Chapitre 11

C'est morose qu'Hayner s'extirpa de son lit, le lendemain matin, aux alentours de 7h30. N'ayant pas cours avant 9h, il s'était octroyé une petite demi-heure de sommeil supplémentaire pour contrebalancer les trois heures de larmes de la veille. Mais ça ne le rendait pas plus enjoué à l'idée de la journée qu'il allait passer à éviter Seifer et sa bande et à s'ennuyer en cours sans ses deux amis. D'autant plus que l'après-midi, il avait littérature, et deux heures à écouter le blablatage somnifère de Génésis sans pouvoir faire l'idiot avec Sora c'était pire que de la torture.

Il se doucha rapidement, ignorant avec brio les deux lits vides près du sien, s'habilla d'un ample pantalon kaki et d'un débardeur noir, enfila son sweat-shirt préféré (le bleu marine avec écrit « Bad Boy » dans le dos, celui que Seifer lui avait offert pour se faire pardonner ses douches dans les toilettes), et sortit de la chambre. Dès qu'il eut franchi le seuil, tous les regards se tournèrent vers lui et il entendit murmurer sur son passage. Les sourcils froncés, il sortit.

« Qu'est-ce qui leur arrive ? Ils ont un pet' au casque ce matin ? » Songea-t-il en déambulant dans la cour.

C'est lorsqu'il arriva près du gymnase et qu'il entendit Xemnas s'égosiller qu'il comprit vaguement de quoi il s'agissait. Seifer avait donc encore fait un tag.

Avec un soupir vaguement excédé, il rejoignit la foule qui contemplait le grand blond entrain de nettoyer ses dessins avec une éponge. C'est lorsque son regard se porta sur lesdits dessins qu'il saisit véritablement l'ampleur de la chose.

Sur le mur grisâtre du gymnase, en grosses lettres multicolores, était taguée la chose suivante :

« Hayner, je t'aime, pardonne-moi d'être un gros con. »

Et c'était signé Say4, la signature qu'utilisait Seifer pour ses tags.

Le rouge monta aux joues de Hayner et il esquissa un sourire.

En trois enjambées, il rejoignit celui qu'il aimait et lui sauta dans les bras, devant tout le lycée, le principal et le professeur d'E.P.S qui regardèrent la scène avec un mélange d'indignation (pour Xaldin, le coach), de tendresse (Xemnas) et d'amusement (les élèves).

-On ne se sépare pas, hein ? Demanda Seifer contre les lèvres de Hayner, buvant son souffle erratique comme le vin le plus rare.

-Jamais... Murmura le plus jeune. Jamais je n'y ai pensé, pas une seule seconde. Je t'aime, Seifer, je t'aime à en crever...

Et ils échangèrent un baiser passionné que personne, pas même le principal n'eut l'audace de venir troubler.

~

-C'est bon, tu peux ouvrir les yeux.

Roxas souleva une paupière, méfiant, puis la seconde lorsqu'il aperçut le spectacle magnifique qui se jouait sous ses yeux.

Sur le toit de l'horloge, qui donnait sur la ville éclairée de mille lumières, surmontée par le ciel toujours rosé du crépuscule, Axel avait disposé deux sacs de couchage, une multitude de bougies et un grand panier qui contenait visiblement de quoi faire un frugal repas.

-C'est totalement... Magique, Axel !

-Ouais, hein ? J'ai mis deux bonnes heures à tout préparer. J'espère que ça te plaira, le dîner, tout ça.

Ravi, Roxas s'assit sur l'un des duvets et ouvrit le panier.

-Qu'est-ce qu'on mange ?

-Il y a une salade de riz avec des tomates, mais pas d'avocat – je sais que tu détestes ça. Il y a aussi un cake au jambon et au fromage – bon j'avoue, Riku m'a aidé pour le cake. Et un gâteau au chocolat – là la recette est de Tifa. Ça te va ?

Le blond sourit, amusé par les confessions d'Axel, mais surtout par un élément qui avait attiré son attention lorsqu'il avait ouvert le panier d'osier.

-Je vois qu'il n'y a pas que du cake, au menu... Dit-il en sortant le préservatif, qui était caché contre la paroi du panier.

Axel se racla la gorge, gêné.

-C'est « au cas où », et c'est Riku qui l'a mis là. Je plaide non coupable.

-Je ne t'en veux pas. (Il se leva et alla voler un baiser au rouquin qui l'enlaça, ravi) Tout est parfait, Axel. Et... (Sa voix baissa, son petit ami dut tendre l'oreille pour l'entendre) j'ai envie de toi... À en crever...

-C'est toi qui vas me jeter, une fois que tu m'auras mis dans ton lit, Rox, sourit Axel, ravi de l'aveu.

-Jamais... Et ne m'appelle pas Rox...

-Je t'aime. On mange ?

Ils se sourirent. Les yeux d'Axel disaient « prenons notre temps », ceux de Roxas criaient « prends-moi ». Mais le plus jeune décida d'écouter celui qu'il aimait.

-Ouais ! J'ai hâte de goûter ce que t'as préparé.

Le rouquin se mordilla la lèvre inférieure, entendant un sous-entendu tendancieux dans une phrase qui n'en contenait pas. Il déballa le repas et le posa sur le sol, entre les deux duvets.

Quant à Roxas, il s'était allongé sur un coude, tourné vers Axel, involontairement désirable. Il avait remarqué avec plaisir que les duvets étaient épais et délicieusement chauds, et surtout qu'ils pouvaient s'accrocher l'un à l'autre pour n'en former qu'un seul. Son cœur accéléra. Était-ce le fameux soir ? Celui dont il était censé se souvenir toute sa vie ? Si c'était le cas, il pourrait s'en rappeler sans crainte, en tout cas. Tout était parfait. Les bougies, le repas, les duvets, l'horloge, la vue... C'était vraiment magique, comme irréel, et un brin onirique.

Le dîner terminé, ils accrochèrent les duvets ensemble et discutèrent de tout et de rien, se contentant de rester collés l'un à l'autre, partageant la chaleur de leurs corps.

Ce fut Axel, contre toute attente, qui fit le premier pas.

Sa main qui était posée sur son propre abdomen glissa lentement vers celui de son petit ami et il se tourna sur le côté, cherchant son regard. Les diamants rencontrèrent avec délectation les émeraudes.

-Alors, Axel ? Riku avait-il bien prévu le coup ?

-Rox, c'est toi qui vois. Moi j'en suis plus à ma première fois, mais celle-là est importante pour moi, parce que c'est toi. (Sa main glissa et alla se poser sur la joue de Roxas, légère comme une plume mais aussi brûlante qu'un incendie) Mais ça ne veut pas dire que je n'en ai pas envie.

Le genou de Roxas remonta, écartant, sans hésitation mais sans se presser, les cuisses d'Axel, jusqu'à atteindre un endroit particulièrement sensible qui s'éveilla sous la caresse, arrachant un hoquet surpris à son possesseur.

-Axel, je ne veux que toi. Et je te veux tout de suite. Je veux être à toi.

-Laisse-moi faire...

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