. Lorsqu'il finit par caresser son sexe, un petit gémissement lui échappa et il ne voulut pas être le seul à profiter. Après tout, auparavant, il ne se gênait pas pour toucher, pour caresser, mordiller... Mais surtout, sa principale caractéristique était qu'il avait toujours été bruyant. Si au quotidien il était calme et posé, n'élevait que rarement la voix, au lit il redevenait l'enfant qu'il était encore un peu. La moindre caresse, le moindre souffle, et il poussait de petits gémissements dont il savait que Byô raffolait. Il n'avait jamais simulé, avec Byô. Jamais. Alors que ça avait longtemps été sa spécialité.

 

Alors il releva à son tour le tee-shirt de celui qui était à nouveau son amant, et le fit passer par dessus sa tête. À la vue de ce torse parfait sur lequel il avait souvent posé sa tête, il frémit et le rouge lui monta aux joues tandis que ses lèvres s'entrouvraient et que ses yeux se mettaient à briller. L'image même que l'on se faisait du désir pur. Kazuki désirait Byô comme il ne l'avait jamais désiré. Ces longs mois l'un sans l'autre les avaient rendus impatients, mais il ne voulait pas précipiter les choses : Byô s'en irait sans doute après qu'ils se soient unis. Alors le moment devait durer. Le plus possible. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de contempler le corps qui lui faisait face.

 

- Oh mon dieu, Byô... Tu es plus beau que... Plus lumineux que... qu...

 

Il se débattait encore avec les mots, ce qui lui ressemblait si peu. Lui qui était si calme, habituellement. Là, sa langue fourchait, se mélangeait, ne parvenait pas à dire ce qu'il avait en tête. Les bras de Byô lui faisaient oublier jusqu'à son nom, et lui faisaient perdre son latin. Et c'était une sensation cotonneuse des plus agréables.

Avec une envie non dissimulée il remonta ses mains et vint griffer tendrement les tétons de Byô, avant de se relever pour couvrir la zone malmenée de baisers papillons et de petits coups de langue. La sienne était toujours aussi brûlante, comme avant. Il avait songé à se la faire percer, mais avait fini par laisser tomber, songeant qu'avec ses deux labrets cela ferait sans doute beaucoup. Quel imbécile il avait été... Oh, quel plaisir il aurait pu donner, avec un piercing de langue... Hm, quel plaisir il aurait pu donner À BYÔ, avec un piercing de langue. Car jamais il n'avait songé à coucher avec qui que ce soit d'autre.

 

Avec un plaisir non dissimulé, il fit le tour du téton droit puis du téton gauche de Byô, du bout de la langue. Ses mains se crispaient sur le dos lisse du vampire qui avait été son amant, et son sexe durci par une envie croissante appuyait contre les fesses qui le surplombaient. Il avait totalement oublié sa douleur, pour ne se consacrer qu'à l'instant présent. C'est Épicure(*) qui aurait été fier de lui...

Puis, tout doucement, il retira son propre tee-shirt et s'allongea. Cette position de soumission était un message pour Byô. "Fais ce que tu veux de mon corps et de mon coeur."

 

- Je t'aime... chuchota-t-il du bout des lèvres.

 

 

 

 

 

 

(*) : Pardon pardon, j'ai eu 3h de philo aujourd'hui...

 

