Chapitre 3 (Il y a la haine...)

Chapitre 3 : Reno.

 

 

Encore le tutoiement d'urgence. Tseng esquissa un sourire.

-Vous voulez dire « Ne le viole pas », je suppose ?

-Ne me prends pas pour un con. Il n'y a que nous deux ici. Vu que tu ne daignes pas te vider sur Elena…

-Tu crois que je vais faire ça avec Zack ?

Tseng sourit de plus belle, un ricanement rauque lui arriva au bord des lèvres et il ne le retint que de justesse.

-C'est une blague ?

-J'ai l'air de rigoler ?

Et non, en effet, Sephiroth n'avait pas franchement l'air de rigoler.

-Je ne suis pas zoophile, GENERAL.

-Non, c'est vrai. (Un sourire mesquin étira les lèvres parfaites et enflamma les yeux mako) Tu n'aimes que moi, pas vrai ?

Sephiroth s'approcha à quatre pattes, et Tseng tenta de reculer mais derrière lui il n'y avait que la toile de tente. Sa seule échappatoire était de l'ouvrir en vitesse mais à peine eut-il esquissé le geste que Sephiroth saisit son poignet et le serra de toutes ses forces.

-Lâche-moi ! Salaud ! Ne rend pas la douleur insupportable.

-Elle l'est déjà, n'est-ce pas ?

-Ouais…

Les yeux d'obsidienne du Turk rencontrèrent les diamants plantés dans le visage admirable du SOLDAT. Celui-ci souriait, visiblement très amusé.

-Dis-moi combien tu souffres…

La main qui ne tenait pas le poignet de Tseng effleura son torse, au niveau du cœur. Un frisson d'horreur et de plaisir parcourut son corps.

-Beaucoup trop…

-Sur une échelle de 1 à 10 ?

-92, répondit Tseng sans hésitation, aucune, un brin d'ironie dans la voix.

Le rire de Sephiroth les secoua tous les deux, ils semblaient enchaînés par le biais de la main qui enserrait toujours le poignet. Tseng tourna les yeux pour ne pas avoir à regarder le SOLDAT en face, ses pupilles se posèrent sur sa main : Sephiroth le serrait si fort que le bout de ses doigts était violet : Le sang ne circulait plus, et des fourmis commençaient à les parcourir.

-Tu me fais mal, enfoiré…

-J'ai remarqué. Tu n'aimes pas ? Je croyais que tu étais prêt à tout pour moi…

-Lâche-moi !

Tseng se débattit et réussit à le faire lâcher prise. Avant d'avoir le temps de réfléchir, il fut dehors. Il trébucha sur les bûches et les cendres de leur feu de camp et tomba à genoux dans la poudre grise et la terre glacée, les yeux brûlants de larmes.

-Boss !

La voix de Reno. Tseng voulut lui crier de se tirer, mais sa voix éraillée ne lui obéissait plus. Plus aucune partie de son corps ne lui obéissait.

Il sentit une main douce et brûlante sur son épaule.

-Re…No… Réussit-il à balbutier, à mi-voix.

Sa gorge le brûlait comme s'il avait hurlé à pleins poumons, pourtant il était sûr de n'avoir rien dit de plus que ces deux syllabes qui avaient eu tant de mal à sortir.

-Boss, venez dans ma tente.

-Rude… Il…

-Il a la sienne. Venez.

La main qui avait pressé son épaule saisit son bras et le tira vers l'avant.

-Personne ne le saura. Personne ne vous verra.

Un éclat de rire hystérique secoua Tseng. Comme s'il se souciait de l'opinion des autres, en cet instant.

Il chancela sur ses jambes, mais réussit à suivre Reno jusqu'à sa tente. Pied gauche, pied droit, et on recommence : Marcher. Inspirer, expirer, et recommencer : Respirer. Ses réflexes fonctionnaient toujours alors ? Quel était cet étau glacial qui emprisonnait son cœur, dans ce cas ?

