Chapitre 6

Suite aux réclamations de mon sur-maître, et à l'ignoble chantage qu'elle me fait, suis bien obligée hein x) Enjoy !

 

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Roxas ramena ses jambes contre lui et posa son menton sur ses genoux. La pensée qu’il allait être seul avec Axel toute la soirée le rendait franchement maussade, une fois la joie du travail bien fait passée. Cependant il préférait le cacher à moitié, histoire de ne pas froisser son meilleur ami. Après tout, c’était pour lui qu’il faisait cela, et il était sûr que Sora en aurait fait de même à sa place.

Donc il allait devoir se coltiner le rouquin toute une soirée. À cette pensée, il ne pu s’empêcher de soupirer bruyamment. Après tout, ils se détestaient. Il supposait que de son côté, Axel devait penser exactement la même chose.

 

En effet, de son côté, Axel réfléchissait également à la soirée qu’il allait devoir passer avec Roxas. Mais il y pensait en des termes légèrement plus neutres. Il se disait seulement qu’il allait passer toute une soirée avec un garçon qui le détestait. Et que cela risquait d’être tendu. Malgré tout, il avait hâte de le voir et appréhendait à la fois, car il sentait que Roxas se cachait derrière un masque, et qu’il se demandait jusqu’où il faudrait le pousser pour qu’il le tombe. Cela promettait d’être intéressant.

Axel esquissa un sourire satisfait et referma son téléphone. Oui, très intéressant.

 

-Qu’est ce qui te fait sourire comme ça ? Demanda Riku sans même lever les yeux de son roman.

 

Axel inclina la tête et lut l’auteur sur la couverture du livre.

 

-De Sade ? Tu emmènes des bouquins du maître du sadisme en classe peinture ? Tu veux t’en inspirer ou quoi ?

-Tu n’as pas répondu à ma question. Qu’est ce que Sora t’a envoyé ?

 

Le rouquin dut se retenir au bord de son lit pour ne pas tomber. Comment Riku avait-il deviné qu’il avait reçu un message, et de Sora en plus ?

 

-Comment … ?

-Ton téléphone fait un boucan de tous les diables quand il vibre, expliqua posément Riku, un léger sourire au coin des lèvres. J’ai regardé, une petite enveloppe était apparue sur l’écran externe de ton portable, et dessus il était écrit « Sora ». J’ai donc supposé que Sora t’avait envoyé un texto. Maintenant, qu’est ce qu’il t’a dit ?

 

Axel regarda l’écran externe de son téléphone avec un petit sourire amusé puis se décida à répondre à Riku.

 

-Il a dit qu’il n’arrivait pas à te joindre, que c’était pour cela qu’il m’envoyait le message à moi. Il a dit « rendez-vous devant l’horloge à 19h ». Cela nous concerne tous les deux, étant donné qu’il y sera avec Roxas.

-Parfait.

 

Riku referma son livre après y avoir glissé un marque-page, puis se leva de son lit.

 

-On a une vingtaine de minutes avant de partir, vu qu’il y a toujours le risque qu’on se perde dans la ville.

-Au pire on passera par les égouts, sourit Axel en s’allongeant, les mains derrière la tête.

 

Riku secoua la tête, riant à moitié, puis disparut dans le couloir. Le rouquin, quant à lui, regardait le plafond, l’air fasciné. La soirée promettait d’être très intéressante. Il était sûr qu’il arriverait à faire sortir Roxas de ses gonds. Et à ce moment-là, il verrait enfin qui était le vrai Roxas.

Il avait hâte.

 

~

 

Riku regarda le panneau au-dessus de sa tête. Il indiquait « Gare » et pointait vers le haut de la rue. Normal, puisque c’était la rue de la Gare. Cependant ils avaient mis tant de temps à la trouver qu’elle leur apparaissait comme une sorte de messie.

 

-Axel, j’ai trouvé.

 

Le rouquin qui s’était affalé sur un muret pour fumer une cigarette s’approcha au pas de course.

 

-Sérieusement ?

-Ouais. C’est par là haut. On est cons quand même, on n’était pas loin.

 

L’argenté sourit tandis qu’Axel improvisait une petite danse de la joie qui lui fit tomber sa cigarette. Les deux amis rirent en chœur et montèrent la rue sans se presser, car de toute façon ils étaient partis en avance.

Une fois en haut, ils reconnurent les petites têtes blondes et brunes de Sora et Roxas. Sora était sur un skate-board, il s’amusait visiblement beaucoup, perché sur les roulettes arrières. Roxas, quant à lui, était assis sur les escaliers de la gare, une cigarette entre les lèvres. Il l’avait probablement piquée à Sora, car il ne fumait que très rarement et n’achetait donc jamais de paquets.

