Chapitre 5 (Il y a la haine...)

Chapitre 5 : Bataille et conséquences

 

 

Ce fut une véritable boucherie. Les troupes de SOLDATS qui avaient attaqué par l’avant diminuèrent de moitié, et les Turks ne furent pas beaucoup plus chanceux. Lorsque tous se replièrent, il y avait une foule de blessés. Heureusement, au campement, un médecin chaman avait une grande tente qui servait d’infirmerie.

Tseng se laissa tomber sur un rocher plat, la tête entre les mains. Sa veste, qui avait été lacérée par un monstre, pendait largement sur ses épaules, et ses manches avaient été arrachées jusqu’en haut. Ses cheveux, d’habitude lisses et bien coiffés, étaient ébouriffés et poissés de sueur et de sang. Quant à son pantalon, il n’était pas en meilleur état : couvert de terre sèche et gelée, il lui collait à la peau, car son genou était blessé.

Zack, qui était très peu blessé, le rejoignit en faisant craquer ses phalanges, comme s’il était gêné.

 

-Tout va bien, Tseng ?

-Tu veux dire à part le fait que je me plantais sur toute la ligne, que la moitié de mes Turks sont blessés et que je ne suis pas sûr de sortir vivant de cette mission ? Oh, si tu omets ces quelques détails, tout va très bien…

-Pardon… Je ne voulais pas paraître ironique, ni faire de réflexion déplacée…

-C’est à moi de m’excuser, Zack. Je suis parfaitement à bout, et cette « mission suicide » n’arrange vraiment rien.

-Je venais te dire que Reno est sorti de l’infirmerie. Il a une attelle à la jambe droite et il boitille un peu, mais vraiment rien de grave. Toi par contre, ajouta le plus jeune en désignant le genou et la veste de Tseng, tu devrais peut-être y aller faire un tour, tu ne crois pas ?

-Juste des égratignures.

 

Tseng se leva, chancela sur sa jambe et retira d’une seule traite sa veste et sa chemise, les arrachant à moitié. Son dos était lacéré comme s’il avait été fouetté, et une profonde trace de morsure ornait son épaule gauche, saignant abondamment.

 

-Ah…

-Des égratignures, hein ? Railla Zack avec un petit sourire amusé.

-Bon, je vais y aller alors. Merci de m’avoir prévenu, Zack.

-De rien, Tseng. Et eh…

-Hm ?

 

Tseng se tourna et chercha le regard du jeune SOLDAT, qui le transperça brusquement de ses yeux couleur du ciel.

 

-Fais attention à toi. Et je ne parle pas des monstres.

-Merci du conseil.

 

Sur ces mots railleurs, Tseng entra dans la tente qui servait d’infirmerie. À l’intérieur, le grand Général Sephiroth couinait comme un gamin, soi-disant parce que les éclats de griffes que le médecin retirait de ses plaies le griffaient atrocement. Le Utaïen ne put retenir un sourire amusé et s’assit dans un coin de la tente, attendant sagement son tour.

Une sorte d’infirmière (qui était en fait un postulant soldat qui avait vaguement un brevet de secourisme), accourut pour désinfecter et bander toutes ses plaies.

Dès l’entrée de Tseng, Sephiroth avait cessé de se plaindre. Bien malgré lui, et sans dégoût aucun, ses yeux glissèrent sur le torse musclé du turk, et soudain une sorte de déclic se fit dans son cerveau. Il venait tout simplement de réaliser que ce jeune homme qui lui était toujours apparu comme un laideron était en fait très séduisant.

Surprenant le regard de Sephiroth, Tseng sentit son cœur faire un bond douloureux dans sa poitrine. L’infirmier dut le sentir aussi, car il tressaillit et suivit les yeux de son patient.

 

-Voulez-vous que je ferme le rideau ?

-Non, ça ira. J’ai juste été surpris. Excuse-moi.

