Chapitre 1 (Il y a la haine...)

Chapitre 1 : Anti-Fantasme !

 

-Tseng !

Le Turk se retourna et esquissa un sourire et un embryon de salut. Pour que le général Sephiroth vienne en personne le chercher, la situation devait être critique.

-Général ?

-Vos Turks et vous devez nous accompagner. Nous partons pour une mission quasi-suicide, aux alentours de Nibelheim. Une bande de monstres y sème la zizanie, et nous ne pouvons les arrêter seuls.

Cet aveu à lui seul lui coûtait énormément, Tseng pouvait le lire dans ses yeux bleus qui le fixaient, agressifs et froids. Le chef des Turks sourit de plus belle et croisa les bras. « Supplie-moi », disaient ses yeux d'ébène. Il savait que Sephiroth ne se serait jamais abaissé à une telle chose, mais l'imaginer à genoux avait quelque chose de jouissif.

-Quasi-suicide ? Pour une bande de monstres ?

-L'alerte était de niveau 8 sur 10.

-Rien que les SOLDATS ne peuvent encaisser seuls.

-C'est un ordre, Tseng. Pas une proposition. Rassemblez vos Turks, nous partons demain.

Sephiroth tourna le dos dans un ample mouvement de son manteau noir et partit, les épaules frémissantes d'indignation. Comment ? Cet imbécile de Utaïen osait contester ses ordres ?

De son côté, Tseng sentait son cœur prêt à jaillir de sa poitrine pour aller rebondir sur les murs en traçant le nom de Sephiroth dans le sang. Il se prit la tête entre les mains et tomba à genoux dans un choc sourd. Bon dieu, que ça faisait mal.

Le bruit surprit Sephiroth, qui se tourna vivement. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il aperçut Tseng, dans cette position de faiblesse, vulnérable et atrocement… Torturé ?

-Tseng ? (Il n'osait pas s'approcher, tandis que le Turk tentait de se relever, lentement, trébuchant comme un enfant) Tu… Vous… Ça ne va pas ?

-Oh, la ferme. Pitié, ferme-la. Je vais rassembler mes putains de Turks, on sera prêts à partir pour demain matin à l'aube. Casse-toi maintenant.

Une main posée sur sa poitrine, au niveau de son cœur, il finit par se relever et incendier Sephiroth de ses yeux couleur de ténèbres.

-Va-t-en ! Déteste-moi jusqu'au bout, couard ! Tu es lâche ! Ma faiblesse te touche ? Endurcis-toi !

-Je voulais juste t'aider. Ne vois en cela aucune preuve d'un quelconque sentiment positif envers toi.

Ils étaient passés au tutoiement d'urgence. Tseng ricana.

-Alors file, au lieu de me regarder agoniser. Tu sais très bien que c'est ta faute, en plus.

Les yeux de Sephiroth se firent de glace. Il jeta un coup d'œil suspicieux autour de lui, comme pour vérifier que personne ne les espionnait, puis s'approcha de Tseng qui n'avait pas bougé, le souffle court, les yeux brillants.

-Je croyais que tu en avais fini avec cette amourette ridicule.

-Tu plaisantes, j'espère ? (Le ricanement rauque de Tseng s'intensifia) La plaie n'a jamais été aussi vive et purulente.

-Eh bien, tu n'as qu'à tripoter Elena, ça videra au moins ta queue, à défaut de purger ton cœur. Tu sais qu'elle en rêve.

-SORS ! Hurla Tseng. SORS IMMEDIATEMENT !

Sephiroth retint un sourire mauvais et s'exécuta, claquant la porte derrière lui. Tseng se laissa tomber dans son fauteuil, bras croisés sur son bureau. Il se sentait comme un moucheron pris dans une gigantesque toile d'araignée. Il allait finir par en mourir, à force de s'engluer. C'était l'étouffement qui aurait raison de lui. Et les grosses mandibules arachnéennes pourraient le broyer en toute tranquillité. « Que ça s'arrête… »

Il s'alluma une cigarette et tourna son siège vers la fenêtre. En bas du bâtiment Shin-Ra, Zack Fair, un 1ère classe, papillonnait joyeusement avec Cloud Strife, l'un des postulants. Deux gamins insouciants. Tseng esquissa un sourire glacial. S'ils savaient ce qui les attendait, dans l'avenir, joueraient-ils de la sorte ?

Des coups discrets se firent entendre à la porte.