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Byô n'avait attendu que cela, que son amant se manifeste à son tour pour l'exciter plus encore. Toutes ces attentions furent alors la bienvenue, et le satisfaire au plus haut point. La langue de Kazuki courant sur son torse avec sensualité, laissant une sensation de courant chaud, brulant, était des plus agréable. Il lui donnait rien qu'avec ce bien maigre geste, tant de plaisir... Le jeune brun était le seul, à ainsi pouvoir combler tout ses désir. Une douce caresse, ou quelques ongles enfoncer dans sa peau. Une langue trainant, ou des lèvres pressées apposer sur sa peau. Rien que cela enchainer à mainte reprise pouvait l'envoyer bien haut. C'était les mains si spéciales de Kazuki, et cette façon peut commune de s'attarder sur ses boutons de chaires qui procurait tant de plaisir à Byô. Parce que si lui connaissait par cœur, le corps de son amant, ce n'en était pas moins différent pour l'autre... Le moindre de ses points sensibles, il savait s'y atteler pour créer en lui une déferlante de sensations toutes plus exquises les unes que les autres... Kazuki avait ce don, presque ce sixième sens... Et cet amour, aussi, que personne d'autre n'avait jamais eu avec lui. Pourtant, bon nombre d'homme était passés avant lui – jamais après – et avait tenter de le combler totalement. Jamais personne n'avait sût le faire aussi bien que le plus jeune... Parce que leurs sentiments étaient si intense, qu'ils les liaient même jusque dans leurs ébats.

 

Alors que Kazuki s'allongeait de nouveau, et murmurait ces trois mots que l'autre ne se lassait plus d'entendre, il plaqua avidement ses lèvres contre les siennes dans un baiser in-habituellement sauvage. L'envie était trop grande, et présente depuis bien trop longtemps pour que ses gestes soient aussi doux qu'à l'accoutumée. Byô se redressa finalement, et retira avec hâte leur vêtements restant. Il était bien trop pressé de sentir leur deux corps nus l'un contre l'autre, qu'il ne pouvait se permettre d'attendre plus longtemps. Avec rapidité, il vint alors presser fortement son enveloppe charnelle contre celle de son amant, se délectant de l'épiderme au combien délicieux de son épaule saillante. Ses mains s'attardaient plus bas, aux alentours de sa taille, puis de ses hanches pour ensuite descendre le long de ses cuisses encore fermés. Il se mit à légèrement onduler, les excitant encore un peut plus qu'ils ne l'étaient déjà. Leur virilités se frottaient donc l'une contre l'autre, arrachant des gémissement à Byô autant qu'à Kazuki... Ces petits cris dont le plus vieux raffolait, et qui était bien les plus beaux et les plus précieux, sortant de la bouche de l'humain.

 

Byô finit par ne plus en pouvoir, et écarta délicatement les cuisses de son amant, se laissant aller entre. Sa main droite vint se perdre tout contre son intimité chaude et étroite. Il la titilla longuement, ne la pénétrant aucunement de son doigt. Il faisait juste languir Kazuki, attendant que ce dernier ne le supplie de bien vouloir le prendre. Cétait un petit jeu qu'ils avaient l'habitude de pratiquer... Byô s'amusant à torturer de cette façon son partenaire. Pendant ce temps, ses lèvres étaient partie plus bas, à la rencontre du ventre tendue de Kazuki, qui s'élevait au rythme de sa respiration erratique. Il y passait sa langue, l'entrant parfois dans son nombril, alors qu'il n'en faisait d'autre fois que le tour. Tout ces gestes combinés, Kazuki devrait bientôt le sommer de bien vouloir assouvir leur désir commun... Byô aussi était impatient... Impatient de nouveau unir leur corps et leur âmes. Impatient de pouvoir le posséder tout entier... L'aimer pleinement, envers et contre tout. Le lui prouver... que cet amour ne s'était jamais tari.

 