 

Le jeune homme n’insista pas, ses joues se colorant d’une jolie teinte rosâtre prouvant qu’il ne croyait pas un mot de ce que disait le Turk.

 

-Pour la morsure de votre épaule, je vais devoir suturer. N’ayant aucun matériel d’anesthésie dans la tente, je vous demande de m’excuser d’avance, pour la douleur que vous pourriez ressentir.

-Ne t’inquiète pas. Question douleur, j’en connais un rayon, répondit Tseng en élevant volontairement la voix, ce qui eut pour effet de lui attirer un coup d’œil enragé de la part de Sephiroth.

-Êtes-vous blessé ailleurs ?

-Je pense que mon genou n’est pas dans un très bon état.

-Retirez votre pantalon, je vais regarder ça.

 

Tseng se leva en boitant légèrement et défit sans hésitation la boucle de sa ceinture. « Ça recommence… ». À nouveau, le regard de Sephiroth suivait ses gestes et détaillait son corps sans pudeur. Il détestait cela. Le souvenir de la soirée de la veille, dans la tente, lui revenait en pleine figure.

 

-Gaia toute-puissante… Jura l’Infirmier lorsqu’il vit le genou de Tseng. Là aussi, je vais devoir suturer.

-Aucun problème, j’ai tout mon temps.

-Ah oui ? Personne à te taper, ce soir ? Aboya Sephiroth, du fond de la tente.

 

Les yeux couleur de ténèbres de Tseng l’incendièrent. Comment osait-il ?

 

-Ça vous va bien de dire ça, mÔsieur le grand SOLDAT. Qui m’avait conseillé de vider ma queue, à défaut de vider mon cœur ?

 

Sephiroth jura comme un cor de garde et se leva, défiant Tseng de toute sa hauteur.

 

-Je ne parlais pas de te vider sur Reno !

-Eh ! Bien ! Tu n’as pas voulu que je me vide sur Zack alors…

 

Cette fois-ci, Angeal qui venait d’entrer dut intervenir pour retenir Sephiroth qui se ruait vers Tseng, toutes griffes dehors, prêt à lui refaire le portrait.

 

-Par tous les dieux, Angeal ! Lâche-moi ! Tu as entendu toi-même comment il a parlé de Zack ! N’est-ce pas ton protégé ?

-Allons parler dehors, Seph.

 

Bouillonnant de rage, Sephiroth suivit néanmoins son plus vieil ami à l’extérieur de la tente. Une fois dehors, ce fut Angeal qui explosa.

 

-Mais à quoi est-ce que tu joues, Sephiroth, bon sang de bois ? Tu te crois malin, à provoquer Tseng et à le faire souffrir de façon démesurée comme tu le fais ?

 

À l’intérieur, Tseng entendait toute la conversation. Il retint un sourire en s’apercevant que le Banoran prenait son parti. Il ne s’y serait pas attendu le moins du monde. Tout concentré qu’il était à suivre ce qui se disait, il ne remarqua même pas que l’Infirmier recousait son genou en silence.

 

-Monsieur ? L’interpella-t-il, les yeux baissés, tout à son ouvrage.

-Hm ?

-Souhaitez-vous que je passe de la pommade sur les ecchymoses de votre poignet ?

 

Un sursaut agita Tseng et il baissa les yeux vers son bras. Cinq marques de doigts violettes tirant vers le noir, surmontées de cinq marques d’ongles peu profondes, apparaissaient distinctement. Ses lèvres s’étirèrent en un petit sourire empreint d’ironie désespérée.

 

-Faites ce qui vous semblera nécessaire.

-Très bien. J’en ai terminé avec votre genou, je m’occupe de votre épaule et je finirai avec votre poignet. L’urgence d’abord.

-Parfait, merci beaucoup.

 

Le Turk aux cheveux noirs tendit l’oreille, cherchant à capter la conversation de Sephiroth et Angeal, qui avaient baissé la voix.

 

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