-Entrez, aboya Tseng sans même tourner son fauteuil, restant dos à la porte.

-B… Boss ? On a vu le général s'en aller, et il était aussi rouge que les cheveux de Reno, bégaya une petite voix fluette et haut perchée.

Elena. Sans doute suivie par Reno et Rude, à en juger par les raclements de gorge qui accompagnèrent sa remarque.

-Reno, Rude : rassemblez les Turks pour moi. Nous partons demain à l'aube, en mission avec les SOLDATS.

-Et moi, Boss ? Je fais quoi ?

-Toi, Elena, va donc faire un tour.

-Mais…

-Va voir ailleurs si j'y suis, Elena ! Occupe-toi de ce que tu veux, va t'entraîner en salle de simulation, mais je n'ai pas besoin de trois Turks pour rassembler les autres.

Tseng n'avait pas besoin de se tourner pour savoir que la blondinette était désolée de ne pouvoir être utile, et qu'elle s'apprêtait à sortir, les épaules basses.

-Attends, une seconde.

Une gentille petite chienne qui redresse les oreilles et remue la queue en se tournant vers son maître. C'était ce que voyait Tseng, en cet instant, à la place d'Elena. Reno et Rude sortirent, fermèrent la porte. Le chef des Turks posa les coudes sur son bureau et croisa ses longs doigts.

-Ce n'est pas contre toi. Reno et Rude font équipe, il est normal qu'ils aillent ensemble rassembler les autres Turks. Alors évite de faire cette tête de petit chien malheureux.

Elena eut un coup au cœur. Comment avait-il su la tête qu'elle faisait, alors qu'il était de dos ? Etait-elle si prévisible ?

Elle se raidit, redressa les épaules et esquissa un sourire.

-Mais je ne le prends pas mal, Boss. Je comprends tout à fait.

-Alors va.

Elle sortit en remuant la queue. Tseng sourit à son tour. Rien à faire, il avait beau essayer, il n'éprouvait aucun plaisir à se défouler sur elle. C'était le visage de Sephiroth qui hantait ses nuits de cauchemars impossibles, et ses jours de rêves éveillés qui lui coupaient le souffle.

Il posa son front dans les paumes de ses mains, s'efforçant de chasser le beau SOLDAT de ses pensées. Impossible.

Les yeux de Tseng se fermèrent, il se surprit à imaginer. Imaginer la douce peau sensuellement moite qu'il saurait si bien apprivoiser de ses doigts agiles. Imaginer les lèvres sublimes qu'il saurait si bien embrasser, effleurer, mordiller, suçoter. Imaginer ce torse parfaitement musclé s'enflammant sous ses baisers ardents. Ce sexe dur et gonflé se dressant dans sa bouche. Toutes ces parties du corps de Sephiroth qu'il saurait si bien exciter.

Tseng soupira et jeta un coup d'œil désolé à son pantalon dont une partie significative avait soudainement enflé. C'était presque douloureux, tant c'était difficile, de contenir pareil désir. Son pantalon de smoking ne le savait que trop bien.

Bah, ça passerait bien. Il lui suffirait de penser à l'un de ses Turks.

Reno par exemple.

Perdu dans ses pensées, Tseng se mit à imaginer le jeune Turk à la place du séduisant SOLDAT. Un frémissement le parcourut. « Merde… » Ce n'était absolument pas l'effet escompté. C'était censé le faire REDESCENDRE, pas bander de plus belle.

Mais…

La peau de Reno était douce et chaude, il le savait. Physiquement, il était très bien fait, bien qu'un peu plus chétif que Sephiroth, il le savait aussi. Et puis il y avait ces yeux, bleus et innocents, que venaient agrémenter deux marques rouges en forme de virgule, près des tempes. Et ces longs cheveux roux dans lesquels on pouvait si bien emmêler ses doigts.

Un autre frémissement parcourut Tseng, et sa main descendit toute seule pour aller effleurer la bosse de son pantalon. C'était plus fort que lui, il n'y arrivait pas, il était trop à cran. Y avait-il seulement une seule personne qui ne le faisait pas bander, lorsqu'il était à ce point sur les nerfs ?

Oui, il y en avait une.

Elena.

Imaginant le visage de la Turk à la place de celui de Reno, Tseng frissonna, de dégoût cette fois-ci. Il ne mit pas longtemps à obtenir le résultat désiré, ce qui le ravit au plus haut point : il avait enfin trouvé son anti-fantasme.

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