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Leurs corps qui se pressaient, s'enchevêtreraient bientôt... Kazuki perdait la tête. Tous ses souvenirs lui revenaient en pleine figure et lui faisaient voir des milliers d'étoiles multicolores. Lui qui avait toujours aimé la lumière, c'était dans les yeux de Byô qu'il avait trouvé la plus belle d'entre elles. La lumière de l'amour, celle du désir aussi. Il l'embrassa à nouveau, et le regarda intensément, le souffle court, rêvant de le voir sourire comme avant. Il avait un sourire si particulier. Enfantin, et qui donnait en même temps l'impression qu'il savait sur vous des choses que vous mêmes ignoriez. Puis il l'embrassa dans le cou, le caressa tendrement. Byô devait avoir l'impression que Kazuki était partout à la fois : ses mains couraient de sa nuque à ses fesses, ses lèvres lacéraient son cou de mille baisers, son sexe déjà dur et brûlant frottait contre le sien, impitoyablement cruel, de la plus belle des cruautés. Et cette cruauté dont il faisait preuve lui arracha un sourire, un sourire ravi, parce que Byô réagissait. Il réagissait à tous ces attouchements délicats ou plus ardents. Alors il lui mordilla légèrement le creux de l'épaule et monta sur ses genoux pour positionner son intimité en face du sexe de Byô. Il adorait ce petit jeu auquel ils jouaient jadis, celui qui consistait à ce que Byô le fasse languir jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et supplie. Il allait donc jouer, comme il jouait auparavant. Il commençait toujours par se hisser un peu en hauteur, puis il se penchait et murmurait, d'une voix suave mais rongée par le désir :

 

- Byô... Je t'en prie... Prends-moi...

 

Sa supplique était juste, il n'en pouvait plus. Une très fine pellicule de sueur commençait à recouvrir son corps souple, tant il luttait pour se retenir de s'empaler proprement sur Byô. "Retiens-toi", se somma-t-il en silence. "Fais durer l'instant, c'est peut-être le dernier que tu passes avec lui." Il avait toujours, en son coeur, les sentiments tortionnaires que Byô avait insufflés, mais ceux-ci s'étaient tus, comme si la déconcentration de Byô les rendait moins virulents. Comme si leur étreinte les apaisait. Et c'était probablement le cas : les braises sur lesquelles Byô avait soufflé étaient principalement orientées dans sa direction. Alors peut-être Kazuki était-il entrain de panser ses propres blessures en tentant de panser celles de Byô. "J'y arriverai" pensa-t-il avec un très léger sourire, tout en léchant doucement le lobe de l'oreille de Byô. "Je vais le récupérer. Plus jamais sans lui. Hakuei comprendra." Il repensait à ce que lui avait dit Jun, le vampire, à propos de Hakuei. Que c'était lui qui lui avait fait tous ces suçons dans le cou. À nouveau, Kazuki sourit, cette fois son sourire virait machiavélique. Jamais aucun des deux clans ne pourraient les blâmer s'il pouvait prouver une chose pareille. L'heure n'était pas à la réflexion, mais dès qu'il aurait cinq minutes de libre, il réfléchirait à une façon d'annoncer à son chef qu'il avait l'intention de vivre avec un vampire.

 

Son corps entier se tendit tandis qu'un frisson le parcourait. Un courant d'air glacé venait de passer entre deux tuiles mal accrochées du toit bancal de la cabane, qui n'était pourtant pas en si mauvais état que cela. Pour pallier ce nouvel élément perturbateur, il se colla encore plus contre Byô et se remit à couvrir de baisers et de légères marques de morsure ses épaules, son cou, ses lobes, ses lèvres, tout ce qu'il pouvait atteindre. Il ne tenait plus que par un fil, et le moindre effleurement lui serait fatal, il le savait. Il devait se calmer. Se calmer, avant que cette union charnelle ne se termine par un éclat de rire du vampire qui était son amant...

 

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La voix suppliante et éprise d'envie de Kazuki était juste la plus belle des mélodie qu'il ne lui est jamais été donné d'entendre. D'autant plus qu'elle était sincère, totalement sincère. Le jeune homme sous son corps tremblait d'un désir incommensurable – tout autant que le sien. Il transpirait l'amour par le moindre de ses pores. C'était le plus beau des tableau... Eux-deux, allongés sous cette battisse auquel il tenait tant, son repaire. Leur corps languissant de désir l'un envers l'autre, leur cœur vibrant d'un amour sans limite, ni loi. Tout était parfait. Leurs sentiments étaient parfaits, l'ambiance était parfaite, leur enveloppes charnelles étaient parfaites, leurs gémissements étaient parfait. C'était un échange corporel bien trop longtemps attendu et souhaité, qui se déroulait enfin ici bas. Le fruit de longues années d'absences et de douleur. Peut-être était-ce d'ailleurs plus beau, ainsi... Peut-être que l'absence avait générer un sentiment de manque si intense qu'ils étaient tout deux plus apte à s'aimer d'avantage aujourd'hui ? Qui sait. Leur coeurs étaient indéchiffrables, et même si Byô pouvait se venter de contrôler les sentiments, il ne pouvait pas assurer qu'il connaissait la moindre des failles des siens.