Il atterrit sur quelque chose de doux qui sentait le parfum d'homme, sans bien savoir où il était. Un bruit de fermeture éclair qu'on refermait.

-Tseng…

Son nom dans sa bouche. D'habitude, c'était « Boss ». Alors pourquoi, soudain, ne voyait-il plus le Turk mais l'homme éprouvé ?

-Votre poignet !

Tseng ramena son poignet à hauteur de ses yeux. Il était tuméfié et portait la marque des doigts et des ongles de Sephiroth.

-Oh putain…

-Reno…

-Quel fils de pute…

-Reno…

-Si je me retenais pas…

-RENO !

Le doux regard bleu et enfantin se posa sur lui, assombri par l'inquiétude.

Les doigts fins de Tseng se refermèrent sur ceux de Reno, et il le tira vers lui jusqu'à ce que son autre main attrape ses cheveux roux.

-Ahh…

-Reno, viens à moi…

Il avait retrouvé sa voix, entre temps, visiblement.

Reno s'allongea entre ses jambes, embrassant ses joues, ses tempes, ses épaules. Tseng frissonna et raffermit son emprise sur les cheveux si doux qui semblaient couler entre ses doigts.

-J'en peux… Plus… Reno…

-Je sais. Je sais, murmura celui-ci contre la peau de son supérieur.

-… Peux… Plus…

-Sshhht…

Nouveau bruit de fermeture éclair, mais pas celle de la tente. Tseng comprit instinctivement que c'était de sa braguette dont il s'agissait.

-Reno…

Reno aspira son propre nom entre les lèvres de Tseng dans un baiser profond et passionné, plein de désir contenu. Mais il ne fallait pas contenir ce désir-là. Il fallait qu'il explose, qu'il enflamme tout sur son passage.

Le pantalon de Tseng glissa. D'un coup de jambes, il s'en débarrassa. Son boxer noir était tendu par son sexe dressé, symbole de son désir mais surtout de ses nerfs qui lâchaient. Jamais, jusqu'alors, il n'avait considéré la possibilité d'une relation avec Reno. Jamais, jusqu'à la venue de Sephiroth dans son bureau, la veille. Jamais il n'avait réfléchi dans ce sens. La peau de Reno était pourtant si douce, si chaude…

-Reno… Gémit-il.

Les doigts agiles du jeune Turk se refermèrent sur la virilité dressée du Utaïen, l'effleurant à travers le tissu. Tseng grogna : ne pouvait-il pas le retirer, ce foutu boxer, et en finir une bonne fois pour toutes ?

-Épargne-moi ces préliminaires…

-Je ne veux pas que vous… Que tu… Ah, putain, c'est si compliqué…

Se relevant sur un coude, Tseng balaya les hésitations de Reno en retirant son propre boxer d'un geste rageur.

-Oh… Vous êtes si…

-Répugnant ? Dégueulasse ? Monstrueux ?

-… Beau. Vous êtes si beau… Tseng…

Le Turk aux cheveux de jais partit d'un rire rauque et las. Les lèvres de Reno descendirent le long de son torse, effleurant à peine la peau, pour venir entourer son sexe dressé.

-Reno, pitié…

-Juste une minute…

-Qu'est ce que tu cherches, bordel ?

-Je cherche à vous faire jouir, Boss…

Tseng se rallongea normalement, un sourire désespéré au bout des lèvres, cachant ses yeux sombres d'une main. La langue de Reno descendit lentement, glissa sur son membre jusqu'à effleurer ses testicules, et enfin ses fesses.

-Reno… Ahhh…

Enfin. Reno esquissa un sourire satisfait et releva les yeux vers Tseng qui frissonnait, les yeux toujours cachés derrière sa main, l'autre étant restée crispée dans les cheveux roux qui se trouvaient maintenant un peu plus bas.

-Maintenant ça peut réellement commencer…

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