Lorsqu’il vit son petit ami arriver, le châtain sauta de la planche et courut vers lui comme un enfant court vers sa mère. Riku sourit. Sora avait les joues rosées par la brise et le souffle accéléré par le skate. Il était désirable, violable même. L’argenté n’imaginait même pas ce que ça serait, plus tard dans la soirée.

Prenant son petit ami dans ses bras, il embrassa sa tempe en lui soufflant qu’il lui avait manqué. Axel ne pu retenir un petit sourire mi-amusé, mi-attendri, devant cette scène.

Roxas n’avait pas bougé, il observait le rouquin d’un œil distrait, à travers son nuage de fumée blanche. L’idée de passer la soirée avec lui ne le réjouissait toujours pas, mais elle lui semblait moins horrible qu’une heure auparavant. Après tout, ça ne serait l’histoire que d’une heure, deux heures maximum. Ça n’était tout de même pas la mort.

Sora et Riku revinrent vers leurs amis, leur faisant comprendre d’un petit signe de tête qu’ils allaient y aller. Roxas fit le signe de la victoire à l’intention de Sora, puis écrasa sa cigarette, regardant son ami s’en aller.

 

-Bon, qu’est ce qu’on fait maintenant ?

 

Le blond se tourna vers Axel, qui venait de parler. Celui-ci était entrain de s’allumer une cigarette et ne le regardait donc pas, peut-être pour ne pas le gêner.

 

-J’aimerais bien monter en haut de l’horloge, répondit Roxas en haussant les épaules. Tu n’es pas obligé de venir, on peut se retrouver ici.

-Non, je viens. Sinon tu risques de tomber.

 

Cette fois-ci, il le regardait, un petite sourire cynique sur les lèvres. Roxas eut soudain très envie de lui foutre sa main dans la figure, rien que pour effacer ce sourire débile, et il dut faire un effort surhumain pour se retenir.

 

-Alors allons-y, répondit-il sans perdre son sang-froid.

 

Il passa devant. Derrière lui, Axel retint un juron. Il avait bien cru que cette fois Roxas s’énerverait et lui balancerait ses quatre vérités en travers de la face. Cependant, le blondinet tenait bien le choc. « Il ne tiendra pas longtemps » pensa Axel en soufflant une bouffée de fumée.

Ils grimpèrent les escaliers qui menaient à l’horloge, Roxas toujours en tête. Il essayait, sans succès, d’oublier la présence du rouquin derrière lui.

 

Lorsqu’ils arrivèrent au sommet, Roxas fit un petit « oh ! » étonné. C’était encore plus beau qu’il l’avait pensé. De là-haut, on voyait très bien le soleil qui se couchait à l’horizon, colorant le ciel d’orange et de rose. C’était si beau qu’il eut le souffle coupé.

Axel alla s’asseoir au bord du toit, mais pas trop tout de même, car il était prudent, et observa lui aussi le paysage.

 

-C’est ça qu’il faudrait dessiner.

 

Roxas le regarda sans rien dire. Le rouquin souriait posément, plongé dans la contemplation du coucher de soleil.

 

-M’enfin, de toute façon ça n’est pas ça qui te fera sortir de l’ombre, ajouta Axel en lançant son mégot dans le vide.

 

L’autre tilta.

 

-Je te demande pardon ?

-Allez, tu sais bien que tu vis dans l’ombre de Sora, qui paraît cent fois plus doué que toi, dans tous les domaines. Attention, je ne dis pas que c’est vrai. Je dis seulement que c’est l’impression que cela donne.

 

Roxas serra doucement les poings et s’adossa à l’horloge pour essayer de garder son calme. Le fait qu’il soit dans l’ombre de Sora était un sujet sensible qu’il ne fallait pas aborder avec lui, si l’on ne voulait pas en subir les conséquences. Remarquant que Roxas se taisait, Axel continua.

 

-C’est vrai quoi, ça doit être chiant d’être toujours « le meilleur ami de Sora ». Depuis combien de temps ça dure ?

-Ça ne te regarde en aucun cas. Boucle-la.

-Au moins dix ans, pas vrai ? Plus même ? Allez quoi, t’es trop une mauviette pour te faire remarquer, ou quoi ? T’es juste lâche et tu trouves que c’est un bon compromis ? D’un côté Sora a toute la célébrité, ce qui ne semble pas lui déplaire tant que ça, et de l’autre toi tu peux rester tranquillement derrière lui. C’est ça, Roxas ?