 

Byô n'en pouvait tout simplement plus, d'attendre ainsi de le pénétrer sous ses caresses meurtrières. Il se pencha alors, puis baisa longuement les lèvres de son presque amant avant de jouer quelques secondes avec ces dernières pour finalement simplement les sceller les unes aux autres. Les mains du plus vieux avaient dérivés vers des zones moins érogènes... Les épaules, la nuque, parfois le cou, ou encore simplement le ventre. Byô frôlait la peau de Kazuki du bout de ses doigts, la cajolant avec tendresse. Il ne lâchait plus sa bouche de la sienne, ne désirant à aucun moment briser ce contact si ardent. Puis, alors qu'il appuyait encore légèrement sur les cuisses de Kazuki, il fondit en lui dans un râle de satisfaction rauque et viril étouffé derechef par ses lèvres. Il demeura ainsi l'espace de quelques petites secondes, avant de commencer des mouvements de buttoir lent mais profond. Byô avait pour habitude de toujours y aller avec douceur mais dextérité. Ses coups de reins étaient parfaitement bien placés... et il arrivait toujours avec facilité à trouver le point sensible de Kazuki. Ce n'était qu'une question de minute ! Des minutes intenses, aimantes, tendres où Byô caressait, mordillait, suçait – donc marquait -, puis embrassait et embrassait, encore et encore. Des minutes passionnés où leur souffles effrénés s'emmêlaient l'un à l'autre pour n'en former plus qu'un. Où les corps ne faisaient plus qu'un en une des plus fabuleuse danse qu'il puisse être donner de vivre. Des minutes d'amour pur, à l'état brut... de sexe qui était finalement aussi spirituel que charnel. C'était une fusion des âmes autant qu'une fusion des corps. Byô faisait tout, pour intensifier leur sentiments à l'un comme à l'autre... Il faisait tout pour que Kazuki soit submergé par les siens, pour qu'il comprenne ses propres sentiments. Ainsi, peut-être saisirait-il enfin le sens de cette intarissable rancune.

 

Et Byô accélérait alors au bout de ces quelques minutes, adoptant un rythme plus immodéré. Il entrait en lui avec plus de puissance, touchant sans mal la prostate de son partenaire à chaque coup de buttoir assené. De ses baisers, il le couvrait. Des milliers de baisers papillons éparpillés sur son visage, n'omettant ni ses joues, ni ses paupières, ni ses tempes, ni sa bouche. Et quand il ralentissait subitement, ce n'était que pour lui murmurer doucement :

 

«Je t'aime à en mourir»

 

Et reprendre immédiatement, la même cadence amoureuse.

 

