Chapitre 4 (Il y a la haine...)

Chapitre 4 : Eveil et invocations.

 

 

Lorsque Tseng se réveilla, il aurait pu croire que tout ce qui s’était passé la veille n’était qu’un rêve : Il se trouvait dans sa tente, confortablement enroulé dans son duvet, la tête reposant contre l’épaule brûlante de Zack. Les seuls éléments qui ne concordaient pas étaient la fine pellicule de sueur qui le recouvrait et l’aspect humide de son boxer, remis à la va-vite. Il esquissa un sourire, pas apaisé le moins du monde mais au moins assez reposé pour que ses nerfs ne soient plus à vif comme ils l’étaient habituellement. « Merci, Reno… » Pensa-t-il, son sourire s’agrandissant au souvenir de toutes les choses audacieuses que son jeune Turk lui avait faites.

Il se releva légèrement et son regard se porta sur Zack qui dormait encore. Comment Sephiroth avait-il pu penser une seule seconde qu’il lui ferait quoi que ce soit ? Aux yeux du Turk aux cheveux couleur de suie, le jeune SOLDAT était un petit frère, ou un fils un peu grand, en tout cas pas l’objet d’un quelconque désir. Mais cela, Sephiroth ne le savait pas.

Il se leva de toute sa hauteur, changea rapidement de sous-vêtement, s’habilla de son habituel costume cravate et sortit de la tente. Le soleil brillait déjà très haut dans le ciel, il devait être près de midi.

Tseng lissa le nœud de sa cravate et rejoignit ses Turks qui attendaient ses ordres, paresseusement affalés sur des roches plates.

 

-Debout, là-dedans. En position.

 

Les Turks se rangèrent, le pistolet dans son étui, l’électromag à la main, et tous saluèrent d’un signe de tête. Tseng sourit. Ils n’avaient jamais fait preuve d’autant de discipline. Mais c’était très bien, car ainsi Sephiroth n’aurait rien à redire.

Tseng eut un coup au cœur.

Et si… S’ils le faisaient exprès ? S’ils montraient explicitement et physiquement qu’ils étaient du côté de leur Boss préféré ?

 

-C’est bon, repos, les gars. On dirait des membres du SOLDAT.

 

Ils soupirèrent de soulagement et échangèrent des murmures amusés.

 

-Bon, aujourd’hui on va à la rencontre des prétendus « monstres » de niveau 8. Bien entendu, vous entendez à mon ton que je pense que tout ceci n’est que foutaise. Je pense que vous serez rentrés au bâtiment Shin-Ra ce soir pour le dîner, mais le Général (Tseng fit bien entendre la majuscule qui donnait un côté sarcastique), lui, croit qu’on va tous mourir… Je n’ai qu’une seule chose à dire : nous verrons ce soir qui avait raison !

 

Ses Turks l’acclamèrent et il esquissa un sourire satisfait. Ils le suivaient sans rechigner, sans protester, sans rien dire de désagréable. Même Reno se tenait à carreau. Ils voulaient vraiment faire bonne impression, visiblement.

Passant près des rangs des Turks, Sephiroth écarquilla les yeux en voyant qu’ils étaient bien alignés et qu’ils semblaient attentifs, malgré leur position généralement détachée. Comment un groupe si hétéroclite et composé de tant d’énergumènes pouvait si bien obéir à un Utaïen débile et dépressif ? Cela, c’était un mystère…

 

Peu après, les troupes mêlées mais ordonnées des SOLDATS et des Turks se mirent en marche en direction de la vallée où se terraient les monstres. Tseng posa la main sur la crosse de son pistolet et ses pas se firent prudents lorsqu’il entendit des halètements et des grattements, comme si d’énormes bêtes faisaient les cent pas sur le sol glacé.

Angeal et lui partirent en éclaireurs, et se tapirent derrière des buissons. Ce qu’ils virent leur glaça le sang.

Des invocations. Il y avait là une cinquantaine de monstres invoqués, chimères à mi-chemin entre des rhinocéros et des tigres monstrueux. Leur corps ne semblait recouvert par aucune peau, aucune chair, les muscles épais et tendus étaient à nu et les os bleutés luisaient au soleil.

Ils n’étaient pas naturellement arrivés ici. Quelqu’un les avait invoqués, dans le but de semer la zizanie à Nibelheim. Mais pourquoi ?

Tseng passa la main dans ses cheveux et lissa le col de sa chemise. Invocations ou pas, ces saletés avaient tué des humains, et ils devaient être éliminés.

Après un regard entendu échangé avec Angeal, le Utaïen fit signe à ses Turks qui contournèrent le troupeau afin de le prendre par surprise par l’arrière. Les SOLDATS, quant à eux, attaqueraient de front, car plus nombreux et plus lourdement armés. Le plan n’avait aucune faille…

… Si ?

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site