-Je t’ai dit de la boucler !

 

Axel regarda Roxas. Celui-ci frémissait de rage, ses poings étaient si serrés que ses phalanges étaient blanches et ses yeux étaient baissés vers le sol. Le rouquin esquissa un sourire satisfait.

 

-Oh, alors c’est là ton point faible. Ta lâcheté. Tu n’oses pas te mettre en avant parce que tu as la frousse, donc tu te caches derrière le roitelet du lycée qui s’occupe de sauver ta tête.

-Tu vas voir si j’ai la frousse !

 

Roxas sauta sur Axel et le saisit par le col, le faisant pencher par-dessus le rebord du toit. Celui-ci, l’instant de frayeur passé, sourit de plus belle.

 

-Voilà. C’est ça que je veux. Montre-moi le vrai Roxas. Celui qui enrage. Montre-moi la tempête qui gronde à l’intérieur de toi.

 

Le blondinet avait le souffle court et les yeux brillants. Il balança son poing dans la figure d’Axel puis détourna la tête, ne bougeant cependant pas d’un pouce.

Le coup accusé, Axel saisit les poignets de Roxas et les enserra dans ses longs doigts fins. L’autre voulut se débattre, mais le rouquin était plus grand et plus costaud.

 

-Roxas. Montre-moi, murmura-t-il, son visage n’étant qu’à une dizaine de centimètres de celui de Roxas.

 

Celui-ci s’arrêta d’un seul coup de bouger, s’apercevant soudain qu’il était à califourchon sur Axel et que, de l’extérieur, ils devaient plutôt ressembler à un jeune couple. Il rougit façon écrevisse.

 

-Lâche-moi.

-Pourquoi est-ce que tu me détestes ?

 

Là, ils y étaient. C’était là le cœur du problème. Roxas ne savait pas vraiment d’où lui venait cette aversion totale pour Axel.

 

-Parce que tu es un crétin arrogant, répondit-il simplement, les yeux toujours baissés.

-Je crois surtout que je te fais peur. Parce que moi j’assume pleinement mes actes, et que ça, ça t’effraie plus que tout. Tu sais très bien que je serais capable de te violer sur ce toit et d’ensuite aller le raconter à tout le lycée.

-T’irais en taules, et ça te ferait les pieds.

 

Axel rit doucement, et Roxas ne put s’empêcher de sourire au ridicule de la situation. Il se trouvait sur le toit d’une horloge géante, à moitié affalé sur un type qu’il était censé détester cordialement.

 

-J’avoue que je préfère quand tu souris, Rox.

-Ne m’appelle pas Rox.

-Je t’ai toujours appelé Rox dans ton dos. (Axel eut un léger sourire tendre) Moi je t’aime bien, tu sais.

 

Il lâcha l’un des poignets du plus jeune et glissa les doigts dans ses cheveux, éprouvant enfin le plaisir d’effleurer ces pics blonds qui ornaient la tête de Roxas. Il s’était toujours demandé quelle texture ses cheveux avaient.

 

-Tu ne mets pas de gel ?

-Non, je suis comme Sora : mes cheveux ne subissent pas la gravité.

 

Ils rirent. Roxas s’aperçut que parler avec Axel était une chose aisée et naturelle, une fois qu’on se laissait un peu approcher. Si le rouquin pouvait paraître rude d’abord, il se révélait finalement charmant et très drôle.

Axel fit glisser ses doigts le long de la nuque de Roxas, jusqu’à caresser sa joue brûlante. Son sourire avait quelque chose de rassurant, Roxas eut presque envie de se laisser aller.

 

-Comment suis-je censé me comporter avec toi, Axel ?

-Sois toi-même. C’est tout ce que je veux.

-Mais alors je ne vais plus pouvoir te détester.

-Ça t’effraie ?

 

Quelques secondes passèrent, Roxas décida d’être honnête.

 

-… Oui.

-Alors, va au-devant de ta peur.

-Comment je dois faire ?

 

Axel leva les sourcils bien haut, suggestif. Roxas fit semblant de ne pas comprendre, histoire d’obliger le rouquin à formuler tout haut sa demande.

 

-Embrasse-moi… Murmura celui-ci, les deux émeraudes qui lui servaient d’yeux plantées dans les saphirs de ceux de Roxas.

 

Celui-ci sentit son cœur faire une embardée. Il se pencha lentement, hésitant. Pour l’aider, et aussi parce qu’il n’en pouvait plus, Axel se releva légèrement et posa ses lèvres sur celles du blond.

 

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