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Enfin, Byô entra en lui, et Kazuki fut soudain submergé. Submergé par toute la beauté du monde, toute la beauté du moment, toute la beauté de Byô. Soudain, toute sa vie prenait un sens, et en parlant de sens, les siens étaient en compote. Hypertrophiés par les caresses et autres morsures délicates de Byô, tous ses nerfs s'enflammaient au rythme de son coeur, et il avait l'impression d'être au bord de l'explosion. Mais cette fois-ci c'était une explosion de bonheur et de félicité. Alors il gémit, et versa une larme. Mais une seule, et de joie cette fois-ci. Enfin, il avait réussi. Il avait l'impression que le temps s'était arrêté et été reparti en arrière. Il ferma les yeux et serra les paupières, s'attendant presque à retrouver, s'il les rouvrait, leur ancien appartement, les yeux bleu marine et les cheveux blonds de Byô, sa guitare sèche sur le sol et son bureau encombré de dessins. Leur quotidien. Tout ce qu'il avait perdu, abandonné. Peut-être aurait-il pu rester dans ce quotidien, s'il n'avait pas été un crétin et tiré sur Byô. Mais ça avait été un réflexe. Un malheureux réflexe de hunter, un malheureux réflexe d'homme blessé. Dans toute sa douleur, Byô avait oublié quelque chose de précis : Kazuki avait au moins autant souffert que lui. D'autant que Byô pouvait le haïr, la conscience tranquille, tandis que Kazuki ne pouvait que se haïr lui-même et se ronger les sangs. Culpabiliser. Pleurer. Et cette solitude qui n'en finissait pas de le torturer.

Il ouvrit les yeux et plongea dans ceux, plus turquoise que marine, de Byô. Non, rien n'avait changé, c'était toujours un vampire en face de lui. Mais il avait la possibilité de faire pencher la balance. Alors il ouvrit les yeux, et sourit intensément à Byô. Un autre gémissement s'échappa d'entre ses lèvres, un peu plus violent, un peu plus sensuel encore, et il se serra autour du membre de son amour, avant de remonter doucement pour l'accompagner dans son mouvement. Ce membre tendu qui touchait et touchait encore sa prostate n'allait pas tarder à le faire venir, et il refusait de partir avant Byô. Il ne devait penser qu'à son plaisir à lui, pas à son propre plaisir. Alors il se serra autant qu'il put et remonta encore, pour redescendre, tout en caressant et en griffant gentiment le torse de Byô. Et finalement, spontanément, une phrase toute simple qu'il avait déjà dite maintes et maintes fois et qui obtenait toujours la même réponse lui monta aux lèvres :

 

- Byô, dis moi... encore qu... que tu m'aimeras... toujours...

 

Il noya son cou sous les baisers, sans véritablement lui laisser l'occasion de répondre. Il voulait le voir gémir, il voulait le voir sourire, il voulait tout simplement retrouver le Byô qu'il aimait tant. Celui qui se serait pas mal foutu des clans. Celui qui le voulait tout entier et à n'importe quel moment, même le plus embarrassant. Celui qui tenait à lui comme à la prunelle de ses yeux. Celui par qui il aurait dû se laisser mordre, des mois et des mois auparavant. Rien de toute cela ne serait arrivé, s'il avait su faire le bon choix. Et il voulait réparer ses erreurs, les réparer une bonne fois pour toutes...

 

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Les ongles de Kazuki griffant sa peau, et son corps se muant à son tour contre le sien pour mieux lui procurer du plaisir étaient juste le plus envoutant mélange de sensations. Sa tête se rejeta alors légèrement en arrière, ses lèvres quittant la peau de son partenaire quelques instant pour gémir d'un plaisir non feint. Un long frisson suivit d'une vague de chaleur le submergea, traversant son corps de part en part ; de son échine au bas de son dos, se dispersant ensuite dans l'ensemble de ses membres tordus de volupté. Pour mieux les maintenir ainsi, Byô agrippa avec fermeté l'une des hanches de son amant, et glissa sa seconde dans sa nuque. Il pouvait de cette manière le pénétrer plus profond encore, et profiter au mieux de son enveloppe charnelle. Son souffle était déjà totalement haché, erratique ; il peinait presque à respirer tellement l'intensité de leur ébat était grande. Répondre à Kazuki... C'était une chose qu'il ne pouvait faire. Qu'il ne voulait faire. Qu'il s'interdisait de faire. Malgré la particularité toute unique de cet instant, ils n'étaient à aucun moment retournés dans le passé. C'était l'instant présent. Même si leur corps étaient de nouveau unis avec avidité et passion, ce n'était pas un retour en arrière... C'était juste... Une nouvelle façon de s'aimer dans la douleur. Une façon d'omettre quelques minutes cette longue absence qui avait marquée leur vies à tout les deux.

 

«Je t'aimerais toujours, Kazuki, mon amour. Je t'aimerai jusqu'à ce que je meure, ou que je perde la raison.» Sauf qu'il était mort, depuis bien longtemps. Sauf qu'il avait peut-être bien perdu la raison. Sauf qu'il l'aimait toujours, de tout son corps, de toute son âme, et que même ces quelques conditions n'y avait rien changées. Alors Byô laissa son cher et tendre dévorer une fois de plus son cou pour ne répondre que part millier de petit gémissement sonores. Puis sa main prit quelques secondes à peine plus tard le chemin de sa virilité pour la saisir et ainsi, aller et venir sur cette dernière, le masturbant lentement. Il connaissait vraiment dans le moindre détails les réactions de son amour, et cette façon de l'entendre crier n'était annonciateur que d'une seule et unique chose... Il allait bientôt jouir. Alors Byô s'attelait à amplifier son désir, sentant parfaitement l'antre chaude de ce dernier se resserrer encore plus autour de son membre en activité. C'était parfait, de lui faire l'amour. Tout aussi parfait que de l'enlacer juste après, restant quelques minutes encore en lui et que de l'embrasser de mille baiser, puis de demeurer dans un même lit... durant des heures... parler... Ce qu'ils ne feraient pas maintenant. Lit il n'y avait pas, et appartement non plus, à bien y réfléchir. Ce n'était qu'un acte amoureux fait dans des conditions précaires...

 

Byô attendait que son amant vienne enfin... et quand le début d'un râle de jouissance se fit entendre, il le suivit derechef, n'en pouvant plus non plus. Sa voix rauque se mêla à celle plus féminine de Kazuki, et il se libéra en lui alors que l'autre le faisait entre ses doigts. Le corps de Byô était électrisé de partout... Les vagues de chaleur déferlaient encore alors que la jouissance était passé. Il se posa délicatement sur le corps de son amant, restant cependant toujours présent en lui. Sa tête était posée contre son épaule, et il tentait tant bien que mal de calmer son souffle effréné. Ses mains ne bougeaient pas, ballantes le long de leur corps... Aucune caresses, aucune autres marque d'attention. La cassure entre l'avant et l'après devait être clairement visible pour Kazuki, c'était volontaire de la part du vampire. Peut-être bien... que bientôt... un jour... ils pourraient refaire ces gestes tendres et amant... mais ce n'était pas le moment. Kazuki devait comprendre que rien n'était aussi facile. Cependant, Byô ne pût retenir quelques mots... répondant ainsi à la question précédente de Kazuki.

 

«Je porte sur mes épaules, tout l'amour du monde... juste envers toi.»

 

L'aimerait-il toujours ? La réponse était évidente, pour Byô.

 

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Lorsque Kazuki eut joui, l'adrénaline resta présente dans son corps et il s'en reput comme on se repaît d'une drogue. Il n'y avait que Byô qui le connaissait si bien, connaissait si bien ses points faibles et ses points sensibles, et il n'y avait qu'avec lui qu'il pouvait ressentir tout ce plaisir. Ces délicats fourmillements qui ne cessaient pas encore de parcourir son corps luisant de sueur. Son abdomen se soulevait au rythme de ses halètements, et la sensation du corps de Byô sur le sien était perturbante mais bien plus qu'agréable. Nécessaire. Indispensable.

Seulement, quelque chose n'allait pas.

Il se souvenait d'eux, dans leur lit, tous les deux. Après l'amour, ils fumaient une cigarette et restaient enlacés, longuement. Mais là, point de cigarette, point d'étreinte, point de mot d'amour ou presque, point de caresse délicate. Non. Byô ne le touchait pas. Ses bras étaient le long de son corps, comme s'il avait peur de nouer le contact. Ou comme si Kazuki n'était qu'un plan cul parmi tant d'autres. Les yeux de Kazuki se remplirent à nouveau de larmes.

Il parvint à les garder prisonnières sous ses paupières, mais la vague de sentiments que Byô avait insufflée en lui revint, plus forte que jamais. Son souffle s'apaisa, mais pas son coeur, qui était à nouveau tiraillé dans tous les sens possibles et imaginables. Et il comprit. Il n'avait pas gagné la guerre, à peine une minuscule bataille, quelques instants d'armistice. Comme il l'avait pensé au début, Byô allait partir. Se rhabiller et partir. Ou lui dire de dégager. Or, Kazuki n'était même pas sûr d'arriver à mettre un pied devant l'autre une fois qu'il serait sorti de cette cabane. Il savait qu'il s'effondrerait en larmes. Elles pointaient déjà, tentaient de s'échapper de ses yeux, avec une force qu'il n'aurait pas soupçonnée. Une petite phrase, une seule, d'une chanson qui leur tenait tous les deux à coeur, lui vint en tête et il murmura, désespérément :

 

- Wherever you are, I'm always by your side...

 

Ces quelques mots signifiaient qu'ils se reverraient. Qu'il ne lâchait pas l'affaire. Mais surtout, que Byô n'était pas seul. Jamais. Quoi qu'il arrive, s'il avait besoin de voir Kazuki, celui-ci accourrait en courant, plus vite que le vent.

Dans sa tête, tout s’embrouilla, et il ne put s’empêcher de lever la main pour remettre en place une mèche de cheveux de Byô, qui s’était collée le long de son visage, à cause de la transpiration. Il se doutait que ce simple contact, déjà, révulserait le plus âgé. Mais il ne pouvait pas se retenir. C’était trop beau, trop doux, trop chaud. Il avait eu une chance, il avait pu revoir Byô, comme avant. Il avait pu toucher son corps, baiser ses lèvres, le sentir en lui, et c’était inespéré. C’était même bien plus que cela. C’était un souvenir qui resterait pour toujours gravé en lui, dans sa chair et ses veines, dans son sang, dans chacun de ses nerfs. Le beau souvenir de son peut-être dernier contact avec Byô. Rien qu’à cette pensée, il ne put retenir une larme qui roula sur sa joue. Il se cacha alors le visage en posant le dos de sa main contre ses paupières closes, si bien que seules ses lèvres, rougies par les baisers, étaient encore visibles. Il ne voulait pas que Byô se sente mal de le voir comme cela. Ils s’aimaient, ils se retrouveraient, c’était aussi nécessaire que de respirer pour Kazuki. D’ailleurs, une fois sorti de la cabane, il reprendrait immédiatement sa chasse et retrouverait Byô, encore une fois. Et autant de fois qu’il le faudrait, jusqu’à ce qu’ils puissent rester ensemble. Ils se connaissaient trop bien, Byô savait que sous son calme apparent, Kazuki était tenace. Aussi tenace qu’un bouledogue qui a trouvé un os. Il l’attendrait. Il l’attendrait toute sa vie, s’il le fallait.

 

- N’oublie jamais que je t’aime, Byô… chuchota Kazuki d’une voix brisée par les larmes et les cris de jouissance. Ne m’oublie jamais, même si tu viens à disparaître, à t’enfuir loin de moi, ce que je comprendrais… ne m’oublie jamais. Je t’aimerai toute ma vie, et même longtemps après. Tant qu’il me restera une once de conscience, je t’aimerai, et même dans la folie je t’aimerai encore. Je t’aime.

 

Et, la main toujours sur le visage, il attendit le signe de Byô, pour partir. Pas qu’il en ait envie, non, en aucun cas, mais il savait qu’il n’avait pas le choix. Il devait se contenter d’obéir, jusqu’à la prochaine occasion de voir Byô. Jusqu’au prochain coup du destin. Car ils ne pouvaient échapper à leur destin. Et du point de vue de Kazuki, leur destin, c’était d’être ensemble.

 

Pour toujours.

 

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Byô ferma ses yeux, alors qu'il sentait parfaitement chacun des muscles de Kazuki se tendre sous lui, comprenant qu'il était soudainement prit d'une envie de pleurer. Malgré tout ce qu'il pouvait dire, il n'aimait pas plus aujourd'hui qu'avant, voir des larmes abimer le visage si doux de son amant. Il aurait aimer les essuyer... les baisers, les effacer complètement de cette si belle peau, mais il ne le pouvait. Il ne pouvait au contraire que les générer, et les laisser violer ces joues parfaitement rebondies qu'il avait de cela quelques secondes cajoler encore et encore. L'acte amoureux était désormais passé, la jouissance totalement retombée – il s'était d'ailleurs retiré – et ne restait que des souffles un peut trop rapide, et la souffrance rapporter à l'avenir... Une vois aussi, celle de Kazuki... Qui reprenait de ses droits pour murmurer doucement, quelques mots d'amour non contenu. Des «Je t'aime» à en perdre la raison. Des «Je t'aime» si beau et salvateur. Des «Je t'aime» si sincère et innocent, pur.

 

Puis plus rien.

 

Le silence oppressant aboutissant sur une futur absence ; celle de Byô. Un silence intense qui plongeait la pièce dans une ambiance des plus lourde. La nuit même, était moins sombre que leurs pensées. Byô devait s'en aller. Byô allait s'en aller. Byô se levait déjà pour enfiler lentement ses vêtements, ne daignant pas une seule seconde accorder un regard à son précédent amant. Un Byô indifférent, qui se pressait pour partir... mais dont les motivations étaient en réalité cachées. Il désirait juste s'enfuir, car le soleil n'était pas loin... et que restait ici le tuerait... Mais aussi et surtout... parce que s'il posait encore une fois les yeux sur son amour, il le supplierait de le suivre jusqu'à chez lui, pour passer encore quelques belles et tendres heures ensembles. Mais s'était impossible, irréalisable. Alors Byô finit de lasser ses chaussures et s'étira tout en soupirant, jouant au vampire lasse. Il se dirigea ensuite vers la porte, fébrile de l'intérieur. Laisser Kazuki ainsi, lui tordait le coeur plus que de raison. Il l'aimait à en mourir, l'avait posséder une fois encore... et était totalement sûr et certain qu'il lui céderait à toutes leur prochaines rencontre. C'était trop précieux, de le retrouver et de pouvoir profiter de sa présence, même si s'était pour se déchirer encore et encore, sans jamais pouvoir lui pardonner entièrement. Il l'aimait trop pour vivre une fois de plus sans lui... maintenant qu'il l'avait retrouver, au final, il comptait bien le garder. Mais d'abord, le faire souffrir. Tout ça était d'ailleurs bien paradoxale... mais le pousser à la souffrance n'était qu'un principe, ça n'aurait été que son coeur, il lui aurait déjà de nouveau sauter dans les bras pour lui faire l'amour une seconde fois.

 

Byô posa sa main sur la poignet et prit une voix des plus détacher avant d'annoncer :

 

«Pour répondre à ta demande, Kazuki.» Plus de mon ange, pour le moment. «Je t'aime. Tu m'as tué. J'ai perdu la raison. J'ai même perdu mon âme, durant quelques temps. Et je t'aime encore, n'est-ce-pas ? Mais ce n'est pas comme tu le croyais, l'amour, qui pourra nous faire rester à jamais ensemble. Tu constatera avec facilité, que même cela, ne me retient plus à tes côtés.»

 

Et Byô ouvrit la porte avec précipitation, la claquant derrière lui avant de courir... Loin... Aussi loin qu'il le pouvait.

 

Pour ne pas déjà retourner à ses côtés.

 

 

-FIN-

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